Ecrit le 23 décembre 2009
2009 fut une très mauvaise année sur le plan économique, sur le plan des libertés, en France comme chez nos voisins. On ne peut qu’espérer mieux pour l’année qui vient !
Ca grimpe
Malgré ce que disent le maire de Châteaubriant (et le Sous-Préfet), la situation de l’emploi est grave dans le Pays de Châteaubriant . Voici les derniers chiffres qui ont été donnés lors de la réunion du groupe de veille sociale le 16 décembre 2009. Ainsi, de mai 2008 à octobre 2009, le nombre de chômeurs de catégorie A (c’est à-dire immédiatement disponibles) a quasiment doublé…. Soit 100 % d’augmentation !
233 licenciements
Sur le territoire pris en considération ((territoire comprenant le Pays de Châteaubriant , le canton de Guémené Penfao, le canton de St Nicolas de Redon et la Communauté de Communes de la Région de Blain), depuis le début de l’année, 233 personnes ont été licenciées dans 51 entreprises du Pays (dont 115 dans le cadre d’un licenciement collectif de plus de 10 salariés). Mais les salariés n’ont souvent rien dit et les autorités répètent que tout va bien. Alain Hunault l’a encore dit, le 4 décembre dernier : « Notre taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale »
32 % des licenciements concernent le secteur de l’industrie agricole et alimentaire, 29 % la métallurgie / plasturgie et 26 % le secteur de la construction.
Environ 100 000 heures de chômage partiel ont été accordées à des entreprises, ce qui correspond à 660 mois de travail. Travailler plus, qu’on nous disait ….
Du côté des offres d’emploi, c’est pas la joie non plus. Ah si ! On trouve sur Châteaubriant plusieurs emplois de professeurs, pour une durée de 10 mois , à raison de …. une heure par semaine ! Quelle merveille !
Agriculteurs à la peine
Les revenus des agriculteurs (y compris les aides européennes et françaises perçues) ont chuté de 34% en 2009 en raison du recul des prix agricoles, après avoir déjà baissé de 20% en 2008, selon les comptes prévisionnels de l’Agriculture publiés le 14 décembre par le ministère de l’Agriculture. Les éleveurs laitiers sont les plus touchés avec une baisse de plus de la moitié (-54%) de leurs revenus … ce n’est pas ça qui va arranger la situation économique de la région castelbriantaise. Les commerçants, eux aussi à la peine, s’en rendent fort bien compte.
Gratte, gratte, gratte ...
Au niveau national, le gouvernement a fait de beaux cadeaux aux uns et s’en prend systématiquement aux autres, en supprimant des postes, voire en supprimant des rémunérations. Il a fallu la grève des gardiens de prison pour que ceux-ci obtiennent le paiement des heures supplémentaires qu’on leur impose.
Du côté des magistrats, c’est pas mieux. Selon Maître Eolas, la Chancellerie (c’est-à-dire l’administration centrale du Ministère de la Justice) vient de demander à ses services administratifs régionaux, qui sont notamment en charge du calcul du traitement dû aux fonctionnaires du ministère de la justice, primes et indemnités d’astreinte inclus, de ne pas payer les indemnités de permanences du mois d’octobre (celles-ci auraient dû être versées en décembre, il y a un décalage de deux mois).
Ainsi toutes les permanences des juges des libertés et de la détention, des juges d’instructions, des procureurs, et surtout de leurs greffiers passent à la trappe. Comme ça, hop. Sans savoir si elles seront payées en janvier. Cela représente une économie de 500 000 € environ. En fin d’année l’Etat racle les fonds de tiroir.
Les astreintes ne sont pourtant pas payées cher : 30 euros bruts par journée d’astreinte (samedi, dimanche et jours fériés) qu’ils ne travaillent pas où qu’ils fassent 14 heures !
Cette décision démontre deux choses : d’une part, le mépris profond de la Chancellerie pour le corps judiciaire qui ne mérite même pas d’être payé pour les sujétions de son travail (rappelons que M. Guaino touche, en tant que Conseiller spécial du président de la République, 431 euros par jour d’indemnité de sujétion), et d’autre part, le bonheur qu’il y a à diriger une administration n’ayant pas le droit de grève.
Fin d’indemnisation
On continue sur les bonnes nouvelles ? Selon une note de Pôle Emploi, d’ici à la fin de l’année 2010, un million de chômeurs auront épuisé leurs droits à indemnisation et seuls 160 000 pourront percevoir l’allocation spécifique de solidarité (ASS) versée par l’Etat. Il faut noter, en plus, que le patrimoine étant pris en compte pour l’obtention de cette aide, les chômeurs doivent d’abord puiser dans leurs économies ou éventuellement vendre leur logement avant d’y avoir droit.
« Les 840 000 autres chômeurs sont abandonnés par le gouvernement qui ne semble toujours pas se rendre compte de la gravité de la situation. Comme à son habitude, il multiplie les cadeaux fiscaux injustifiés pour les plus aisés alors que les plus modestes sont laissés sur le bord du chemin » dit le Parti Socialiste en réitérant sa proposition : prolonger de 6 mois la durée d’indemnisation pour tous les chômeurs, sur la base de 80 % du salaire, et étendre les contrats de transition professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi (avec indemnisation à deux ans).
Et avec toutes ces catastrophes économiques la place nous manque pour parler des atteintes aux libertés, en France, toujours plus nombreuses, toujours plus graves. Nous y reviendrons.


