Ecrit le 1er septembre 2010
Gwénaël Le Ny est conseiller principal d’éducation dans un collège de Landerneau (Bretagne). Il a pris le départ de la Trans Gaule, une course à pieds entre Roscoff et Gruissan Plage, accompagné d’une soixantaine de coureurs de toutes nationalités. Chaque étape fait de 49 à 75 km que les coureurs parcourent à la vitesse de 6 à 12 km/h. En tout 1150 km à pieds, faut le faire ! Les coureurs sont passés à Châteaubriant le 14 août, accompagnés par une voiture de l’association « Asperansa » qui a distribué, à chaque étape, des documents d’information sur l’autisme et notamment sur le syndrome d’Asperger.
« L’autisme n’est pas quelque chose qu’une personne a, ou une « coquille » dans laquelle une personne est enfermée. Il n’y a pas d’enfant normal caché derrière l’autisme. L’autisme est une manière d’être. Il est envahissant ; il teinte toute expérience, toute sensation, perception, pensée, émotion, tout aspect de la vie. Il n’est pas possible de séparer l’autisme de la personne… et si cela était possible, la personne qui vous resterait ne serait pas la même personne que celle du départ » dit Jim Sinclair, lui-même autiste.
Un enfant autiste naît autiste, il grandit avec plus ou moins de bonheur, selon l’approche éducative que l’on aura, selon la prise en charge de ses spécificités, selon l’amour dont il sera entouré. Mais il sera toujours autiste.
Et ce qu’on peut lui apporter, c’est de faire l’effort de comprendre son mode de fonctionnement, tout comme on apprendrait la langue, la culture et les coutumes d’un ami pour qui on aurait du respect, et de se faire son interprète pour lui rendre le monde moins rude…
Ce n’est pas la « faute des parents » si leur enfant naît avec cette différence, ce n’est la faute de personne.
Mais c’est la nôtre à nous tous, si nous continuons de porter un regard entaché de préjugés et d’ignorance sur les difficultés auxquelles les personnes autistes sont confrontées pour trouver leur place, avec respect, dans ce monde.
Quelques signes d’alerte
– Il ne regarde pas les gens dans les yeux.
– Il ne répond pas quand on l’appelle.
– Il paraît indifférent aux autres.
– Son visage est parfois inexpressif.
– Il n’aime pas les changements.
– Il peut entrer dans de grandes colères sans raison apparente, ou a des crises de rire ou de larme inexpliquées.
– Il se cache derrière sa main quand il est angoissé.
– Il est fasciné par tout ce qui tourne : le ventilateur, la machine à laver, l’essoreuse à salade …
– Il est attiré par l’eau, les lumières, les portes, les ascenseurs.
– Il a de nombreux gestes répétitifs.
– Il a des rituels : toucher les poteaux, frotter ses chaussures, sauter les plaques d’égout.
– Il aime les bruits ou, au contraire, se bouche les oreilles lorsqu’il entend certains sons.
– Il n’est pas sensible aux modes.
– Il peut répéter 40 fois les mêmes mots ou phrases.
– Il parle sans arrêt du même sujet.
– Il prend les expressions au pied de la lettre.
– Il mémorise toutes sortes de choses, qu’il répète.
– Il a peu de jeux créatifs ou d’imagination.
– Il ne sait pas jouer avec les autres enfants.
– Il a besoin qu’un adulte l’incite à faire ou à jouer.
L’autisme touche un enfant sur 150. Diagnostiquée tôt, et accompagnée comme il convient, une personne autiste peut avoir une vie normale, aller à l’école, avoir un emploi.
« Il ne s’agit pas d’isoler un enfant autiste mais, au contraire, de le mettre en milieu ordinaire où il apprendra, par mimétisme, à se comporter comme les autres (ou presque) » disent Franck Barrois, Jean Vincot et Christiane Abiven dirigeants de l’association Asperansa


