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Les salariés STUP

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Ecrit le 24 janvier 2007

Lu dans « Le monolecte »

 Les salariés STUP

« J’ai bénéficié d’un CDD à 20h/semaine dans un magasin. On me propose un CDI à 15 h/semaine. Faut-il accepter ? »

C’est le genre de question où le salarié est piégé à tous les coups.

– S’il accepte, il devient un STUP (salarié à temps ultra partiel), avec, souvent, des horaires bizarres, susceptibles de varier d’un jour à l’autre en fonction des besoins de l’entreprise. Donc pas moyen de trouver un autre travail à temps partiel. « Dis, petit Nicolas, comment on fait dans ce cas-là pour travailler plus ? ».
–  S’il refuse, il sera traité de fainéant, vivant aux crochets de la société.

–  S’il accepte, il sera payé royalement 537 € bruts, moins les cotisations sociales (car les baisses de cotisations, c’est pour les employeurs, pas pour les salariés), ce qui lui fera 422 € nets.
–  S’il refuse, il percevra le RMI après une période d’indemnisation de chômage. Soit un maximum de 400 €. On vit comment, avec ces sommes-là ?

 Au sifflet

Notre salarié choisit d’aller travailler (espérons qu’il n’a pas trop de frais de transport). Mais il souhaite travailler davantage. Il sera appelé quand il y aura du travail, des périodes d’affluence, des absences. Et en plus il fermera sa gueule et acceptera tout et n’importe quoi

Ben oui, c’est ça la magie du CDI à temps ultra partiel. Le salarié au sifflet. Triiit ! Au pied ! C’est ça la flexibilité !!! Alors, si en plus, le CDI à temps très partiel est aussi un CNE, vous imaginez la danse du slip pour l’employeur !

Ce système permet à l’employeur de faire supporter au salarié les variations d’activité. L’entreprise se décharge sur le salarié du risque des creux de production, et cerise sur le gâteau, en le maintenant à un salaire garanti au niveau des minima sociaux, la nécessité de parvenir à faire des heures sup’ en pagaille à n’importe quelles conditions pour le salarié au sifflet devient vitale.

Il saura donc se rendre très disponible, et être le plus arrangeant possible avec son chef, lequel a le pouvoir exorbitant de décider si son employé sera pauvre ou miséreux ce mois-ci !

Voir Le Monolecte

 

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