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Euthanasie : Silviane, en mémoire de sa fille

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Ecrit le 10 novembre 2010

 Le drame de l’euthanasie

Silviane écrit :

Le drame de l’euthanasie, je l’ai vécu car Coralie est décédée par euthanasie « sauvage » le 9 septembre 1993, atteinte d’une forme de cancer [similaire au cancer de Chantal Sébire].

Le pire du pire, c’est que l’euthanasie a été « ratée », le médecin n’ayant pas les « bons produits ». Comme elle ne « mourait pas », en désespoir de cause, il a été obligé de « l’achever » en l’étranglant de ses propres mains ! Son sang a giclé partout et sur les murs !

Cela fait donc 17 ans déjà que Coralie a fini de souffrir, qu’on l’a aidée à partir... euthanasie clandestine, illégale, à la maison... Rater sa vie, c’est beaucoup à 20 ans, mais rater sa mort, c’est TROP !

Étymologie du mot « euthanasie » : du grec, eu, bien, et thanatos, mort.

Euthanasie signifie « bonne mort » ou « belle mort ». Dans l’Antiquité, cet adjectif était utilisé pour qualifier une « mort réussie ». L’euthanasie consiste à procurer une mort douce, sans souffrance, à des malades qui subissent d’atroces douleurs, atteints d’une maladie incurable ou qui sont en état d’agonie.

Selon le dictionnaire Larousse : Doctrine selon laquelle il est licite d’abréger la vie d’un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances.

Le terme « euthanasie » a gardé une sinistre connotation à cause du prédateur fou Adolf Hitler et des assassins nazis qui, pour camoufler leurs actes criminels et se justifier, parlaient de « mesures euthanasiques » ! Ne mélangeons pas tout !

On pourra lire ce terrible témoignage ici :
http://www.abadennou.fr/accueil.htm

L’euthanasie reste un sujet tabou en France, du moins dans les discours officiels, alors que 94% des Français sont favorables à une loi autorisant l’euthanasie, selon un sondage IFOP/Sud Ouest Dimanche, contre 88% en 2001, 84% en 1997 et même 85%... en 1987. L’adhésion est assez massive, et ancienne, pour qu’on en tienne compte. Il faut surtout mettre fin à l’hypocrisie. L’euthanasie est pratiquée sans la nommer parce que ce n’est pas légal mais elle existe dans les établissements de soins, hôpitaux et cliniques. Alors soyons honnêtes avec la mort.

 La place faite aux malades

Un projet de loi du Parti Socialiste, en novembre 2009, a été repoussé, mais des élus reviennent à la charge, et de tous les bords politiques. Le débat prévu au Sénat le 16 novembre prochain a été reporté au 28 janvier 2011 : cela permettra d’y consacrer un temps plus long et d’examiner en commun la proposition de M. Godefroy ainsi que les textes similaires de MM Fouché (UMP) et Autain et Fischer (CRC-SPG). Dans le projet de M. Godefroy, signé notamment par Charles Gautier maire de St Herblain, il est écrit ceci :
Depuis quelques années et grâce à quelques évènements médiatiques, notamment l’histoire de Vincent HUMBERT qui a ému la France entière, la question de la fin de vie a pris une ampleur particulière et a provoqué de nombreux débats chargés d’émotion.

Ces débats ont permis des évolutions positives. Ils ont notamment conduit notre société à s’interroger sur la place qu’elle fait aux personnes malades et aux mourants alors que pendant longtemps, en France, comme dans d’autres pays essentiellement latins, on constatait un très grand déficit de la réflexion et de l’action sur la façon de développer la qualité de vie des malades et de répondre à la multiplicité des besoins des patients, souvent dépossédés d’eux-mêmes.

 Obstination déraisonnable

Ces débats ont également permis, grâce à la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, de consacrer le principe de l’obstination déraisonnable et le droit au refus d’un traitement ;

Et depuis peu, grâce à la loi du 2 mars 2010 créant une allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie, on peut faire bénéficier d’un congé rémunéré les personnes qui souhaitent accompagner, à domicile, un proche en fin de vie.

Ils ont encore permis le développement des soins palliatifs, même si trop peu de personnes y ont encore accès aujourd’hui et même si cela ne modifie en rien les tendances lourdes de notre système de santé et de son financement qui privilégie la réduction des durées d’hospitalisation et la réalisation d’actes lourds - tout le contraire des soins palliatifs !

La sédation terminale, qui est la technique la plus pratiquée dans les unités de soins intensifs, est loin d’être satisfaisante : cette méthode, qui consiste à « faire dormir le patient », n’est en fait qu’une euthanasie active que le médecin refuse d’assumer au plus grand préjudice de la personne concernée. De surcroît, la mort désirée par la personne malade ne survient qu’après une période qui peut être plus ou moins longue selon son état au moment de sa mise en sommeil, l’arrêt ou non de l’hydratation et les complications éventuelles. Certes cette solution satisfait à la demande du patient de ne plus vivre ; elle ne satisfait pourtant pas à celle, légitime, d’une fin de vie calme, rapide et digne.

 Laisser mourir

Aujourd’hui, notre législation permet donc de « laisser mourir », mais elle refuse toujours que l’on provoque délibérément la mort, même à la demande du malade.

Même si aujourd’hui, la loi prend un compte la plupart des situations, il reste toutefois la question des personnes dont l’arrêt du traitement ne suffit pas à les soulager, qui ne souhaitent pas être plongées dans le coma et demandent lucidement une aide active à mourir. Nous ne pouvons pas laisser aux médecins ni aux proches des malades le poids d’une telle responsabilité ; au contraire, nous devons l’assumer collectivement.

 Aide active à mourir

Dans un Etat de droit, la seule solution est celle de la loi : une loi visant non pas à dépénaliser purement et simplement l’euthanasie mais à reconnaître une exception d’euthanasie strictement encadrée par le code de la santé publique. Les exemples étrangers, notamment belges et néerlandais, montrent qu’il n’y pas à craindre de dérives si l’aide active à mourir est bien encadrée.

Tel est l’objet de la proposition de loi de M. Godefroy qui, tout en considérant la gravité de cet acte dont les conséquences sont importantes en termes d’éthique et de responsabilité, reconnaît à chacun le droit d’aborder la fin de vie dans le respect des principes d’égalité et de liberté qui sont le fondement de notre République.

 Garde-fous

Le texte de loi dit :
« Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d’une assistance médicalisée pour mourir ». Le projet précise les garde-fous : un collège médical vérifie le caractère libre, éclairé et réfléchi de la demande, les délais et même le contrôle a posteriori !

Bien sûr cette aide-à-mourir ne peut résulter que de la volonté de la personne, qu’elle l’exprime sur le moment ou qu’elle l’ait exprimé depuis longtemps, par un écrit ou par l’intermédiaire d’une personne de confiance. On peut aussi comprendre que certaines personnes soient hostiles à cette pratique, comme c’est le cas de Mme Maryannick Pavageau (récemment décorée de la Légion d’Honneur). Il faut laisser aux gens le droit de choisir la fin de leur vie.

(Lire le texte de loi ici :
http://www.senat.fr/leg/ppl09-659.html)

 

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