Ecrit le 5 mars 2008
Qu’est-ce qu’il disait, Victor ?
Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.
Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
Et la liberté de la presse dans tout ça ?
Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III, publié par Victor Hugo en 1852. Réincarnation ?
On peut retrouver les textes ici :
http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/...
Ecrit le 14 avril 2010
Fable :
Le Renard, le Singe et les Animaux
Les Animaux, au décès d’un Lion,En son vivant Prince de la contrée,Pour faire un Roi s’assemblèrent, dit-on.De son étui la couronne est tirée.Dans une chartre un Dragon la gardait.Il se trouva que sur tous essayéeA pas un d’eux elle ne convenait.Plusieurs avaient la tête trop menue,Aucuns trop grosse, aucuns même cornue.Le Singe aussi fit l’épreuve en riant,Et par plaisir la Tiare essayant,Il fit autour force grimaceries,Tours de souplesse, et mille singeries,Passa dedans ainsi qu’en un cerceau.Aux Animaux cela sembla si beauQu’il fut élu : chacun lui fit hommage.Le Renard seul regretta son suffrage,Sans toutefois montrer son sentiment.Quand il eut fait son petit compliment,Il dit au Roi : Je sais, Sire, une cache,Et ne crois pas qu’autre que moi la sache.Or tout trésor, par droit de Royauté,Appartient, Sire, à votre Majesté.Le nouveau Roi bâille après la finance,Lui-même y court pour n’être pas trompé.C’était un piège : il y fut attrapé.Le Renard dit, au nom de l’assistance :Prétendrais-tu nous gouverner encor,Ne sachant pas te conduire toi-même ?Il fut démis ; et l’on tomba d’accordQu’à peu de gens convient le Diadème.La Fontaine (cité par JPL)

