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L’alcoolisme culturel, les raisons de boire

Ecrit le 23 novembre 2016

Ce compte-rendu fait suite à un travail de terrain effectué à Châteaubriant du lundi 19 octobre au vendredi 23 octobre 2015 par Mélodie Renvoisé. Cette jeune infirmière, toujours en activité, et en même temps étudiante en sociologie, a pensé aux propos de ses collègues concernant les patients de Châteaubriant, « tous alcooliques » disent-ils. « Propos qui m’exaspèrent car souvent remplis de dédain. Les patients alcooliques génèrent effectivement des prises en charge difficiles pour les soignants. Mon attrait pour ce sujet a donc été mû par un désir d’aller voir si effectivement il y avait un « problème » d’ « alcoolisme » à Châteaubriant et aussi de savoir qui étaient les hommes, car ce sont souvent des hommes, qui se cachent derrière ces « mauvais » patients. Comment vivent-ils ? Comment boivent-ils ? » dit-elle.

[Tout ce qui suit est largement emprunté au mémoire de Mélodie Renvoisé. Laissons-lui la parole.]

J’ai choisi de m’intéresser à l’ « alcoolisme » à Châteaubriant et j’ai découvert que plusieurs structures prenaient en charge ce « problème » sur la ville. Un CSAPA (Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), une unité d’addictologie au sein de l’hôpital ainsi que deux associations d’anciens alcooliques : Vie-Santé-Libre et Alcool assistance la Croix d’Or.

 Sociologiser l’ « alcoolisme »

Aborder l’ « alcoolisme » peut-être dangereux en sociologie car c’est un objet duquel se sont emparés d’autres professionnels notamment les médecins et avant eux les hygiénistes. L’« alcoolisme » relève d’une catégorie médicale. Le sociologue peut cependant questionner l’ « alcoolisme » de multiples façons. Il peut s’intéresser aux contextes de consommation d’alcool et identifier différents types de pratiques. Il peut envisager les formes de sociabilité du « boire », les écarts et déviances par rapport à des normes de consommation, les comportements plus ou moins sanctionnés ou encouragés. Il peut questionner les évolutions des limites selon les sociétés, les périodes, les sexes...etc. Il peut également s’intéresser aux regards portés sur les conduites, aux conditions et aux effets de l’étiquetage, au jugement « normatif » qui désigne certaines consommations comme « normales » et d’autres comme « abusives » . Il peut chercher à définir quels sont les déterminants sociaux du boire (âge, sexe, génération, catégories sociales...etc.) ou envisager l’ « alcoolisme » sous l’angle des inégalités sociales de santé.

 Orientations choisies

Je me suis longuement interrogée sur les termes que j’allais utiliser dans mon enquête. Devais-je parler d’« alcoolisme », d’ « alcoolisation », de « consommation d’alcool », de « spécificités du boire » ? J’ai finalement choisi de parler d’ « alcoolisme » en me disant que ce mot relevait aussi du sens commun et qu’il serait intéressant de questionner quelles sont les définitions de l’« alcoolisme » selon les différents individus rencontrés.

Par ailleurs, j’ai également choisi de m’intéresser au « boire social » c’est-à-dire à la consommation d’alcool comme pratique sociale, sans chercher à questionner son caractère pathologique ou non en partant du principe que le sociologue n’avait pas à définir où se situe la frontière entre le normal et le pathologique.

 Choix des modes d’enquête

Mon idée était d’observer des pratiques de consommation d’alcool et de recueillir des discours sur l’alcoolisme. J’ai immédiatement pensé aller dans des bars avec l’idée qu’ils constituaient un lieu de consommation dans lequel je pouvais facilement observer des pratiques et dans lequel je pouvais éventuellement recueillir des discours par le biais d’échanges informels ou en écoutant des conversations. Le café est également un lieu dans lequel il est facile pour un enquêteur de rester de longs moments sans être perçu comme suspect, avec la possibilité de prendre des notes aisément sur papier ou sur ordinateur. Les bars sont également des lieux que je fréquente souvent car j’apprécie les modes de sociabilité qu’ils offrent et la diversité de la clientèle qu’ils drainent.

L’idée de découvrir ceux de Châteaubriant suscitait donc de l’enthousiasme chez moi. J’avais également prévu de faire des entretiens afin de recueillir des discours sur l’alcoolisme. Il n’était pas question de demander aux individus quelles étaient leurs pratiques de consommation d’alcool mais bien de questionner leurs représentations à ce sujet tout en cherchant à comprendre comment elles s’étaient construites.

 Enquêter à Châteaubriant

Les observations dans les bars m’ont permis de voir des individus consommer de l’alcool. J’ai pu noter s’ils étaient seuls ou accompagnés, définir sommairement certaines de leurs caractéristiques sociales, apprendre des choses sur le caractère habituel ou ponctuel de leur présence dans le lieu, observer comment ils étaient servis, ce qu’ils faisaient à part boire...etc. J’ai ainsi pu identifier des pratiques de consommation. Je suis entrée en interaction avec quelques clients ou serveurs alors même que je ne suis restée présente dans les lieux que peu de temps. Pour autant, je n’ai pas réussi à faire preuve d’assez de courage pour engager de véritables conversations avec les clients, m’installer à une table avec eux par exemple, ce que j’aurais pourtant pu faire il me semble. J’ai eu peur d’être « mal vue » par les serveurs. Je pense cependant que si l’enquête avait été plus longue j’aurais pu créer du lien avec certains clients, notamment avec « Jean » qui m’a saluée dés notre première rencontre, et ainsi en apprendre plus sur leurs pratiques.

La principale limite de l’observation dans les bars était de n’avoir accès qu’à un moment précis de la journée de ces hommes. Ce qu’ils faisaient avant ou après, je ne l’ai pas su. Il aurait fallu suivre plusieurs hommes tout au long de leur journée, ce qui semble difficile mais à mon avis n’est pas impossible. Il aurait fallu observer leurs repas par exemple et aussi multiplier les lieux d’observation.

J’avais pensé à l’hippodrome mais aucune course ne s’y déroulait durant la semaine. J’ai aussi été confrontée à la porte close du boulodrome. Concernant les entretiens, celui avec Maurice, alcoolique abstinent, a été particulièrement riche, il avait beaucoup de choses à dire. Son histoire constitue cependant un bon exemple de « carrière d’alcoolique » puis de militant anti-alcoolique. Les entretiens réalisés avec des médecins et infirmières à l’hôpital, présentent la limite de ne questionner que des personnels médicaux, surtout des femmes en l’occurrence. Il aurait été intéressant d’interroger des hommes, pour constater d’éventuels effets du genre sur les représentations, et aussi des professionnels d’autres services et des profanes. L’entretien informel avec un patron de bar permet cependant d’accéder à un autre point de vue.

 Boire de l’alcool : une pratique sociale et des déterminants sociaux

Questionner les pratiques de consommation d’alcool d’un point de vue sociologique implique de les considérer comme ancrées dans un contexte historique, social et culturel. Le détour par l’histoire est nécessaire pour comprendre quelle est la place de l’alcool dans notre société et quelles en sont les différentes représentations.

Quand elle retrace l’histoire du vin et de l’alcool en France, Véronique Nahoun-Grappe rappelle que le vin, « boisson sacrée dans la liturgie catholique », a longtemps été valorisé par les médecins qui en vantaient les vertus diététiques et en conseillaient la consommation quotidienne, coupé à l’eau. Selon elle, le fait de dire « santé » quand nous levons nos verres est une réminiscence de cette croyance alors même que le discours médical s’est inversé depuis. Le vin est également dans nos sociétés le symbole du succès, on trinque lors des réussites (obtention d’un diplôme, d’un nouveau travail), lors des alliances sociales (mariages, signature d’un contrat économique) ...etc. Il est aussi l’emblème des liesses populaires d’antan et des fêtes d’aujourd’hui.

Les boissons distillées ont quant à elles un statut différent. Bien que pendant longtemps elles aient été consommées pour leurs vertus « réchauffantes » et « restaurantes », leur usage a été condamné plus tôt par les autorités médicales. Si le vin peut constituer un substitut à l’eau lors de repas par exemple, ce n’est pas le cas des alcools forts.

La figure de l’ « ivrogne » n’apparaît qu’à partir du XIXe siècle, avec la naissance d’un prolétariat de masse. Les représentations sociales autour de l’alcool changent et le terme « alcoolisme » apparaît ainsi que les mouvements anti-alcooliques. Les nouvelles représentations allient consommation d’alcool et misère sociale, l’homme ouvrier devient la grande figure de l’alcoolisme. Pour Nahoun-Grappe « le lien entre précarité, misère et alcoolisation est à la fois un stéréotype et un fait » qui contribue à masquer d’autres formes d’alcoolisme comme l’alcoolisme bourgeois ou féminin.

La consommation de vin lors des repas, le fait de boire de l’alcool lors d’événements semblent donc relever d’une histoire commune en France. Les plus de 30 ans sont « tous des générations élevées dans la culture de l’apéro ». Pour autant, les pratiques de consommation diffèrent selon les contextes, le milieu social, le moment de la semaine. Il sera donc question ici d’essayer d’identifier différentes façons de boire de l’alcool.

 Identification de pratiques de consommation d’alcool à Châteaubriant

L’usage festif de l’alcool

Les soirées de jeunes entrent dans le cadre d’un « usage festif de l’alcool » même si l’on n’y boit pas. Même les abstinents ne contestent pas sa présence. « Apéro ! » a lancé une étudiante en se servant un jus de fruits. Il semble que la présence de l’alcool dans les soirées étudiantes apparaît comme une évidence, un allant de soi que j’interprète comme le fruit de l’intériorisation du boire comme générateur de bonne humeur et de fête et qui a toute sa place lors d’un événement.

Les modes de consommation d’alcool des jeunes se caractérisent par des consommations ponctuelles importantes et la recherche d’ivresse. Elles s’intègrent aux relations sociales et ne sont pas stigmatisées. Pour autant, toutes les fêtes étudiantes ne se ressemblent pas. La façon dont elles se déroulent et la place qu’y occupe l’alcool dépendent de nombreux facteurs : le lieu de la fête, l’âge et les caractéristiques sociales des personnes présentes, le jour de la semaine, la nécessité ou non de se lever le lendemain matin...etc. La place de l’alcool fait aussi l’objet d’une définition collective par le groupe.

Ce qui est intéressant à relever, c’est la recherche de médias dans les relations. Ce qui revient plutôt à interroger la question de la création du lien social mais qui dans cette situation interroge aussi la façon dont l’alcool peut devenir médiateur de relation. Pour Nahoun-Grappe, l’alcool peut être décrit en tant que « moyen délibéré d’enclencher la mécanique de l’échange entre partenaires en proie à des difficultés à se rencontrer ». De par son effet désinhibiteur, la consommation d’alcool est probablement un moyen de rapprocher et de créer du lien social.

L’usage quotidien d’alcool comme partie intégrante du mode de vie.

Jean a environ 80 ans. C’est un ouvrier à la retraite. Deux fois par jour, il se rend au café, seul ou accompagné de son comparse. Vers 10 heures le matin, il boit deux verres de vin blanc et vers 18h deux verres de rosé. Pour lui, boire du vin, c’est ingérer « un fortifiant ». Le personnel du bar ne demande pas à Jean ce qu’il veut boire. Dès lors qu’il a pénétré le lieu et s’est installé à sa table habituelle, le serveur s’avance vers lui avec la bouteille de vin et le verre à la main. Le rituel semble être toujours le même. Jean boit son premier verre, à un moment il prépare le paiement en alignant les pièces de monnaie sur la table, le serveur le voit, revient avec la bouteille, re-sert Jean et encaisse pour les deux verres. Jean boit le second verre puis s’en va.

Dans ce même bar, des hommes d’une quarantaine ou cinquantaine d’années viennent le matin consommer une bière ou un verre de vin. Ils n’échangent pas de mots avec le serveur, boivent leur verre rapidement puis s’en vont.

Dans un autre café, de nombreux hommes qui semblent pour la majorité avoir plus de 60 ans et pour certains même 80 ans, viennent en fin de matinée pour « retrouver les copains » autour de quelques verres de vin. Ils s’installent à plusieurs autour d’une table, discutent et rient. La serveuse ici aussi connait ses clients et ce qu’ils consomment, elle n’a pas besoin de prendre leur commande et vient les re-servir directement à table, la bouteille à la main. L’alcool « c’est de l’antigel » me dit l’un des clients, autrement dit ça réchauffe, ça fait du bien.

Ici, il ne s’agit pas d’une consommation d’alcool dans le cadre d’une soirée, d’un événement, mais d’une consommation qui semble s’inscrire dans la normalité d’une journée pour ces hommes dont certains se rendent tous les jours au bar. On retrouve dans leurs propos cette idée que le vin n’est pas mauvais pour la santé. Ces hommes ne repartent pas ivres du bar, ils ne titubent pas.

Selon le personnel médical enquêté, cette forme de consommation est caractéristique d’un « alcoolisme » du milieu rural, lié à un « phénomène culturel ». Il n’est pas forcément pathologique.

La consommation de vin au café avec les amis semble appartenir à leur mode de vie et l’on peut imaginer qu’ils ne l’envisagent pas comme pathologique. Cependant, on peut penser que si l’un des hommes s’écartait des normes de consommation fixées par le groupe (en buvant de l’alcool fort par exemple), il serait sanctionné par celui-ci.

 Pratiques visibles, pratiques invisibles

Une des difficultés d’un travail de terrain sur l’alcoolisme est que la consommation d’alcool, au même titre que l’alimentation, est une pratique qui ne se réalise pas forcément en groupe et en public. Cela pose la question de l’étiquetage et de la façon dont certains y échappent.

Alcoolisme populaire/alcoolisme bourgeois

Dans les bars, je n’ai vu que des hommes semblant appartenir à des classes sociales populaires ou classes moyennes inférieures. Ce sont aussi ceux qui passent dans les services d’urgences en état d’ivresse. D’une façon générale, l’alcoolisme est associé aux classes défavorisées.

Pour autant, la consommation d’alcool ne concerne pas que les classes populaires. Les personnes issues des classes supérieures consomment aussi de l’alcool mais sûrement d’une autre façon. Je pense par exemple aux repas d’affaires le midi, aux apéros après le travail, aux bonnes bouteilles de vin qui accompagnent un bon repas … etc. Il faudrait voir également si elles n’échappent pas plus facilement à l’étiquetage par l’institution hospitalière. On peut imaginer par exemple que le fait de venir du même milieu que leur médecin favorise une compréhension mutuelle, voire une connivence et une définition commune de ce qu’est le boire normal et le boire pathologique. Les stratégies pour cacher une éventuelle consommation excessive sont sûrement différentes également. De la même façon on peut noter la différence qui s’établit dans les représentations entre la bonne bouteille valorisée et le « gros rouge qui tache », tous deux restent cependant du vin et le taux d’alcoolémie après leur consommation est le même.

 La consommation d’alcool chez les femmes.

Durant la semaine de stage à Châteaubriant, en dehors de notre soirée d’étudiants, je n’ai vu qu’une seule femme consommer de l’alcool, une bière au café de l’Hôtel de Ville. Les autres buvaient systématiquement du café ou du sirop à l’eau, alors même qu’elles accompagnaient parfois leur conjoint qui, lui, consommait de l’alcool. L’ « alcoolisme » féminin ne semble donc pas s’observer au café (du moins en journée, en semaine, à Châteaubriant). Lors des entretiens effectués, la question de l’ « alcoolisme » des femmes n’a pas été évoquée spontanément pour deux des enquêtés. Maurice parlait des membres de son association sans faire de distinction de genre et le personnel médical, lui, ne m’a parlé que des hommes.

L’ensemble des enquêtes épidémiologiques souligne la sous-représention des femmes par rapport aux hommes en ce qui concerne l’ « alcoolisme ». Elles sont largement moins nombreuses à consulter dans les structures spécialisées, à être hospitalisées pour ce motif ou à mourir des complications de la consommation d’alcool

Pour Nahoun-Grappe, l’expression du malheur social est genrée, « à malheur égal, les figures sociales à disposition pour mettre en scène ce malheur et l’exprimer diffèrent ». Si les hommes sont plus prompts à tomber dans l’alcool, les femmes seraient, elles, plus sujettes à la dépression. La sobriété est également considérée comme une caractéristique intrinsèque de la féminité. Dans ce contexte, les femmes qui ont des problèmes avec l’alcool sont considérées comme appartenant à une catégorie à part. On peut dire que les pratiques des femmes diffèrent de celles des hommes quand il s’agissait de parler d’alcoolisme.

Pour Maurice, président d’une association anti-alcoolique, les femmes laissent moins apparaître leur dépendance à l’alcool : « C’est pas facile d’aborder le sujet [...] alors que chez l’homme ça va être plus direct ». « Il y a plus de déni chez les femmes ». Si elles sont effectivement moins nombreuses que les hommes à être admises aux urgences en état d’ivresse, sur les 24 membres alcooliques abstinents de l’association de Maurice, 10 sont des femmes.

Le personnel médical, cependant, connaît bien ces femmes d’une cinquantaine d’années, « des chroniques », qu’on voit « dépérir » au fil des années, souvent sans emploi et en proie à des conjoints violents et alcooliques. L’alcoolisme féminin existe bien mais reste moins visible car cantonné à la sphère privée du domicile, notamment pour les femmes des classes les moins favorisées. Il se distingue également de celui des hommes, qui constitue pour certains, on l’a vu, la « normalité » d’un mode de vie et l’affirmation d’une identité « virile »

L’alcoolisme féminin est peut-être plus facilement vu comme pathologique. Les « conséquences sont plus parlantes et plus difficiles » car « le corps réagit plus vite ». Peut-être est-ce aussi le regard de l’observateur qui crée ces différences.

 Les déterminants sociaux du boire

Ce travail de terrain m’a permis de dégager des hypothèses concernant l’influence de facteurs sociaux sur les pratiques de consommation d’alcool. Nous avons déjà vu plus haut qu’on ne buvait pas de la même façon selon qu’on est un homme ou une femme. Aussi, j’ai pu constater dans les bars que seuls les « blancs » consommaient de l’alcool quand les « noirs » et les « turcs » boivent du café ou des sirops. Il est impossible ici de s’interroger sur l’ensemble des facteurs influençant les pratiques de consommation. Il s’agira donc de questionner quatre de ces facteurs en les illustrant par les exemples observés ou discutés sur le terrain.

 L’effet de la situation géographique

On peut se demander comment le fait de vivre à Châteaubriant peut influencer les pratiques de consommation d’alcool, en établissant une comparaison entre le rural et l’urbain, la petite ville et la grande ville. Concernant les phénomènes d’hyper alcoolisation des jeunes, les admissions aux urgences pour alcoolisations massives chez les jeunes sont beaucoup moins fréquentes à Châteaubriant qu’à Nantes.

Ce n’est pas que les jeunes Castelbriantais consomment moins que les jeunes Nantais mais que les conséquences de l’alcoolisation diffèrent. On peut effectivement imaginer que l’offre de bars peut jouer sur les modes d’alcoolisation. Les jeunes Castelbriantais sont confrontés à une offre limitée de bars ouvrant le soir. Dans ce contexte, la consommation et l’éventuelle hyper alcoolisation doivent plutôt se dérouler à domicile, ce qui offre un environnement plus sécurisé pouvant expliquer les moindres passages aux urgences.

On peut se demander également si la solidarité entre jeunes n’est pas plus importante à la campagne, ce qui éviterait les abandons « dans le caniveau ».

A l’inverse, les patients « chroniques » semblent plus nombreux dans le milieu rural que dans les grandes villes. Sans pour autant que je sois capable d’affirmer ou d’infirmer ces propos, ils permettent cependant de soulever la question de l’influence du lieu d’habitation sur les pratiques des habitants.

Parmi les personnes interviewées durant la semaine de stage, nombreuses sont celles qui pensent qu’il y a bien un « problème d’alcoolisme » à Châteaubriant, que l’alcoolisme serait, dans la région castelbriantaise, « un fléau ». Le patron d’un café relève, quant à lui, « le niveau (élevé) d’alcoolisme à Châteaubriant ! », quand il constate que le V and B (chaine de vente d’alcool qui fait aussi bar) de Châteaubriant est celui qui fait le meilleur chiffre d’affaires en France. Les travailleurs sociaux font aussi ce constat. La gendarmerie semble plus nuancée « C’est vrai que ça consomme pas mal, peut-être, mais pas au point de conduire » ce qui laisse à penser que la consommation se ferait plutôt à domicile. Par ailleurs, la gendarmerie souligne les problèmes de violences intrafamiliales liés à l’alcoolisme.

 L’effet de génération

Les observations de pratiques de consommation et les propos recueillis après des personnes interviewées permettent d’envisager l’influence de l’âge sur les pratiques de consommation et les représentations de l’alcoolisme. On peut appréhender les écarts qui existent entre les jeunes Castelbriantais et les plus âgés par ce biais, en questionnant les effets d’une socialisation à des époques différentes.

Par exemple, on peut penser que ces hommes observés au bar ont grandi à une époque où la consommation régulière et/ou excessive d’alcool n’était pas

condamnée aussi vivement qu’aujourd’hui. L’appréhension de l’alcoolisme comme problème public, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est récente et se sacralise avec la loi Evin en 1989. Les hommes observés au bar n’ont pas évolué dans un monde rempli de messages de prévention au sujet des risques liés à la consommation d’alcool, des dangers de l’alcool au volant… etc. Mais aujourd’hui on est plus attentif à ces questions. On peut donc aisément imaginer que les pratiques de consommation des jeunes d’hier n’étaient pas les mêmes que celles d’aujourd’hui. Aussi, nous pouvons remarquer que les hommes observés au bar ne consommaient que du vin ou de la bière, quand les jeunes étudiants boivent des alcools forts lors de leurs soirées.

 Les temps sociaux du boire

On ne boit pas de la même façon selon les heures de la journée, le moment de la semaine, de l’année. Le regard que l’on pose sur les pratiques d’alcoolisation varie également selon le moment où elles se déroulent. Cela va contribuer à définir le caractère pathologique ou non de la consommation. Boire de l’alcool le soir est plus socialement admis que boire de l’alcool l’après-midi. De la même façon, boire du vin en mangeant ne renvoie pas aux mêmes représentations que boire en dehors des repas. Il en va de même pour la consommation le week-end et en semaine. A quantité égale d’alcool ingérée, le regard réprobateur diffère selon les temps sociaux. Cela ressort des entretiens effectués durant la semaine à Châteaubriant.

Pour ce patron de bar, il est aussi question du temps de la consommation. Boire la journée et finir « beurrés » le soir venu est un comportement qu’il condamne chez les autres patrons de bar. Aussi, pour Maurice, ancien alcoolique, c’est quand la consommation a lieu dès le matin qu’elle devient un symptôme de la « maladie alcoolique ».

 Les lieux de consommation

Les lieux de consommation influencent également les pratiques. Par exemple, dans tel café, des hommes viennent seuls boire un verre de bière le matin. Dans tel autre, les hommes viennent plutôt en groupe boire plusieurs verres de vin. On a vu aussi que selon qu’elles se déroulaient à domicile ou en extérieur, les alcoolisations massives des jeunes n’avaient pas les mêmes conséquences.

Lors de la semaine sur Châteaubriant, j’ai pu échanger brièvement avec un groupe d’hommes qui consommaient de l’alcool, a priori de façon quotidienne, derrière une superette dans le centre ville.

10h45 cinq hommes sont derrière le Carrefour Market, ils viennent souvent ici. Plusieurs fois dans la semaine, j’ai effectivement vu des hommes boire de l’alcool à cet endroit. Quand je passe près d’eux, l’un d’entre eux qui a le visage très marqué par l’alcool (couperose importante sur les joues) me dit : « Dîtes madame (en désignant un autre homme) c’est pas un alcoolique ça ! Il préfère que je lui offre une bouteille de vin plutôt qu’une bouteille de gaz ! ». Ils sont effectivement postés à l’endroit où se trouvent les bouteilles de gaz vendues par le supermarché. Je lui réponds « je ne sais pas, mais moi je n’ai pas besoin du gaz chez moi, alors j’aimerais autant qu’on m’offre une bouteille de vin ». Il rit et moi aussi. Les hommes n’ont ni verre ni canettes de bière à la main. Pourtant, je vois qu’ils ont en leur possession une bouteille de vin rosé et deux canettes 50 cl de bière. Nous avons un échange informel. Je relève qu’à un moment, l’homme avec qui j’échange, dit « je ne fais rien... enfin si j’ai deux travails ». Je le questionne à ce sujet. L’homme me dit avoir en fait deux sources de revenus : le RSA   et l’argent provenant d’un travail (au noir ?). En tout environ 900 euros par mois. Je n’ai pas vu ces hommes qui consommaient de l’alcool à plusieurs dans la rue faire la manche. Pour autant, ils m’ont renvoyé une image de la précarité bien plus forte que ceux qui allaient consommer dans les bars. Ils étaient plus jeunes, plutôt 40-50 ans et bien plus marqués physiquement par l’alcool au niveau du visage. Peut-être que ces hommes n’avaient pas les moyens de consommer de l’alcool dans les bars et que c’est pour cela qu’ils en achetaient en superette et le consommaient dehors. Cela me renvoie également au fait que voir des hommes boire dehors, debout, une canette à la main n’a pas le même impact que de voir des hommes consommer un verre, assis dans un bar. Ici, le lieu de consommation a une influence sur la perception que l’on se fait de la consommation d’alcool.

 Du normal au pathologique : la construction sociale d’une catégorie de jugement.

Si jusqu’à présent, j’ai essayé d’interroger la consommation d’alcool en tenant à distance son caractère pathologique, il convient cependant de traiter cet aspect. Nous avons abordé le fait que la consommation d’alcool est plus ou moins stigmatisée selon le sexe du consommateur, le moment de la journée ou le lieu de consommation. Il conviendra d’interroger ici la façon dont se construit la catégorie de jugement qui définit ce qu’est l’ « alcoolisme », c’est-à-dire la consommation d’alcool considérée comme « pathologique », qui s’écarte du « boire comme tout le monde », qui n’est pas « normale ».

 Des définitions de l’alcoolisme qui ne font pas forcément consensus

a. Celles de la médecine

Comme nous l’avons dit en introduction, l’ « alcoolisme » est d’abord une catégorie médicale. Ce mot a été inventé en 1849 par un médecin suédois qui faisait le constat de troubles organiques liés à la consommation d’alcool. En France, le Dr Fouquet définit en 1951 l’ « alcoolisme » comme « la perte de la liberté de s’abstenir » . L’ « alcoolisme » entre dans les troubles psychiatriques répertoriés dans les manuels de psychiatrie. L’accent est mis sur la quantité ingérée considérée comme « abusive » c’est-à-dire dépassant un certain nombre de verres par jour et par semaine ; et sur la « dépendance » évaluée selon un certain nombre de critères subjectifs comme par exemple le fait de ressentir « un désir puissant et compulsif de consommer », et d’autres plus objectifs comme « la survenue d’un syndrome de sevrage quand le sujet réduit ou arrête l’utilisation de la substance ». L’ « alcoolisme » est considéré comme un problème de santé publique en France. L’OMS (Office Mondial de la Santé) indique qu’il s’agit de la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac avec 49000 décès en 2014 et l’une des premières causes d’hospitalisation.

De nombreuses campagnes de prévention pointent les méfaits de l’alcool, responsable de maladies, d’accidents de la route, de violences...etc. Ces messages de prévention sont omniprésents, à la télévision, sur les bouteilles d’alcool elles-mêmes, sur les routes, dans les salles d’attente des médecins...etc. Pour autant, on peut se demander comment ces messages et ces définitions de l’ alcoolisme sont appropriés par les individus ? Et par les personnels médicaux eux-mêmes ?

b. Analyse des discours des interviewés : définitions et causes de l’ « alcoolisme »

A partir des entretiens, je vais tenter de voir quelles sont les définitions de l’ « alcoolisme » des personnes interviewées et tenter de comprendre comment elles ont forgé leurs connaissances à ce sujet.

Pour Maurice, être « alcoolique », c’est « boire seul », « ne plus avoir besoin des autres », et surtout « quand le manque se fait sentir dès le matin ». Ici c’est bien le mode de consommation qui définit l’alcoolisme pour Maurice, couplé à l’apparition du « syndrome de sevrage » décrit par les médecins. Maurice différencie l’ « alcoolisme » et la « maladie alcoolique ». Pour lui l’« alcoolisme » c’est la consommation d’alcool que d’autres considèreraient comme « normale » comme boire deux verres de vin à table par exemple. « La maladie alcoolique » constitue le stade supérieur, c’est quand « on n’a plus besoin des autres », que « le manque se fait sentir dès le matin » et que la consommation se fait donc seul dès la première heure de la journée.

Maurice dit être tombé dans l’alcool parce qu’il était « dépressif ». La chaine causale s’est effectuée dans ce sens : la perte d’un emploi et les conséquences de celle-ci notamment en termes d’isolement ; une dépression qui l’a conduit à s’isoler d’autant plus et pour finir la maladie alcoolique. Parallèlement, Maurice travaillait sur des chantiers dans le bâtiment et buvait avec ses collègues de boulot du muscadet dés 9h. Aussi, il nous dit qu’il avait installé un bar dans son garage dans lequel il invitait ses amis. Maurice a particulièrement bien intégré les définitions médicales de l’ « alcoolisme ». Il parle de maladie, de manque, oriente les usagers de son association vers l’hôpital ou les structures de post-cure. Il se fait également le relais des médecins en distribuant des prospectus de prévention. En devenant militant anti-alcoolique Maurice a dû assimiler des connaissances sur ce sujet et il est devenu en quelque sorte à son tour soignant.

Un médecin relève les effets d’une socialisation dans un milieu rural où l’alcool faisait partie du mode de vie.

Pour lui, il y a d’abord ceux qui consomment pour « le côté festif » dans un premier temps, les jeunes, mais chez qui « ça devient régulier ». Chez ces personnes, le problème avec l’alcool n’est pas avoué. Ensuite, il y a ceux qui « commencent à avoir des soucis familiaux, professionnels » et qui (du coup) « tombent dedans ». Enfin, il y a « le phénomène culturel ». Il fait référence ici à la consommation des personnes vivant dans le milieu rural, et qui correspond à la réalité de nombreux Castelbriantais. C’est le vin coupé à l’eau qui remplace l’eau à table, le fait de considérer que le vin et la bière ne sont pas de l’alcool, le fait que les hommes se retrouvent l’après-midi pour en consommer comme les femmes consomment le café. Pour lui cette catégorie ne semble pas relever du pathologique et les problèmes sociaux arrivent avant l’alcoolisme.

Chacun de nous connaît dans son entourage une famille où le père et le fils boivent un litre de vin par jour à eux deux, mais c’est parce que c’est comme ça ! Et ils prennent l’apéro hyper-souvent et pour nous du coup il n’y a rien de très anormal là-dedans. Le rapport à l’alcool et aux alcooliques est donc influencé par le milieu dans lequel nous avons grandi.

D’autres médecins parlent d’alcoolisme à partir du moment où il y a dépendance et modifications visibles : il y a des « méfaits physiques » ou « des conséquences importantes sur la santé ». Pour un soignant il y a deux catégories d’alcooliques : Les premiers sont « ceux qui identifient une cause » et pour qui il y a eu « une réaction en chaine ». L’alcool peut être la cause ou la conséquence d’une perte d’emploi, d’un divorce… ou les traumatismes d’une « enfance difficile » : « on ne naît pas tous sous la même étoile ». La seconde forme d’alcoolisme est celle « du milieu rural ». Boire de l’alcool tous les jours, « c’est la normalité pour eux, c’est comme ça ». Cela concerne des gens plus âgés qui ne sont pas admis pour des alcoolisations massives comme les jeunes.
En Bretagne, il y avait la tradition du cidre à table que l’on servait même aux enfants, de la goutte mise sur les gencives des nourrissons pour soulager leur mal de dents.

« Carrière d’alcoolique » : de la définition par autrui à la reconversion identitaire.

 Le processus d’étiquetage

L’un des aspects ressortant souvent des entretiens est la question du « déni ». Maurice parle des femmes qui laissent moins paraître leur dépendance et avec lesquelles aborder le sujet de l’alcoolisme se fait de façon moins « directe » qu’avec les hommes. Ce déni peut être aussi celui des jeunes qui commencent à « tomber dedans ». Parler de « déni » m’invite à penser que la qualification d’alcoolique passe dans un premier temps par autrui.

Aujourd’hui, l’alcoolisme est considéré comme un problème public et les médecins s’en sont emparés. Ils le définissent par le biais des manuels de médecine et proposent des solutions pour le traiter. Ainsi, le passage par l’institution hospitalière peut-être considéré comme la première étape de l’étiquetage qui qualifie un individu d’ « alcoolique ». Dans l’histoire de Maurice, c’est une consultation chez son médecin traitant qui l’a conduit à réaliser une première cure de sevrage et ensuite à être suivi par un médecin spécialiste, un addictologue.

Ce processus par lequel un individu devient un « alcoolique » ne peut cependant pas se faire sans qu’il consente à être considéré comme tel et qu’il accepte les solutions proposées.

 Les « bons » et « mauvais » patients

Lors des entretiens réalisés avec les professionnels de santé, la question du consentement du patient est souvent ressortie comme gage d’une prise en charge efficace et comme critère permettant de définir le caractère « bon » ou « mauvais » du patient. Les « bons patients » sont ceux qu’on peut « raisonner ». A l’inverse les « mauvais patients » sont ceux qui veulent partir et qu’on n’arrive pas à raisonner. En effet, s’ils sont hospitalisés, les patients sont sous la responsabilité de l’hôpital. Ils ont souvent la même demande : aller fumer dehors. Par peur de la « fugue », le personnel est alors obligé de les accompagner ce qui est particulièrement « chronophage » surtout quand ces demandes interviennent toutes les 5 minutes. Dans ce contexte, il est souvent nécessaire de sédater, voire de contentionner les patients, en particulier lorsqu’ils font preuve d’agressivité verbale et physique.

Au total, la compliance du patient est vivement recherchée par les soignants et des stratégies sont mises en place pour l’obtenir. Non sans questionnement éthique. Le personnel est affronté à des choix difficiles : « on n’est pas Dieu quoi, on peut pas non plus décider de tout pour les gens en prétextant que c’est bon pour eux ». Comment prendre en charge « une souffrance qu’on ne peut pas soulager avec une perfusion » et qui se révèle quand certains patients reviennent « tout le temps » pour le même motif ? Cela pose la question d’une éventuelle qualifi-cation à l’avance des personnes « alcooliques » comme « mauvais » patients.

Alors même que la qualification de l’alcoolisme en « maladie » avait pour but de déculpabiliser les patients, aujourd’hui les campagnes de prévention tendent à responsabiliser les individus en les prévenant des dangers potentiels de tel ou tel comportement. Une façon de dire « on vous avait prévenu » et donc « c’est de votre faute si vous êtes malade ». Le fait que cette « maladie » ne se soigne pas par la simple injection d’un médicament contribue à rendre sa prise en charge difficile et aléatoire pour les soignants.

 Redéfinition de l’identité

La qualification d’un individu comme « alcoolique » passe par un processus d’étiquetage qui commence par une définition par autrui. Si l’on envisage ce processus comme un continuum, on peut dire que le stade ultime est celui où le patient se considère lui-même comme « alcoolique » et accepte cette nouvelle identité sociale. L’individu est alors un « malade », qui doit recevoir des soins et se plier à ce que l’institution médicale lui propose.

Pour Maurice, on peut dire que ce processus est particulièrement abouti. Il se définit comme « alcoolique abstinent ». Cela va même plus loin car, avec la création de son association, toute sa vie est organisée autour de cette identité sociale qu’il utilise pour faire de la prévention et aider efficacement les autres personnes alcooliques.

 Conclusion

Au total, ce travail effectué sur cinq jours peut être considéré comme le début d’une phase exploratoire d’une recherche en sociologie. Il permet cependant d’aborder quelques unes des nombreuses façons de questionner sociologiquement la consommation d’alcool. D’abord comme pratique sociale multiple, c’est-à-dire influencée par des déterminants sociaux et donc variable en fonction des contextes, des lieux, des caractéristiques sociales des consommateurs...etc. Il permet aussi de s’interroger sur la façon dont on peut observer ces pratiques mais aussi questionner celles qui ne se donnent pas à voir.

Le deuxième aspect de ce travail fait penser l’ « alcoolisme » comme relevant d’un processus d’étiquetage et pose la question de l’étiquetage et de ses effets sur l’identité des individus.

Pour poursuivre, il serait intéressant de se focaliser sur les manières de boire, envisagées comme révélatrices des modes de relation entre les individus, des rapports de pouvoir qui régissent leurs interactions. Par exemple, la relation médecin-patient alcoolique pourrait être envisagée sous l’angle des rapports de domination. Il serait intéressant d’observer si le milieu social d’origine du patient (et du médecin) influence les pratiques médicales, le processus d’étiquetage, les solutions proposées...etc. Questionner le « boire » deviendrait alors un prétexte pour observer de façon plus large les relations entre individus et au final révéler d’autres aspects de la vie sociale.

(Source : mémoire de sociologie de Mélodie Renvoisé)

Un dossier fort intéressant : celui de l’INSERM-Alcool