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Cancers des riches et cancers des pauvres

Ecrit le 15 février 2017

On n’en finit pas de dresser la liste des risques liés aux inégalités sociales. Y compris les risques de cancer !

 189 144 cas

Une étude publiée mardi 7 février 2017 par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) confirme qu’il existe bien un déterminisme social à certains types de cancers. Afin de dresser la carte de ces risques, l’Inserm a analysé les registres territoriaux des cancers sur un échantillon de 189.144 personnes, de 16 départements différents, toutes atteintes par une tumeur entre 2006 et 2009. Parmi elles, 78.845 étaient des femmes. L’objectif de ce travail était de quantifier l’influence de l’environnement socioéconomique sur l’incidence des cancers en France.

Les éléments qui déterminent l’environnement socioéconomique sont multiples et dépendent du capital financier, culturel et social des individus. Même si le dernier diplôme acquis, les revenus ou la situation professionnelle apparaissent souvent comme de bons indicateurs de cet environnement, ils ne peuvent le résumer. Pour en avoir une vue plus objective, l’étude a adopté l’indice EDI (European Deprivation Index) permettant de mesurer la défavorisation sociale de manière comparable entre les différents pays européens.

Selon cette analyse, première du genre, il apparaît que l’environnement social défavorisé est, chez les hommes, davantage propice au développement des cancers du larynx (30%), des lèvres-bouche-pharynx (26,6%), du poumon (19,9%) et de l’œsophage (16,7%).

Chez les femmes, moins menacées dans l’ensemble, la part de cancers des lèvres-bouche-pharynx représente 22,7% des cas, celle du col de l’utérus 21% et celle de l’estomac 16,4%.

Pour Joséphine Bryère, chercheuse à l’Inserm, « la détermination sociale de certains facteurs de risque, comme la consommation de tabac, les expositions professionnelles ou les polluants atmosphériques, explique sans doute une partie importante des différences observées ». A ces cancers « populaires », il faut aussi ajouter ceux du foie, de l’estomac, du pancréas et de la vessie qui tendent à devenir fréquents dans les populations défavorisées, complète le coauteur de l’étude, le Pr Guy Launoy (Inserm-Caen).

« Dans les couches aisées de la population, le risque de cancer se répartit autrement ». En effet, les tumeurs les plus représentées chez l’homme sont celles de la prostate et du testicule, tandis que chez la femme dominent celles du sein et de l’ovaire. Les cancers du mélanome sont également répandus. Si ces cancers sont si représentés dans les milieux favorisés, et spécifiquement ceux de la prostate et, dans une certaine mesure, ceux du sein, c’est sans doute parce que les pratiques de dépistage sont plus fréquentes dans ces milieux, expliquent les experts de l’Inserm. Et qui dit dépistage fréquent, dit sur-diagnostic. Quant aux fréquences élevées de cancers de l’ovaire, du testicule ou du mélanome dans les classes aisées, rien ne les explique de façon vraiment satisfaisante.

 15 000 cancers évitables

En revanche, s’il est un enseignement qui se dégage nettement de cette étude, c’est que « près de 15.000 cas de cancers pourraient être évités en France chaque année en améliorant les conditions de vie et la promotion de la santé dans les populations les plus défavorisées ».

Adresse de l’étude :