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Désabusés, découragés !

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Ecrit le 4 juin 2008

La Mée essaie, autant que possible, de donner une vue positive des choses, même en révélant des choses que d’aucuns souhaiteraient garder dans l’ombre.

Pour autant, il ne faut pas cacher la déception d’un certain nombre de nos concitoyens, qui s’exprime par des remarques désabusées. En voici un échantillon.

 La vie de Château

Après un petit peu de vie, d’espoir et de chaleur au moment des élections, la vie a repris son cours à Châteaubriant.

Le lundi, c’est gris, les quelques magasins du centre sont fermés, tu galères pour trouver ta baguette, les gens font la tronche (sauf les patrons), bah oui il faut retourner bosser et dans notre ville, il n’y a pas beaucoup de travail intéressant et en plus c’est mal payé. Trois fois par an, le lundi, on peut se rendre à l’hippodrome de monsieur le maire, observer des hommes choper un début d’érection, en espérant se faire du fric sur le dos d’un cheval.

Le mardi, jour de parution de la Mée, malheureusement il n’y a que des convaincus qui le lisent, les autres ne s’intéressent pas à la politique, ou votent à droite comme leurs parents sans jamais s’être posé de questions. C’est pareil pour l’école, ils envoient leurs enfants bien coiffés et bien habillés dans les écoles catholiques de la ville, même s’ils ne prient plus très souvent, mais quand même l’école privée, c’est plus sérieux et de toute façon maman n’aurait pas compris…

Le mercredi, jour de marché, il y a de moins en moins de marchands, la moyenne d’âge des promeneurs est de plus en plus élevée, heureusement que quelques jeunes ont la bonne idée de sécher leur cours pour apporter un peu de gaîté dans cette tristesse. Allez hop, 3 carottes, 2 salades, une belle casquette pour Lucien et une blouse pour Monique, on se dépêche de rentrer à la maison pour regarder Jean Pierre Pernault et son journal du néant.

Le jeudi soir, les bourgeois pourront dormir tranquilles, il n’y aura pas de soirées étudiantes, les jeunes Castelbriantais sont tous partis faire leurs études dans les grandes villes de la région et ils ne reviendront pas. De toute façon on n’en veut pas, les jeunes font trop de bruit, cela bousculerait nos habitudes et notre tranquillité.

Le vendredi, c’est le jour de sortie pour L’Eclaireur, on va tout savoir sur les vide- greniers, les lotos, les courses de vélo ou les concours des maisons fleuries où pour la septième année consécutive, c’est Irène qui remporte le premier prix. Au moins, le temps qu’elle a le nez dans ses fleurs, elle ne critique pas les jeunes qui descendent en ville au lieu d’aller en cours, ils font quoi les professeurs, de notre temps mon cher monsieur… Avec L’Eclaireur, on sait où traîner notre détresse et notre misère tous les week-ends.

Le samedi, tous à la Ville en Bois pour le match de foot des Voltigeurs et la défaite hebdomadaire du club préféré de 60,58 % des Castelbriantais. Conseil, achetez vos clopes avant 20 heures car sinon vous allez attendre demain, les bureaux de tabac sont tous fermés et il n’y a personne dans les rues pour vous offrir une cigarette.

Le dimanche, on sort les beaux souliers pour aller à la messe, les hommes mettent leur cravate et les femmes leurs robes à fleurs achetées il y a 10 ans pour le mariage de la cousine Maryvonne. Pour les hommes, ce matin, c’est le sport national, un petit tiercé avec un maximum de muscadet en un minimum de temps, en tapant sur cette jeunesse qui fume des joints le samedi soir. En fin d’après midi, un petit détour par « La mie câline » seul lieu de rencontre ouvert et fréquenté le dimanche. Puis, chacun rentre dans son foyer et pleure en silence car demain il faudra encore recommencer une nouvelle semaine…

 

Florent Chauveau

 


 Noir c’est noir

Après ce texte un peu triste, Florent Chauveau s’explique :

Je ne suis pas blasé mais j’aimerais que notre ville change un peu et c’est parce que j’aime vivre ici que je suis critique sinon je fais mes valises et je vais voir ailleurs. Il y a plein de gens sympas ici mais il y a aussi des personnes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et ça m’énerve un peu.

Je n’ai pas inventé grand chose, ce que je dis, je l’ai entendu et observé. Pour l’érection dans les tribunes sur les champs de courses, c’est pas loin de la vérité vu les cris qu’ils poussent, ces gens n’aiment pas les chevaux c’est l’appât du gain qui les excite. Pour le muscadet au PMU, je n’ai rien inventé c’est pas moi qui commande les verres, les clopes.

C’est vrai que ce texte n’est pas porteur d’espoir, il est même un peu violent et désespéré mais la vie n’est pas que rose. Je ne suis pas que pessimiste sinon je ne serai pas éduc mais j’essaye d’être lucide.

 

Florent

 


Ecrit le 4 juin 2008

 Chef, c’est cher !

Vu passer, le 15 mai 2008 sur Châteaubriant, l’offre d’emploi n° 885735A pour un chef d’équipe encadrant 3 à 5 soudeurs et réalisant des montages assemblage et soudure semi-automatique. Poste en CDI pour un ouvrier OHQ.

Salaire : 10 euros de l’heure. C’est pas cher payé. La métallurgie réclame des salariés à cor et à cris mais n’a pas compris qu’il faut les payer correctement..

Le salarié qui nous a envoyé cette offre est ...désabusé !


Ecrit le 4 juin 2008

 Dans Les chaussettes

Le moral des ménages au plus bas depuis 1987

Le moral des ménages français a encore chuté de trois points en mai, l’indicateur qui le mesure s’établissant à - 41 contre - 38 (révisé) en avril, à son niveau le plus bas depuis 1987 (selon l’INSEE).

Il s’agit de la onzième baisse consécutive de cet indicateur, qui existe sous cette forme depuis 1987. Dans cette enquête, les ménages se montrent particulièrement pessimistes sur l’évolution passée et à venir du niveau de vie en France.

TPE en berne

Il y a 5000 grosses entreprises en France (plus de 250 salariés), 80 000 entreprises de 20 à 249 salariés et 2 500 000 TPE (très petites entreprises, moins de 20 salariés). Ces TPE représentent 37 % de l’emploi en France. La société Fiducial réalise régulièrement un baromètre de leur moral. Dans celui d’avril 2008 le groupe Fiducial note : « Moral en berne, situation financière au plus bas et stress des patrons qui ont peur de devoir licencier en raison de la mauvaise conjoncture ».

« Par ailleurs ils ne sont plus que 35 % (contre 56 % en octobre) à penser que la loi sur les heures supplémentaires peut être efficace pour relancer l’économie française »

Il n’y a que 11% des patrons de TPE à penser que la baisse du chômage était due au dynamisme économique dans le privé contre 48% qui pensaient qu’elle venait des radiations de l’ANPE ou 30% des départs à la retraite ».

Source : http://www.fiducial.fr/KERNEL/siteP...

Et en juillet, c’est pas mieux


Ecrit le 11 juin 2008

 Vide-greniers = vide-détresse

A propos de l’article « Désabusés » de la semaine dernière (voir ci-dessus), un lecteur écrit :*

Les vide-greniers sont une source de revenus importante pour de nombreuses associations socio-culturelles, et une possibilité pour bien des familles pauvres de pouvoir manger jusqu’à la fin du mois. Quel plaisir de voir ces dernières au grand complet dans un bric-à-brac parfois récupéré à la déchetterie (la plus grande brocante de France !), vivre dimanche ensemble au grand air plutôt que collées à la télé ou en vadrouille dans un centre commercial, se faisant des envies impossibles ou se ruinant en achats à crédit !

Et une belle occasion de rencontres   populaires. Car ceux qui en font le savent : un vide-grenier fête d’abord ce qui est précieux en nos temps d’égoïsme : la rencontre, toutes classes sociales brassées.

Vendeurs professionnels, non-profes-sionnels se côtoient : les pros allant tôt le matin faire des affaires chez les amateurs (quelques goujats « éventrent les caisses », mais de moins en moins) qui en retour vont sur leurs stands pour se faire des idées de prix. Ça discute, ça échange des tuyaux, et les acheteurs, tout à leur passion, ne sont pas les derniers à faire circuler les idées.

C’est ainsi que votre serviteur a appris que ce qu’il prenait pour un entonnoir géant en verre était en fait un écrémoir, l’ancêtre de l’écrémeuse !

 

JD

 


Ecrit le 18 juin 2008

 Courrier des lecteurs : Edith Chapin

L’article «  Désabusé  »‘ de Florent Chauveau, le 4 juin, a rencontré plus d’échos que nous aurions pu le penser. Comme quoi il n’est pas le seul à être découragé.

Un écho concordant est arrivé … de la région parisienne. Edith CHAPIN écrit : «  La banlieue parisienne ou d’autres banlieues ne sont pas mieux loties que votre province, les gens y sont aussi tristes et désabusés. Le chômage et le manque d’argent s’y font sentir comme partout. Les commerces de proximité ferment pour être remplacés par des banques, des agences de téléphonie mobile, des agences immobilières etc ... les badauds qui lèchent les vitrines sans rien pouvoir s’acheter, les jeunes qui traînent, cassent les vitrines ou les abris-bus parce qu’ils s’emm... ent, les activités sportives ou autres sont soit trop chères pour eux ou surbookées (trop de jeunes au m2), et je ne parle pas de la drogue qui circule autour des collèges et lycées. Comme pour vous les rues sont vides le soir et le dimanche .. chacun est devant sa télé. Vous avez de la chance de connaître Mme Irène même si elle émet des critiques sur son entourage ; nous, dans nos cités dortoirs, nous apprenons la mort de notre voisin chez le boulanger par un faire-part collé sur la vitrine ou dans la cage d’escalier.

C’est un constat pas une critique .... Non je vous le dis ce n’est pas mieux d’habiter dans les grandes villes  ».

 

Edith Chapin

 

P.-S.

Ndlr : l’écrémoir est, dans le Calvados, l’instrument à l’aide duquel on enlève la crème, quand elle est montée. (les Primes d’honneur, Paris, 1870, page 53)

 

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