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Du sucre dans ma baignoire

Ecrit le 22 février 2017

 Du sucre dans ma baignoire

Les Canadiens consomment en moyenne 444 mL de boissons sucrées par jour et par habitant, ce qui représente, en un an, l’équivalent d’une baignoire (162 litres) ! La consommation est encore plus élevée chez les jeunes, qui en ingurgitent en moyenne 578 mL quotidiennement, soit 16 cuillères à café de sucre raffiné. Un apport massif, pointé du doigt pour son impact sur des maladies chroniques.
Une étude de Santé publique Ontario (SPO) et de l’Université de Waterloo portant sur 40 829 boissons et aliments préemballés vendus au Canada, a révélé que 66 % des produits examinés contiendraient au moins un sucre ajouté dans leur liste d’ingrédients.

Les recherches ont porté sur 30 termes différents associés à l’ajout de sucre, « sucre », « dextrose », « sirop de maïs à haute teneur en fructose », « glucose », « fructose » et « jus de fruit concentré ». Les fruits et légumes frais, les viandes fraîches, les ingrédients crus (p. ex. eau, ingrédients à boulangerie, café, thé, matières grasses et huiles) et les produits non alimentaires (comme les produits de santé naturels, et les suppléments alimentaires et protéiques) ont été exclus de l’étude.

« On s’y attendait : nous avons trouvé beaucoup de sucres ajoutés dans les bonbons, les produits de boulangerie sucrés et les boissons gazeuses. Mais nous avons également trouvé des sucres ajoutés dans les produits fréquemment qualifiés d’option « santé », y compris les barres de céréales et le yogourt. De plus, près de la moitié de toutes les préparations pour nourrissons et aliments pour bébés que nous avons examinés contenaient du sucre ajouté »

Les sucres ajoutés sont sources de préoccupations particulières parce qu’on tend à les consommer en plus grande quantité que les sucres d’origine naturelle qu’on trouve par exemple dans les bananes ou le lait. Selon les chercheurs, des sucres ajoutés peuvent également être ajoutés à des boissons et aliments qui contiennent habituellement peu de sucre, sinon aucun. 

 Quelques (mé)faits :

Grignotines et sucreries : 12 534 aliments examinés, dont 86 % faisaient état d’au moins un type de sucre ajouté.

Boissons : 3 161 boissons examinées, dont 78,7 % faisaient état de sucres ajoutés.

Yogourt : 1 003 aliments examinés, dont 73,8 % faisaient état de sucres ajoutés.

Préparation pour nourrissons et aliments pour bébés : 530 aliments examinés, dont 47,7 % faisaient état de sucres ajoutés.

Des groupes canadiens, américains et internationaux recommandent de limiter sa consommation de sucres ajoutés à un maximum de cinq à 10 % des calories consommées quotidiennement.
La consommation de quantités excessives de sucres est associée à une variété de problèmes de santé. Pour les 25 années à venir, elle pourrait causer 63 000 décès et coûter 35 milliards d’euros.

Bon nombre d’organismes de la santé, y compris l’Organisation mondiale de la Santé, ont récemment recommandé de limiter sa consommation de sucres ajoutés à un maximum de cinq à 10 % des calories consommées quotidiennement.

Problème : « À l’heure actuelle, il est très difficile de détecter la présence de sucres ajoutés en consultant l’information nutritionnelle imprimée sur l’emballage, et impossible de déterminer la quantité de sucres ajoutés que contiennent les produits préemballés. Santé Canada a récemment proposé des changements à l’étiquetage nutritionnel, par exemple l’inclusion, à l’endos des emballages, de « feux de circulation » indiquant la teneur en sucres du produit, de façon à aider les consommateurs à repérer les produits à forte teneur en sucres ajoutés.

Source :
En France, la situation n’est pas reluisante non plus. En juin dernier, 60 Millions de consommateurs a analysé 192 produits, et trouvé des « quantités insoupçonnées » de sucre dans des produits sucrés et salés... Et la conclusion allait dans le même sens que celle des chercheurs canadiens.
En France, un arrêté publié le 18 janvier 2017, a interdit les fontaines à soda en libre service dans les enseignes de restauration, les clubs de vacances, les établissements scolaires. La chasse aux sucres inutiles est lancée, et le mouvement semble prendre de l’ampleur.