- Belles paroles et réalités
- Pétition logement
- Locations : Gare aux marchands de listes
- Logement : baisse aux bas-étages
- Logement : révélateur d’exclusion
- Les pauvres ... encore plus pauvres
- La catégorie des demandeurs d’emploi non (...)
- Qui habite où ?
- Qui sont ces personnes accueillies ?
- Coût du logement : l’équation impossible
- 30% des personnes que nous rencontrons ne (...)
- Logement social : la loi modifiée
- Aidons l’UMP, ils en ont besoin !
- L’OPAH de Derval-Nozay
- Bilan du marché locatif en 2005
Belles paroles et réalités
Jacques Chirac, qui a fait de la lutte contre le chômage la priorité de 2004, a annoncé mardi 6 janvier un ensemble de mesures visant à rendre les entreprises plus compétitives, à mieux protéger les salariés (sic !) et à développer la recherche.
Jacques Chirac a notamment annoncé l’exonération de la taxe professionnelle sur les investissements des entreprises.
Parlant de lutte contre la désindustrialisation, le gouvernement élaborera « un plan d’action volontaire » comportant notamment « un dispositif d’alerte » pour anticiper les difficultés des entreprises ainsi que l’adoption d’une « loi de sauvegarde des entreprises » pour éviter les risques de liquidation en cas de difficultés. Comme si le politique avait un réel pouvoir en matière économique !
En matière de logement, Jacques Chirac a défini un objectif en écho aux préoccupations des associations : 80 000 logements sociaux chaque année à partir de 2004, au lieu de 55 000 en 2003.
Après ce discours, les responsables syndicaux ont fait part de leurs doutes quant à l’efficacité d’une loi sur l’emploi tandis que les leaders patronaux se félicitaient de l’annonce sur la taxe professionnelle.
Cinq fois moins
On peut en effet avoir des doutes sur l’efficacité réelle des promesses de J. Chirac. Par exemple sur le logement. Au printemps 2003, le ministre de la ville, Jean-Louis Borloo, annonçait un ambitieux plan de restructuration des 700 quartiers déshérités, avec l’engagement de démolir 200 000 logements et d’en réhabiliter 200 000 autres, d’ici à 2008.
Pour démolir 200 000 logements en cinq ans, il faut atteindre une moyenne de 40 000 par an, or, le rythme actuel est cinq fois moindre. En 2001 et 2002, on a démoli environ 6 000 logements par an, et on devrait atteindre 8 000 en 2003.
Les opérations de restructuration sont, en effet, des chantiers lourds, qui exigent au moins trois ans de préparation et, surtout, impliquent, avant de dynamiter les immeubles, d’en reloger les habitants. Il faut, parallèlement, construire de nouveaux logements sociaux, si possible ailleurs puisqu’il s’agit de rééquilibrer leur répartition sur le territoire. Pour faire face à un tel besoin, il convient, (selon le rapport du Conseil économique et social), d’en construire trois fois plus que l’on en détruit, soit, pour 40 000 destructions, un objectif de 120 000 constructions par an.
Quand Jacques Chirac évoque 55 000 logements sociaux « financés » en 2003 : cela représente moins de la moitié des 120 000 logements nécessaires, et encore ne s’agit-il que de logements financés, loin d’être achevés et livrés. Ce chiffre englobe, en outre, les 12 000 logements existants, achetés occupés par les bailleurs sociaux et qui ne peuvent donc servir à accueillir immédiatement de nouveaux locataires, et 16 000 logements aux loyers intermédiaires, pas vraiment sociaux, et pour lesquels le ministère n’accorde que des avantages fiscaux .
Logements en poudre
Au total, on devrait atteindre, fin 2003, une production nette de logements sociaux de 27 000 unités, dont 15 000 neufs, un des scores les plus bas depuis l’appel de l’abbé Pierre, en 1954. Les 80 000 logements chaque année à partir de 2004 sont donc construits en poudre aux yeux et n’aboutiront, si tout va bien, qu’à un solde net de 30 000 logements effectifs. Le budget pour 2004 a d’ailleurs prévu une baisse de la subvention par logement construit ; De plus, en trois ans, de 2002 à 2004, l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat, qui aide directement les propriétaires et les locataires à rénover leurs logements, aura perdu 30 % de sa capacité d’action.
Il en est de même pour les prêts à taux zéro, accordés à 102 000 ménages modestes en 2002. Le budget 2004 prévoit une baisse de 30 % des crédits consacrés à ces prêts. Ce sont donc 30 000 logements nouveaux qui ne verront pas le jour.
Les 6,2 millions de bénéficiaires des aides au logement n’ont pas vu le barème de ces aides réactualisé comme il devait l’être au 1er juillet 2003. L’enveloppe prévue pour les aides aux logements, en 2004, est, elle, en baisse de 3,8 %.
Chaque crédit prévu puis annulé, chaque délai reporté, chaque mesure annoncée et restée inappliquée grossissent le doute sur la volonté gouvernementale de mener une politique cohérente en matière de logements sociaux.
Ce que l’on constate, sur le logement, s’applique évidemment en matière sociale et en matière d’emploi. Il suffit de voir les fermetures (on dit : réorganisation) de services publics en zone rurale (bureaux de poste ou perceptions). En ce début d’année 2004 des centaines de milliers de personnes ont été poussées plus loin dans l’exclusion et la misère par un gouvernement et un patronat qui n’hésitent pas à désigner les chômeurs, les précaires, les pauvres comme seuls responsables de leur situation et comme des profiteurs de la générosité de la collectivité !
« Difficile d’imaginer que les projets du gouvernement pour 2004 dérogeront aux préceptes libéraux et patronaux qui guident l’ensemble de l’action gouvernementale. » dit le syndicat Sud-Ptt.
Logements sociaux : la loi modifiée
Ecrit le 21 janvier 2004 :
Pétition logement
Relayant l’initiative du comité « Solidarité et vigilance » du diocèse de Nantes, le CCFD organise une campagne de pétitions en faveur des sans-logement et mal-logés de Loire-Atlantique : familles et jeunes à la rue (surtout à Nantes, mais aussi à Châteaubriant en ce qui concerne les jeunes), logements vétustes et sans commodités. Les particuliers et associations peuvent se procurer des feuilles de pétition au presbytère de l’église St Nicolas où il est impératif de les déposer avant le 28 janvier. Ces pétitions seront envoyées aux élus du département. Tél 02 40 81 27 79
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Ecrit le 11 août 2004
Locations : Gare aux marchands de listes
Listes Arnaque
1,3 million d’étudiants cherchent un logement pour la rentrée universitaire : les diverses possibilités qui leur sont offertes sont insuffisantes, qu’il s’agisse des « cités U » ou des résidences d’étudiants dans le secteur privé. C’est pourquoi 770 000 étudiants sont obligés de chercher des locations d’appartements, seuls ou en colocation.
Eplucher les petites annonces des journaux est une solution. Une autre : arpenter les rues à la recherche d’une pancarte « à louer ». Dernière chose : se rendre chez un agent immobilier, en sachant qu’il faudra payer l’agence, verser un mois de loyer d’avance et un mois de caution, et présenter des garanties de paiement, un revenu suffisant (trois fois le loyer) ou la caution des parents.
Et puis voilà la merveille : une officine propose de vous mettre directement en relation avec des particuliers et d’éviter ainsi les frais d’agence immobilière. Oh, il vous est demandé juste une chose : une cotisation de 100 à 200 €. Pas donné !
Le « marchand de listes », car c’en est un, vous remet alors une liste d’adresses de logements à louer. Mais sans garantie ! Vous ne savez pas si la liste est à jour et si les bailleurs indiqués ont toujours un logement à louer. Vous ne savez pas l’origine de ces locations : le marchand de listes a très bien pu recopier les adresses passant dans la presse ! En principe c’est interdit par la loi mais l’interdit est facile à contourner. De toutes façons, que vous soyez satisfait ou non, le marchand de listes est toujours satisfait, lui, car vous avez payé la cotisation au départ.
Le marchand de listes ne remet qu’une liste. Son travail s’arrête là : le candidat au logement doit contacter lui-même les loueurs et organiser ses rendez-vous pour les visites.
Vice caché
Et encore vous avez de la chance si vous ne trouvez pas une mauvaise surprise à l’arrivée. Une jeune fille d’Erbray en a fait la triste expérience : après avoir trouvé un appartement qui lui plaisait, elle a appris, par le locataire encore en place, qu’il lui faudrait verser à l’entrée 800 € au marchand de listes ! Du coup, cela finit par coûter plus cher que le passage par une agence immobilière.
La loi a essayé de moraliser cette profession de « marchand de listes » qui en a bien besoin, en fixant un certain nombre de règles .
– Le montant de la cotisation doit être clairement affiché en dehors de l’officine.
– Le marchand de listes doit disposer d’une carte professionnelle, que vous pouvez demander à voir.
– Avant tout paiement, vous devez signer un contrat avec le marchand de listes mentionnant les caractéristiques du bien immobilier recherché par le client, la nature de la prestation à fournir à ce dernier, le montant de la cotisation, les conditions de remboursement.
Attention aux clauses abusives !
Le remboursement peut être envisagé lorsque le client n’a pas obtenu de liste correspondant à ses critères : cette démarche est semée d’embûches tant le professionnel se cache derrière les clauses de son contrat, clauses qui sont le plus souvent abusives.
La CLCV (consommation, loisirs, cadre de vie) a mené une enquête dans la région de Montpellier sur les pratiques de ces marchands de listes et sur le contenu de leurs contrats. Aucun contrat n’était parfaitement rédigé De plus, la CLCV a relevé bon nombre de contrats abusifs :
– Les uns chacun contenaient, au minimum, deux clauses déclarées abusives par la Recommandation de la Commission des clauses abusives. Bien souvent, ces clauses imposaient des limites de remboursement excessives ou restreignaient la responsabilité du professionnel (Les critères des offres étaient suffisamment flous pour permettre au marchand de listes de prétendre avoir fait des propositions conformes à la demande)
– D’autres contrats (et parfois les mêmes) manquaient de précisions : certains ne mentionnaient pas la durée pendant laquelle le consommateur pouvait bénéficier des prestations du professionnel.
La Revue le Particulier signale, à titre d’exemple, qu’un marchand de listes a été condamné à 4 mois de prison pour avoir vendu 140 € à des centaines de candidats locataires, des listes de logements dont seulement quelques-uns étaient disponibles. Malheureusement ce genre de condamnation est rare : les candidats au logement ont autre chose à faire que de porter plainte ou même de signaler l’arnaque à la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF)(tél. : 0820 303 336).
A propos : savez-vous où trouver l’adresse de la DDCCRF (Direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ? C’est pas évident : il faut chercher en début des pages jaunes de l’annuaire, dans les « Administrations de l’économie et des finances ». Tél 02 40 08 80 40
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Ecrt le 11 août 2004 :
Logement : baisse aux bas-étages
Le gouvernement cherche de l’argent. Il va lui en falloir pour compenser la suppression de l’ISF (impôt sur la fortune) qu’il projette ! Alors il continue à aller piquer quelques sous dans la poche des contribuables les plus nombreux : ceux des bas-étages.
Trois décrets sont parus au Journal officiel du 17 juillet 2004 : ils n’ont pas fait les gros titres de la presse. Il ne faut pas affoler le peuple !
1.- Depuis le 1er août, les ménages ne pourront plus bénéficier d’un abattement pour frais de garde des enfants de moins de 7 ans (762 euros par enfant au maximum). Cela va influer sur le montant des ressources de la famille, sur ses aides au logement. Quelque 90 000 foyers sont pénalisés, d’après la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF).
La suppression de l’abattement pour garde d’enfants intervient dans le calcul d’autres aides : prestation d’accueil du jeune enfant, allocation de rentrée scolaire, complément familial, allocation aux adultes handicapés, etc. Du coup, environ 6 000 ménages vont perdre le bénéfice d’une de ces prestations, selon la CNAF.
2.- les aides au logement ne sont attribuées que si elles s’élèvent au moins à 24 euros par mois (contre 15 euros, auparavant) ; en deçà de ce montant, la prestation n’est pas accordée. Une telle disposition a pour effet de priver d’aides au logement quelque 120 000 ménages, selon la CNAF.
3. Enfin, l’entrée en application d’une circulaire du ministère du logement, publiée en décembre 2003, s’est traduite dans de nombreux départements par une baisse de l’allocation logement transitoire (ALT), qui permet d’offrir un toit à des familles en situation d’urgence. Dans le Rhône, l’Association lyonnaise pour l’insertion par le logement (Alpil) a constaté une baisse de 28 % des crédits !
Quelques semaines après la présentation du plan de cohésion sociale, on peut s’étonner (mais rien ne nous étonne plus !) de ce que le gouvernement profite de la période estivale pour sortir des décrets d’une telle importance.
Les logements sociaux transférés
Il existe jusqu’à maintenant un « contingent préfectoral » qui permet aux préfets de proposer l’attribution d’un certain pourcentage de logements sociaux aux ménages en difficulté (personnes handicapées, familles monoparentales, etc). Le projet de loi de décentralisation adopté fin juillet 2004 confiera désormais ce « contingent » aux maires.
Cette disposition avait déjà fait l’objet d’une proposition des Sénateurs en décembre 2003 mais, devant une fronde des associations et l’opposition d’élus, même de l’UMP ; le gouvernement avait reculé.
Cette fois il y revient, contre l’avis même du secrétaire d’Etat au Logement ! Quand on sait que de nombreux maires, par clientélisme et électoralisme, se refusent à accueillir des personnes défavorisées, on ne peut qu’être inquiet. On bafoue ainsi le « droit au logement » pour tous et on accentue la ségrégation sociale.
Quand on sait comment, dans le Castelbriantais, est « considérée » (avec mépris) cette couche de population (il n’est que d’entendre certains propos !) on ne peut être que plus inquiet encore.
Ecrit le 23 novembre 2005 :
Logement : révélateur d’exclusion
Le Secours Catholique-Caritas France a rendu public, le 03/11/2005, son 11e rapport sur l’évolution de la pauvreté en France, basé sur ses « Statistiques d’accueil 2004 ». Les 650 000 situations de pauvreté rencontrées par l’association (environ 1 500 000 personnes dont 690 000 enfants), amènent plusieurs constats dans des domaines tels que : chômage-emploi, revenus, composition des familles, endettement...
« L’inégalité de traitement dans le domaine du logement est un fait vécu quotidiennement par les personnes et familles rencontrées » .
Les pauvres ... encore plus pauvres
Les personnes que le Secours Catholique rencontre ne sont pas plus nombreuses mais de plus en plus pauvres. En euros constants, leur revenu mensuel équivaut à celui de l’année 2000. Les allocataires du RMI sont dans une situation encore plus difficile. Leurs ressources correspondent à celles de l’année 1999. Les revenus sociaux ne leur permettent plus de « s’en sortir » sans l’aide d’une association. Avec leurs si faibles ressources, elles tombent dans la misère.
La « loi de lutte contre l’exclusion » parlait d’un impératif national. Les faits prouvent que cette exigence n’est pas atteinte.
Les personnes rencontrées sont de plus en plus âgées : l’âge moyen 38,8 ans en 1999, est de 39,7 ans en 2004.
L’augmentation du nombre des personnes de 60 ans et plus est aussi significatif.
La catégorie des demandeurs d’emploi non indemnisés
représente 27,1% des situations rencontrées en 2004. Près de 2 chômeurs sur 3 ne sont pas indemnisés (soit 62,3%).
Les « sans ressource », à l’exclusion des étrangers sans statut, représentent en 2004 de 12,3%. Ce sont pour près d’un tiers des jeunes de moins de 25 ans et pour 26% des personnes qui attendent le versement d’un revenu ou de transferts sociaux (pour les principaux, 14% attendent le RMI, 5% des allocations chômage, 3% des allocations familiales, 3% des allocations logement).
La proportion des bénéficiaires du RMI est passée de 28,8% en 2002
– à 29,3% en 2003
– et à 30,6% en 2004...
Qui habite où ?
Les logements précaires augmentent de 3% entre 2000 et 2004. En 2004, 72,5% des personnes rencontrées par le Secours Catholique habitaient un logement stable et 27,5% un logement précaire.
La stabilité n’a rien à voir avec la qualité : de nombreux logements sociaux sont très dégradés et certaines locations privées totalement impropres à l’habitation.
Depuis 2002, la seule évolution notable consiste en un déplacement de la location HLM vers la location privée qui traduit la pénurie de logements sociaux et les difficultés d’accès au parc social.
En ce qui concerne les logements précaires, ce sont les hébergements par des proches, famille ou amis, qui ont connu la plus forte augmentation, + 2,6%, entre 2000 et 2002.
La part des personnes logées à l’hôtel et celle des personnes à la rue continuent à augmenter. Le Secours Catholique a accueilli en 2004 environ 650 000 « situations », c’est-à-dire des personnes ou familles en difficulté.
Qui sont ces personnes accueillies ?
– Locataires du parc social : 36,8 % des situations accueillies
– Locataires du parc privé : 27,1% des situations accueillies : Profil type : tous ceux qui peuvent payer et offrir des garanties.
– Propriétaires ou accédants à la propriété : 3,7% des situations rencontrées. Profil type : des situations marquées par un accident de la vie et le surendettement..
– Hébergement collectif : 4,9% des situations rencontrées : Profil type : des jeunes, des étudiants étrangers, des personnes seules à faibles ressources.
L’inégalité de traitement dans le domaine du logement est un fait vécu quotidiennement par les personnes et familles. La difficulté ou l’impossibilité d’accès, le manque de mobilité d’une partie des habitants du parc public, la faiblesse de ressources, leur irrégularité lorsque l’on dispose d’un emploi précaire, la pénurie de logements sociaux font apparaître une grave rupture dans le principe d’égalité entre personnes et familles. Cette situation développe de l’amertume et un ressenti d’injustice forte qu’il est indispensable de prendre en compte.
Coût du logement : l’équation impossible
La flambée des loyers touche plus fortement les ménages les plus modestes. Les loyers des plus pauvres augmentent plus vite que ceux de l’ensemble de la population française. Ainsi, entre 1999 et 2004, le loyer moyen des locataires privés rencontrés au Secours Catholique a augmenté de + 18,5% contre 11,8% pour l’ensemble de la population locataire du parc privé. Pour ce qui est du parc social on note une évolution de +11,8% des loyers des ménages accueillis contre +9,4% pour l’ensemble de la population.
«
30% des personnes que nous rencontrons ne perçoivent aucune aide au logement
» dit le Secours Catholique.
Au cours des dernières années, les aides au logement se sont, certes, recentrées sur les ménages les plus modestes (très très modestes). Cela étant, 30% des situations rencontrées qui remplissent théoriquement les conditions d’accès aux aides au logement, ne la perçoivent pas. Ces personnes peuvent être en attente de la régularisation de leur dossier de demande, mais souvent ignorent leurs droits.
2002-2004 : baisse de 3,3 % du pouvoir d’achat des plus pauvres ; les dépenses de loyer pèsent de plus en plus lourd dans le budget des plus pauvres :
L’augmentation des charges du logement absorbe toute l’augmentation du revenu et parfois au-delà, comme dans les hébergements collectifs, les hôtels ou même pour les accédants à la propriété rencontrés. La quasi stabilité du reste à vivre en euros courants équivaut à une diminution de 3% du pouvoir d’achat en fonction de l’inflation.
30% des locataires mentionnent des impayés de loyer : Le montant des aides ne suit pas toujours l’augmentation des loyers. Lorsqu’il est impossible de faire face à l’ensemble des charges, un choix se fait naturellement entre ce qui est vraiment urgent et indispensable.
Selon le type de logement, la nature et le montant des impayés ne sont pas les mêmes. Un tiers des situations locataires du parc social (soit 33,5%) a des impayés de loyer. Les impayés d’énergie sont moins fréquents (24%) et ceux concernant l’eau moins encore (11,5%).
Par contre, pour ceux du parc privé la situation s’inverse. En effet, si les familles du parc social peuvent bénéficier d’une tolérance et d’une prise en charge possible face aux dettes de loyer, ce n’est pas le cas pour les locataires du privé. Ils se retrouvent donc plus souvent avec des impayés d’énergie (28,6 %).
Les propriétaires et accédants n’ont que rarement des impayés de mensualités d’accession, du fait sans doute des conséquences qu’ils auraient, mais les impayés d’énergie (26,1%) et d’eau (19,9%) sont fréquents.
Pour le Secours Catholique, Cette situation est inacceptable. Elle doit inciter à une prise de conscience collective pour mettre en œuvre un plan d’urgence avec des moyens importants pour sortir ces personnes et familles de cette équation infernale !
Tableaux et graphiques sur le site Internet :
R. Le Gall
Logement social : la loi modifiée
Les députés ont modifié la disposition de la loi de décembre 2000 dite « loi SRU » (1) obligeant les communes à construire dans un délai de vingt ans 20% de logements sociaux.
A la demande du gouvernement, ils ont rejeté un amendement UMP qui proposait que les logements sociaux soient comptabilisés sur l’ensemble d’une agglomération et non sur une seule commune.
L’Assemblée nationale, dans l’examen du projet de loi portant « engagement national sur le logement », a également rejeté un amendement UMP visant à comptabiliser dans le quota de 20% de logements sociaux les places mises à la disposition des gens du voyage dans les aires de stationnement.
En revanche, les députés ont adopté un amendement qui dispose que lorsqu’un locataire en HLM bénéficiant de revenus inférieurs à un certain seuil acquiert grâce à un prêt à taux zéro son logement, celui-ci continue pendant cinq ans d’être comptabilisé comme logement social par la commune.
Cet amendement, défendu par le président de la commission des affaires économiques, l’UMP Patrick Ollier, était vivement contesté par l’opposition. Il a été adopté par 54 voix contre 18. Seul le groupe UMP, qui dispose de la majorité absolue à l’Assemblée, a voté en sa faveur, l’UDF joignant ses voix à celles de la gauche.
Aidons l’UMP, ils en ont besoin !
Propositions :
1. Les cartons sous lesquels dorment les SDF devraient entrer dans le décompte des 20%.
2. Les voitures dans lesquelles dorment les « poor workers » (travailleurs pauvres : pour la petite histoire, cette expression - je me permets ponctuellement d’étaler ma culture, ça fait bien, on dirait que je suis intelligent - vient de la crise de 1929 aux Etats-Unis) de la ville de Paris et bien d’autres devront entrer dans les 20%.
3. Les lits d’urgence des hôpitaux où se réfugient les SDF (des fois) quand ils ont trop froid seront dans les 20%.
4. Les résidences secondaires des ministres (et en premier lieu celle de Sarko à Pornichet si je ne me trompe...) seront ouvertes aux SDF tous les jours de l’année où il n’y sont pas présents et de ce fait compteront dans les 20% de logements sociaux.
Lulu Topie
L’OPAH de Derval-Nozay
Les intercommunalités de Nozay et Derval ont lancé une OPAH (opération programmée d’amélioration de l’habitat), ce qui présente plusieurs avantages
– Réserver des fonds de l’ANAH et du Conseil Général
– Inciter les propriétaires à faire des travaux auxquels ils n’avaient peut-être pas pensé
– Dégager des logements conventionnés c’est-à-dire à loyer moins élevés que les autres.
De plus, dans le cadre de l’OPAH il est possible d’obtenir1500 € pour une sortie d’insalubrité.
Jean Luc Colin a dressé le bilan de cette opération, sur la période mai 2004- décembre 2005 soit 20 mois :
– 1111 personnes reçues
– 188 logements rénovés chez des propriétaires occupants
– 70 locatifs aidés dont 43 conventionnés.
En tout 1 419 631 € de subvention :
1 057 801 € de l’ANAH
197 643 € du Conseil Général
23 949 € des caisses de retraite
140 238 € des Com’Com
Les propriétaires occupants ont reçu en moyenne 1 687 € de subvention.
Les propriétaires bailleurs ont reçu en moyenne 10 580 € de subvention.
Pour les uns comme pour les autres cela représente 28 à 29 % de leurs dépenses.
Une information sur ces aides et la possibilité d’emprunter à des taux d’intérêt peu élevés, ont permis à ces propriétaires de « sauter le pas » et d’améliorer les logements. De plus, depuis le 1er janvier 2006, un nouveau calcul de loyer basé sur la surface utile (et non sur la surface corrigée) permet de proposer un loyer à de sprix plus intéressants.
Enfin, depuis le 1er janvier 2006, le plafond des travaux subventionnables a été relevé (il passe de 300 € du m2, à 500 €) ce qui peut inciter plus fortement les propriétaires à conventionner leur logement.
Renseignements : Jean Luc Colin, maire de St Vincent des Landes
Note du 30 août 2006 :
Bilan du marché locatif en 2005
Depuis 2000, les loyers du secteur privé ont progressé en moyenne, chaque année, de 4.6% pour les appartements et de 3.0% pour les maisons. Ils se sont ainsi établis en 2005, France entière, à 11.8 €-/m2 pour les appartements et à 8.3 €-/m2 pour les maisons.
Le niveau moyen des loyers en 2005 a donc été de 612 €- par mois pour les appartements d’une surface moyenne de 51.9 m2 et de 866 €- par mois pour les maisons, pour une surface moyenne de 104.4 m2.
Le marché des appartements est, dans l’ensemble, un marché de petites unités : 63.6% des biens loués comptent 2 pièces ou moins. Le marché des appartements spacieux est quant à lui plus étroit : seulement 13.9% de 4 pièces et plus, et à peine 3.7% de 5 pièces et plus.
A l’inverse sur le marché des maisons, les petites unités sont proportionnellement sous-représentées : 19.2% de 3 pièces et moins contre 86.1% pour les appartements, et 50.8% de 5 pièces et plus contre 3.7% pour les maisons.
Une observation plus détaillée du marché des appartements montre que les écarts de loyers sont importants entre les petites surfaces (studios et une pièce) qui se louent en moyenne à 14.7 €-/m2 (413 €- de loyer mensuel), et les grandes surfaces, 4 pièces et 5 pièces et plus, qui se louent respectivement à 9.0 #-/m2 (765 #- de loyer mensuel), et à 9.7 €-/m2 (1 140 -€ de loyer mensuel).
Depuis plus de dix ans, les loyers ont progressé à un rythme homogène, que ce soit sur le marché des appartements (+ 3.0% par an depuis 1995) ou sur le marché des maisons (+ 2.4% par an depuis 1995), à l’exception des maisons de 7 pièces et plus, dont les loyers ont cru un peu plus vite que la moyenne.
L’état du mal-logement en France
La crise immobilière aux USA, subprime et déprime

