Ecrit le 15 décembre 2010
Le dur ou le doux Zhiver
Pendant que l’monde continueu son train, les jours qui baisseu, la pié qui tombeu et feuzeu débordeu les rivières, les bruits de guére ou de coups tordus par ci, les ventes d’armes et de grous contrats par là, les blocages dans les kauwzeries ou les votes pas démocratiques, il vaut mieux ne pu vaire que les belles chouzes, les villages sous la neige avec leurs cheuminées qui sorteu leur fumée, les marcheux zéquitables et les téléthons, les gens qui penseu aux cadeaux à acheteu, les keuniauws qui rêveu de ceux qu’ils vont trouveu dans leur sabiauw, la neu de Noël. Les contes et les chanwsons qui nourisseu les zimaginations, les cuisines qui se prépareu, les feux et les lumières qui éclaireu les villes et les maisons, les jours de congeu qui s’annonceu, tous les gestes d’amour et d’amitieu pour les gens de la rue, les vieux et les malades qu’en pouveu pu. On ne seut pas si les balanwces sont équilibreux enteur les meuchanceteux et les salopeuries d’un couteu et les geuneuroziteux et penseu éleveu, de l’auwt, mais ça feuzeu du bien de ne zyeutu que le biauw couteu.
« Dans les avents, les jauws (coqs) chanteu clairPour annonceu Noël »« L’automne jusqu’à NoëlDepuis là, le dur hiverJusqu’à ce que fleurisse le saule !Depuis là, l’hiver cruelJusqu’à ce que l’aubépine soit en fleur »
Le Herveu Deulouard de Conqu’reu
Ecrit le 22 décembre 2010
Noël au pays gallo-breton Pisqueu tout éteut fait asteure pour augmenteu le nombre des pauv’s et des malheureux, on va reuveunir aux maniéres d’auwtefaïye. Dans les campagnes de cheu nous, v’la comment se passeu la veillée de Noël. Si pendant la période de l’avenwt, les keuniauws, les zenfants de chœur et les jein-nes gens aveu parcouru le pays pour chanwteu l’arriveu de Jésus et quêteu de porte en porte, la veuille de Noël éteu réserveu aux zenfants pauv’s et aux mendiants :
« A la guianneu pocheteu,Un p’tit morciauw de galette,Et un p’tit quâ de beurreOu j’allons chieu su vot’ contre-huis (porte) »
chanteu ce soir-là les zenfants pauvres de Pleine-Fougère. Ceux de Montauban frappaient aux portes en crianwt : « Au guy anné, au gui l’an neuf ! » A ces cris, on sortait leur donneu un morciau de lard qu’ils enfileu sur un long bâton. A Janzeu, ça chanwteu :
« Pour une pomme,Pour une poire,Pour un p’tit coup à boireChez la mère CiboireQui vend des hausses de toileSu l’champ de foire »Autre versionAutre version :« Chantons Noë, ma bon-ne fon-me !Chantons Noë, vous et maïyePour une pomme, pour une poirePour un p’tit coup de cidr’à boireChantons Noë »
Extrait de « Bretagne, almanach de la Mémoire et des coutumes », 1981, Hachette
Joyeux Noël et Bonne année à tous !
Le Herveu Deulouard de Conqu’reu

