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Restau 2002-2003

Ecrit le 18 décembre 2002 :

La misère a doublé

Le restau du cœur de Châteaubriant a rouvert ses portes le mardi 10 décembre 2002 dans l’incertitude et l’inquiétude.

Incertitude : quelques jours avant l’ouverture, le responsable Daniel MARTIN a appris que la CANA, qui mettait gracieusement son local à disposition depuis deux ans, a loué à un commerçant qui, le 9 décembre, la veille de l’ouverture, a annoncé qu’il souhaitait récupérer les lieux tout de suite. « Nous ne partirons pas, sauf si nous trouvons un local convenable » a dit l’association locale qui a sollicité la mairie et la Communauté de Communes à ce sujet. Rappelons que la ville de Châteaubriant avait le projet d’acheter ce bâtiment et que les choses traînent ...

Inquiétude : en voyant le nombre d’inscrits « bénéficiaires » du restau du cœur (il y a des « bénéfices » dont ces familles se passeraient bien !) : 67 familles sont inscrites au 10 décembre 2002, soit 208 personnes [l’an dernier : 40 familles et 103 personnes].*

118 enfants

Sur ces 67 familles, 31 viennent pour la première fois, 20 sont venues l’an dernier, 16 familles viennent depuis deux ans et plus. Sur les 208 « bénéficiaires » il y a 118 enfants (contre 55 l’an dernier).

On peut donc constater deux choses :

16 familles venant depuis plus de deux ans, sur tout le pays de Châteaubriant  , ce n’est pas grand chose. On peut donc dire qu’il n’y a guère de familles qui s’installent dans une solution « d’assistanat »

31 nouvelles familles, 105 personnes de plus, 53 enfants de plus : cela manifeste un doublement de la misère à Châteaubriant.

Il faut savoir que le barême pour avoir droit aux restau du cœur est assez faible. Tout est examiné : les ressources, les charges (sans tenir compte des emprunts pour télévision ou voiture) et il est pris en compte ce qui reste pour admettre ou non une famille au restau du cœur.

À 6 heures du matin

La montée de la misère, sensible à Châteaubriant comme au niveau national, se double d’une autre difficulté : le manque de produits à distribuer : 130 produits différents l’an dernier, une centaine cette année.

« A Châteaubriant, cela ne se fait pas trop sentir car une équipe de bénévoles et de bénéficiaires du restau fait régulièrement, à six heures du matin, les lundis, mardis et vendredis, la tournée des grandes surfaces et des boulangeries. De plus nous avons notre jardin du cœur qui nous a permis de récolter 5 tonnes de produits frais : pommes de terre, poireaux, échalotes, choux pomme ». Un état précis de cette collecte est envoyé à Nantes qui en tient compte dans l’approvisionnement que la centrale nantaise fournit à Châteaubriant car « le restau, c’est le partage » dit Daniel Martin.

Deux fois par semaine, l’hiver, a lieu la distribution aux familles : produits pour bébés, légumes frais, légumes en boite, desserts, produits laitiers, beurre, café, huile, farine ... et même des fleurs et des brosses à dents ! Pour les denrées périssables, il s’agit de produits qui arrivent à la limite de fraîcheur et que les grandes surfaces donnent plutôt que de les détruire. Pour le reste il s’agit de dons.

50 bénévoles

50 bénévoles participent à cette action (mais s’il n’y a plus de local, il n’y aura plus de restau). Ce qui est remarquable, c’est qu’un certain nombre de « bénéficiaires » participent aussi à ce bénévolat au service des autres. Ils participent aux collectes matinales, ils cultivent les 2300 m2 du terrain qui fournit les légumes frais. « C’est une réinsertion par le travail » dit Daniel Martin « et je peux vous dire que les bénéficiaires sont heureux de travailler, et qu’ils viennent à l’heure ».

Motoculteur promis

L’avenir ? Il va dépendre maintenant d’un nouveau local, d’une surface supplémentaire de 700 m2 attribuée au jardin du cœur, et aussi d’une pompe thermique (pour arroser) et d’un motoculteur pour travailler la terre. « la mairie de Châteaubriant nous l’a promis depuis le printemps, nous avons fourni un devis, nous attendons toujours » dit Daniel martin. Mais cela devrait arriver : devant les journalistes, Monsieur-le-maire-cher-Alain s’y est engagé !

On peut quand même s’étonner que pour une dépense d’un si faible montant, il soit nécessaire d’attendre des mois ! cela fait partie de toutes les choses promises et non tenues ... Le « social » ne semble pas être une préoccupation de la nouvelle municipalité. BP  

Intercampagne :

Le restau du cœur de Châteaubriant n’est ouvert que l’hiver. Mais les gens ont besoin de manger toute l’année : 43 familles en très grande précarité (moins de la moitié du RMI) ont bénéficié, entre le 10 avril et le 10 décembre, de 34 distributions. Chaque famille a reçu l’équivalent de 4 repas par semaine, à partir d’un approvisionnement fourni par le centre départemental des restau du cœur, et par les collectes que continuent à faire les bénévoles, tout l’été.

Dans les cas d’urgence, il est fourni un panier de dépannage, une fois tous les 15 jours. Il y a eu ainsi 1276 paniers de dépannage.

- 4 repas par semaine
- un colis de dépannage par quinzaine .... on ne peut pas dire que les « bénéficiaires » des restaus du cœur sont des privilégiés !

(*) 6 nouvelles familles se sont inscrites le mardi 17 décembre 2002