Ecrit le 29 avril 2009
Dessin de presse : Françoise Ménager
Dans le cadre de la Semaine de la Presse, les Secondes BEP Routier du Lycée E.Lenoir ont écrit des « Brèves » sur des thèmes d’actualité : une partie d’entre elles ont été reprises par Presse-Océan départemental.
Par la suite, ils ont été amenés à travailler sur le dessin de presse, analyser l’image, voir ce qu’elle veut exprimer, en illustration ou en contrepoint d’un texte.
Le 23 avril ils ont rencontré Françoise Ménager, dessinatrice de presse pour Les Echos, Le Monde, La Tribune, La Vie, Paris-Match, l’Ecole des Parents etc. On peut en trouver quelques-uns de ses dessins ici : http://site.voila.fr/33pensees/dess....
« Le dessin de presse, c’est le coquelicot dans un champ de blé. Quand il manque, on le cherche » dit-elle. A un élève qui lui demande si elle met du temps à dessiner, Françoise Ménager explique : « C’est mieux quand on n’a pas trop de temps, car on va à l’essentiel ».
« Le dessinateur est-il libre ? » interroge un élève. La réponse est catégorique : « Il l’est de moins en moins, le rédacteur en chef souhaite voir le dessin avant d’autoriser sa publication : thème, texte ».
Dans une étude faite en 1998 à l’université de Liège, le dessinateur Jean-Philippe Legrand, (alias dessinateur Aster) analysant la raréfaction et « l’aseptisation » des caricatures, commente « Ce phénomène participe du déclin généralisé de la presse, dont les marges de manœuvre sont désormais bornées par la nécessité de « ratisser large ». Autrement dit, afin de satisfaire le plus grand nombre de lecteurs, les organes de presse se voient contraints d’observer toujours plus de neutralité et de prudence. Dans une telle perspective, on comprend que le « dessin d’opinion » n’intéresse plus les décideurs qui lui préfèrent dès lors, comme dans la presse locale, l’illustration d’humour, désengagée, sympathique, inoffensive ».
Le dessinateur de presse a une influence sur les « systèmes de représentations collectives » : « les caricatures rendent compte de la façon dont un groupe d’individus perçoit et ressent la réalité à un moment donné ; non seulement elles rendent visible ce que certains, par intérêt, tentent d’occulter mais elles révèlent au groupe ses propres représentations (ainsi que ses opinions et ses comportements) dont il n’a pas conscience ou qu’il refuse d’admettre ; ce sont des « clés d’accès » à cette réalité, rendue plus claire, plus authentique ». (Source : Jean Ph. Legrand, Aster)



