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Bretagne vivante : le chantier des grenouilles

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Ecrit le 10 février 2010

 La migration des crapauds amoureux

Vous avez vu ça, vous : des écolos en train de planter des bâches de plastique en Forêt Pavée ? Quelle drôle d’idée !

C’était samedi 6 février. Armés de pelles, de pioches et de bonne humeur, les militants de Bretagne Vivante (15 femmes, 5 hommes !), se sont mobilisés quelques jours avant la Saint Valentin. Parce que c’est actuellement la saison des amours chez les amphibiens et autres batraciens. Ceux qui hibernent dans la Forêt Pavée n’ont qu’un souci : traverser la route pour un rendez-vous amoureux dans la mare de l’autre côté. Au cours de cette migration, il n’est pas rare de voir un gros crapaud porter un plus petit. C’est tout simplement Madame Crapaud qui porte Monsieur jusqu’au lieu de leurs amours. Là, la femelle pondra des cordons d’œufs qui seront amarrés à des végétaux ou, à défaut, à des pierres ou des branches

Quand le temps est passé, les couples regagnent la forêt. Ils y seront rejoints plus tard par les têtards et les crapelets.

La Forêt Pavée est particulièrement intéressante car fréquentée par de nombreuses espèces de batraciens : Rainettes, Crapauds communs, Grenouilles agiles, Grenouilles vertes, Salamandres, et plusieurs espèces de tritons. Il va sans dire que la traversée de la route D 178 est périlleuse : les petites bêtes au pas lent meurent chaque année en grand nombre.

 Le chantier des grenouilles

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Grenoui

Pour les préserver, et avec l’accord du propriétaire, des bâches de plastique ont été dressées parallèlement à la route et des seaux en plastique ont été enterrés. Un à un, ou deux par deux, les crapauds sortent à la nuit tombée. Obstinément ils longent cette barrière noire qui les empêche de passer et finissent par glisser au fond d’un seau d’où ils ne peuvent s’échapper. C’est étudié pour !

Et tous les matins, en semaine, un salarié du Conseil Général, vient cueillir les petites bêtes et les porte de l’autre côté de la route. Les bénévoles prendront le relais les autres jours, ceci pendant un mois et demi à 2 mois. Les amphibiens seront à cette occasion identifiés et dénombrés. Une fiche sera complétée. Toutes les données recueillies permettront de mieux connaitre la population à protéger, et la mortalité. L’objectif final étant que le Conseil Général installe un dispositif pérenne (batrachoduc ou crapauduc) .

La fidélité aveugle du crapaud à son lieu de ponte constitue un atout pour la protection de l’environnement. En effet, la plupart des étangs et des rives de lacs où il pond sont considérés comme sites à valeur paysagère élevée, bénéficiant ainsi d’une certaine protection

Les crapauds jouent un rôle capital dans la destruction, la régulation d’invertébrés de toutes sortes tels les vers de terre, les limaces, les chenilles, les coléoptères, les fourmis … Pour eux une ligne de fourmis vaut toutes les ligne de « coke » du monde.

Et puis on raconte maintes histoires où les crapauds se métamorphosent en princes charmants. Alors, sauvons les crapauds !


Ecrit le 10 mars 2010

 Des histoires de grenouilles

Le dispositif de protection des grenouilles est en place le long de la D 178 dans la traversée de la Forêt Pavée. Chantal Julienne raconte : «  les migrations ont lieu dans les 2 sens. Aussi, le dispositif de protection a été complété par le Conseil Général de l’autre côté de la route, côté mares vers le sud. Encore tout de même de la mortalité vue ce matin, la plus importante au nord, entre la vanne de l’étang et l’entrée de la propriété. Au total, 66 individus comptabilisés (dont 34 crapauds identifiés  »

Ce matin-là 141 bestioles ont été récoltées dans les seaux, principalement crapauds et grenouilles agiles, quelques tritons palmés, un marbré, une salamandre. «  Nous étions 3 et nous avons mis 3h30 ! d’autant que nous nous sommes aperçu une fois tous les relevés faits, qu’il y en avait SOUS les seaux, alors il a fallu revérifier. De plus, nous avons dû écoper : beaucoup de seaux étaient remplis d’eau.  »

«  Il nous a semblé qu’il y avait des retours de grenouilles agiles venant de l’étang, car plusieurs femelles dans les seaux de ce côté avaient le ventre vide et très flasque.

Quand la nuit a été bien arrosée, il est utile de prévoir deux seaux avec couvercle, si possible, un ustensile genre louche pour enlever l’eau des seaux et un chiffon pour s’essuyer les mains de temps en temps  ».

Quand le temps des amours batraciennes sera terminé, il restera à faire les comptes et à voir s’il faut réaliser un crapauduc pour éviter la bouillie de crapauds sur la route …

Voir des photos ici : http://chateaubriant-daily-photo.bl...

 

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