Ecrit le 19 octobre 2011
Cortège funéraire
17 octobre 61, la manifestation du FLN à Paris contre le couvre-feu est massive. Des milliers d’Algériens convergent des banlieues. La manifestation est réprimée dans le sang. On retrouve plus de 300 cadavres dans la Seine.
Face à ces « ratonnades » c’est l’indignation ! Papon, préfet de police, rétorque que « la police a fait ce qu’elle devait faire ! » (...)
7 février 1962, dix charges explosives [attribuées à l’OAS] secouent la capitale. L’une des bombes, destinée à André Malraux, ministre de la Culture, blesse grièvement une fillette de 4 ans, Delphine Renard. Le lendemain, 8 février, la population émue manifeste. Ils sont près de 60.000 à défiler. Vers 18h, au moment de la dislocation du cortège, au métro Charonne, la police charge, se déchaîne et s’acharne sur des manifestants anti-OAS qui se précipitent dans l’escalier de la bouche du métro. Quelques-uns tombent et se blessent. Les corps s’entassent. Les policiers interdisent tout secours. Pire ! Ils jettent des grilles de protection d’arbres, et une table de bistrot, sur les corps blessés ! Ils lancent des grenades lacrymogènes ! Neuf militants de la CGT ou du Parti Communiste sont assassinés. Parmi eux Anne-Claude Gaudeau, jeune nantaise de 24 ans, employée aux chèques postaux. Et Daniel Féry, 15 ans, apprenti. (...)
(Jusqu’à ce jour, aucun gouvernement n’a reconnu les assassinats, ni honoré la mémoire des victimes !)
(extrait du spectacle de la Sablière- octobre 2011)
Ecrit le 19 octobre 2011
Octobre à Paris
Il s’agit d’un film exceptionnel. Œuvre de Jacques Panijel, il a été réalisé dans la foulée de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris. Ce film intense et boule- versant, aussi incroyable que cela puisse paraître, n’a jamais été exploité en salles, même s’il a fait à plusieurs reprises l’objet de projections illégales. Arbitraire de la répression, tabassage meurtrier des manifestants, noyades délibérées dans la Seine, fusillades, suivis du parcage bestial au Palais des sports, des tortures sadi- ques des supplétifs harkis dans les caves de la Goutte d’or, des descentes pro- vocatrices dans les bidonvilles de la banlieue.
Ici on noie les Algériens, réalisé en 2011 par Yasmina Adi, jeune femme d’une trentaine d’années, est un complément qui actualise douloureusement la portée du film précédent (les témoins d’aujourd’hui, dont les veuves des victimes, attendent toujours la reconnaissance officielle du préjudice qui leur a été infligé).


