Ecrit le 20 mars 2011
ABRF : le PDG a démissionné, un nouvel essor ?
Jean-Luc Remondeau a démissionné vendredi 11 mars de son poste de PDG des ABRF tout en restant l’actionnaire majoritaire du constructeur de wagons de fret, aujourd’hui en panne de commandes. Il est remplacé par Éric Vinassac, président de Bernard Krief capital et, par ailleurs, membre du conseil de surveillance d’Arbel Fauvet rail, concurrent nordiste convoité un temps par la PME castelbriantaise mais finalement repris en juillet 2010 par le groupe indien Titagarh.
Bernard Krief capital se positionne sur « l’accompagnement des entreprises en situation difficile et l’assistance à leur redressement ». La société « intervient particulièrement pour le soutien des équipes managériales, la recherche de financements et de partenaires industriels français et étrangers » et « réalise des missions de communication pour des dirigeants politiques russes, ainsi que de stratégie et de lobbying pour des clients européens désireux de s’implanter ou de se développer sur les marchés russes ». Elle a joué ainsi un rôle de premier plan lors de la vente de Sambre-et-Meuse, filiale d’ABRF basée à Feignies (59), au conglomérat russe Uralvagonzavod (voir La Lettre API du 05/11/2010). Source : la lettre économique API
Situation économique : l’année 2009 a été difficile : avec une progression de 7,5 % du chiffre d’affaires, sans avoir augmenté ni le nombre de salariés ni leur rémunération, la société s’est trouvée en déficit de 790 458 € (voir ci-dessous les chiffres au 28 février des trois dernières années). Le manque de commandes de l’année 2010 n’a pas arrangé la situation …
| (au 28/02) | Chiffre d’affaires | Résultat | Salariés |
| 2008 | 21 522 640 € | - 76 702 € | 163 |
| 2009 | 48 402 070 € | + 960 143 € | 181 |
| 2010 | 52 075 364 € | - 790 458 € | 181 |
Source : les ABRF sur la lettre API : http://www.agence-api.fr/societes/a...
Ecrit le 18 mai 2011
ABRF : un mois
AORF est une holding spécialisée dans la réparation, la maintenance et la fonderie ferroviaire. Elle est constituée de trois filiales : ABRF Industries (ABRF) à Châteaubriant (44), SDH Ferroviaire (SDHF) à Saint Denis de l’Hôtel (45) et la fonderie Sambre et Meuse à Feignies (59).
AORF est en difficultés financières, avec un déficit de 2 640 672 € au 28 février 2010. Le 10 mai le tribunal de commerce d’Orléans a accepté de prolonger d’un mois la période de conciliation pour permettre au groupe de trouver de nouvelles commandes. En particulier au salon international de la logistique qui s’est tenu du 10 au 13 mai 2011 à Munich.
L’activité ferroviaire, qui regroupe un petit nombre d’entreprises en France connaît actuellement des difficultés liées d’une part à la faible activité du fret ferroviaire, d’une surcapacité de production au niveau européen et de la concurrence d’unités de production implantées en Europe de l’Est et d’autre part à l’attitude des grands donneurs d’ordre que sont la SNCF et la RATP, qui arbitrent souvent en faveur du plan de charge de leurs propres ateliers de maintenance. Par exemple, entre 2008 et 2010, les ABRF ont vendu 800 wagons porte-autos en Allemagne, et pas un seul en France.
Selon Thierry Mariani, propos tenus à l’Assemblée Nationale le 11 mai, le gouvernement a demandé à ses services de suivre particulièrement non seulement la situation d’ABRF à Châteaubriant, mais aussi celle d’Ansaldo-Breda à Cannes, d’ACC à Clermont-Ferrand et d’AFR-TITAGARH à Douai.
La forte mobilisation des services de l’État se poursuit, avec l’objectif de parvenir à réunir l’ensemble des conditions permettant à AORF de poursuivre son activité.
Une question à l’assemblée nationale : http://questions.assemblee-national...
Ecrit le 22 juin 2011
Un rapport parlementaire sur les ABRF
(Lu dans la lettre de l’API du 17 juin 2011) Parmi les propositions : permettre à ces La commission d’enquête parlementaire acteurs d’accéder à des garanties de finan- venue à Châteaubriant le 5 mai 2011 au cement, ou de bonne fin contractuelle pour sujet de la situation de l’industrie ferroviaire lancer, dès 2011, un programme de française, a rendu son rapport, très attendu construction de wagons, seul à même de en particulier par ABRF industries à Châ- sauvegarder le savoir-faire français. Ce teaubriant et ses 190 salariés, l’un des trois programme concernera également les opé- principaux constructeurs français de maté- rations de régénération de wagons afin riel roulant pour le fret avec Lohr industrie d’avoir une offre plus adaptée aux besoins dans l’Est et AFR Titagahr dans le Nord. des chargeurs (l’âge moyen du parc actuel est supérieur à 30 ans, voire à 40 ans concernant les wagons porte-autos) et de se conformer à des objectifs environne- mentaux essentiels (notamment, réduction des bruits de circulation par l’adoption de nouveaux systèmes de freinage). »
Les élus préconisent aussi « de mettre en place, dans les meilleurs délais, des solu- tions de préfinancement aux commandes de la filière de construction », à charge aux « pouvoirs publics » d’engager rapidement une initiative « pour que la SNCF, la Caisse des dépôts et sa filiale CDC envi- ronnement, le FSI et Oséo proposent en commun des formules adaptées ». Cette position est précisément celle que défend depuis des années Jean-Luc Remondeau, actionnaire majoritaire du groupe ABRF (La Lettre API du 09/07/2010)
Les auteurs soulignent la responsabilité de la SNCF et de ses nombreuses filiales spé- cialisées qui doivent « apporter au secteur un éclairage suffisant pour la partie des commandes qu’elle se doit d’adresser à nos industriels », ces derniers ayant « im- pérativement besoin d’une planification à cinq voire à dix ans, pour être à même de conserver en France un savoir-faire qui porte sur la conception de produits inno- vants et un outil de production industrielle capable de satisfaire des commandes complexes pour des séries significatives ».
Lire le rapport : http://www.assemblee-nationale.fr/1... enq/r3518.asp

