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Souvenirs d’en France d’un petit Breton

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Ecrit le 24 novembre 2010

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Lhotel

Jean-Claude l’Hotellier

Une enfance en Bretagne dans les années 50 : pour des raisons de santé, un petit garçon de la ville est envoyé dans la campagne bretonne, qu’il découvre. Il raconte son séjour, décrit la vie des paysans, les travaux de la ferme, les personnages rustres qu’il côtoie. «  Je te prends le pain beurré de la bouche ! Moi, c’est ta petite cuillère  », mon frère n’apprécie   pas et se met à hurler si fort que la grand-mère attachée à ses tâches ménagères se retourne vers nous avec un regard furibond. Elle prend le bouchon d’écuelle qu’elle tient à la main, le jette avec vigueur et conviction vers nous. Mon frère, sentant le danger, me tire par la manche, m’évacue de ce lieu devenu trop hostile, me traîne sur le palier. Je me redresse pour dévaler quatre à quatre les escaliers vers la cabane dans la cour... »

De retour dans la grande ville, il saisit alors la pauvreté des familles dans les années 50, la crise du logement, le manque d’affection entre les êtres et la place de la religion qui régit la vie, la scolarité, la solidarité, sans oublier les vacances et les fêtes.

«  Nous étions bien entourés. Les frères des écoles chrétiennes ; les frères capucins qui partaient prêcher la bonne parole dans les paroisses de la ville, ainsi qu’à la campagne ; les sœurs du Saint-Esprit ; les sœurs de Montbareil plus spécialement destinées à la contemplation et à l’éducation des jeunes filles en difficulté. Plus loin, sur la route qui mène à la gare, les sœurs de la Providence ; à l’hôpital de la ville, on rencontrait les « sœurs hospitalières  », grâce à ma grand-mère, «  économiquement faible  », c’est à dire quasiment sans ressources, nous allions, chaque jeudi matin, Rue du Maréchal Foch, près de l’église Saint-Michel, puisque nous n’avions pas classe ce jour là, chercher deux pains de quatre livres, distribués gratuitement par les sœurs de Saint-Vincent de Paul, qu’on appelait familièrement «  les cornettes  », à cause de leur large coiffe qui leur donnait l’aspect d’un goéland en plein vol. Je ne compte pas ici le clergé composé des aumôniers des écoles, ni les prêtres de la cathédrale qui venaient de temps en temps à la maison ».

«  J’étais attiré par les petits chanteurs à la croix de bois de la Cathédrale. Ceci n’était pas fait pour les enfants d’ouvriers. Il fallait de l’argent pour les tenues et les aubes ornées de la croix de bois  » ...

Souvenirs d’en France d’un petit Breton, par Jean-Claude Lhotelller
20 €, aux Editions du Petit Pavé

 

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