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La magie des banquiers

Ecrit le 15 février 2017

par Rudo de Ruijter, Chercheur indépendant, Pays-Bas

Si vous ne savez pas comment fonctionnent les banques, vous ne pourrez jamais comprendre le monde. Sortir de l’argent du chapeau. Ça, bien sûr, les banquiers ne savent pas faire. Mais ce qu’ils savent faire, c’est sortir des nombres du chapeau et faire croire à tout le monde que c’est de l’argent !

Le truc a des conséquences énormes pour notre société. Car lorsqu’on peut tromper les gens si facilement et lorsqu’en plus on se fait payer grassement pour ça, on ne veut plus arrêter. On peut faire travailler les gens pour soi, on peut faire agir des politiciens pour défendre votre cause et on peut conduire toute la société au doigt et à l’oeil pour mettre en circulation toujours plus de ces nombres lucratifs. Et tant que les gens ne comprennent pas d’où viennent leurs problèmes, les banquiers pourront tranquillement continuer à nous faire travailler pour eux. Et au fil du temps toujours davantage.

 Acheter une voiture

Caractéristique du système bancaire actuel, c’est la création d’avoirs pour des prêts. Cela se fait avec une simple écriture : le banquier met simplement la dette de l’emprunteur côté actif et un avoir correspondant côté passif. Autrement dit, la banque comptabilise le prêt comme une reconnaissance de dette mutuelle. L’em-prunteur reconnaît qu’il doit une somme à la banque et la banque reconnaît en échange qu’elle doit la même somme à l’emprunteur. Le bilan de la banque reste en équilibre et l’emprunteur dispose d’un avoir maintenant. Dans la science financière les avoirs bancaires sont également désignés comme « near money » (« presqu’argent »). Avec un avoir bancaire on ne peut pas payer. On peut donner ordre à la banque de payer pour nous.

Exemple : Jean veut acheter une voiture et emprunte 2000 euros à la banque. Le banquier écrit 2000 € comme dette de Jean et 2000 € comme avoir de Jean. Jean n’a toujours pas d’argent dans son porte-monnaie. Mais maintenant il dispose d’un avoir bancaire avec lequel il peut ordonner sa banque de payer la voiture pour lui. Il donne cet ordre électro-niquement avec sa carte bancaire.

 Ya pas d’sous dans la banque

La plupart des gens pensent que, si la banque nous doit de l’argent, c’est qu’elle l’a cet argent. Puisque nous plaçons notre argent à la banque et qu’elle prend soin de nos paiements, pas vrai ? Eh bien, voyons cela de plus près.

A la banque, nous avons des avoirs, de l’argent virtuel. Nous pouvons donner des ordres à notre banque pour exécuter des paiements : par carte bancaire, chèque, encaissement automatique, formulaire de virement. Lorsque la banque paye quelque chose pour nous, une partie de notre avoir disparaît. Jeu d’écriture.

En réalité, les banques n’ont que très peu d’argent. Pour chaque euro qu’elles doivent à leurs clients, elles n’ont que quelques centimes. Le reste de l’argent n’existe pas. Ni quelque part dans un coffre fort, ni à la banque centrale. Pratiquement tout ce que nous avons dans nos comptes bancaires c’est de l’air ou du vent, comme vous voulez.

D’ailleurs, pour constater cela vous n’avez même pas besoin d’avoir accès au coffre. C’est tout simplement publié dans les rapports annuels des banques. Voici un extrait du rapport annuel de la banque ING de 2011. La caisse de la banque et l’argent qu’elle a chez la banque centrale font ensemble 28 milliards. Les avoirs des clients s’élèvent à 479 milliards. Divisez 28 par 479 et vous obtenez : 0,058 . Cela veut dire que la banque n’a même pas 6 centimes pour chaque euro qu’elle doit à ses clients. Dans la colonne de droite vous pouvez voir que ce rapport était encore pire en 2010. Fin 2010 elle n’avait que 2 centimes pour chaque euro qu’elle devait aux clients.

Le peu d’argent que les banques ont, sert à la fois aux paiements entre banques et à fournir de l’argent comptant aux clients qui en demandent. Et si un jour la banque n’a pas assez d’argent, les clients en seront simplement pour leurs frais.

 En résumé :

Un avoir bancaire est un contrat individuel entre une banque et un client. Dans l’économie les avoirs bancaires ont largement pris la fonction de l’argent. Nous n’empruntons pas d’argent, mais nous recevons un avoir bancaire, autrement dit, une reconnaissance que la banque nous doit encore l’argent. Et bien qu’en théorie nous avons le droit de réclamer l’argent, la banque n’a qu’une infime portion de ce qu’elle doit à ses clients. Le reste de l’argent n’existe pas.

Lorsque nous donnons un ordre de paiement à notre banque, une partie de notre avoir disparaît et notre banque paye le montant à la banque du bénéficiaire.

Le bénéficiaire ne reçoit pas d’argent. À la place il reçoit un avoir de sa propre banque.

Le monde de la banque repose sur de la tromperie et de l’escroquerie. Les gens pensent emprunter de l’argent, mais les banquiers se moquent d’eux avec des nombres sortis du chapeau.

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Source : courtfool.info