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Roland Feuvrais, de Tournebride à l’ALC

Ecrit le 3 mars 2010

 Roland Feuvrais, de Tournebride à l’Amicale Laïque

Michel Bourgine, Paul Bonnier, Solange Leroy, Jean-Claude Orrière, Roland Feuv

Roland Feuvrais est né en août 1951 à Tournebride, village de Chazé Henry, à côté des mines de fer. Cinquante-neuf ans plus tard il accède à la Présidence de l’ALC (Amicale Laique Castelbriantaise). Parcours …

A Tournebride, Maman Feuvrais était mère au foyer : six enfants, en 8 ans, elle ne manquait pas d’occupations ! Papa Feuvrais, était journalier, il était employé dans deux ou trois fermes par semaine, là où on avait besoin de lui. Son rêve : une ferme à lui. Mais déjà, à l’époque, on ne prêtait pas à ceux qui n’étaient pas riches.

 Notre univers : la nature

« Notre univers c’était la nature, les voisins qui venaient chercher du lait et des œufs chez nous et à qui nous livrions des tombereaux de fumier pour amender leur jardin » se souvient Roland avec bonheur. « Le dimanche, le père cultivait son jardin et nous amenait avec lui : nous avons sauté les fossés à la perche, nous avons fait la course avec le père (avec ses sabots de bois il courait plus vite que nous), nous avons grimpé aux arbres et fait de l’accro-branches avant que ce loisir devienne à la mode. C’était pour nous la période d’insouciance. J’en ai gardé un souvenir lumineux et une bonne connaissance des arbres et des plantes ».

« Nous n’avions pas de voiture bien sûr. Les parents avaient chacun un vélo et une carriole qui pouvait transporter trois enfants quand nous allions dans la famille à St-Michel-et-Chanveaux. Nous savions marcher à pieds ! Nos sorties c’était le dimanche : la messe où mon père s’endormait régulièrement, et ensuite la belote avec les copains, au café ».

« Nous vivions en autarcie : les légumes et les fruits du jardin, la volaille. Nous faisions même notre cidre. Nous menions les vaches paître au champ. J’ai gardé le souvenir de toutes nos cavalcades en liberté. ». A l’école du village un vieil instituteur, M. Quittet, assurait l’apprentissage de la lecture. « Même maladif, emmitouflé dans une grande écharpe, il n’a jamais manqué ! ». En ce temps-là les instituteurs étaient très proches : « plusieurs fois l’instituteur de CM2, M. Guéguan, est venu dire aux parents qu’il fallait nous laisser aller au collège. Le directeur M. Bertrand, qui était aussi secrétaire de mairie, a insisté de son côté. ».

« Chez nous, les livres d’école étaient sacrés. Nous les couvrions soigneusement et nous les rendions en très bon état. Le soir, pendant la traite des vaches, nous les enfants, nous défilions auprès de Maman pour réciter les tables, les listes de verbes, les conjugaisons »

Un jour le rêve devint réalité : grâce à la solidarité de proches, la famille a pu prendre une ferme de 17 ha à Armaillé, en location bien sûr. « Nous allions à l’école à pieds la plupart du temps, 4 km aller, 4 km retour. Un jour nous avons eu des vélos : le ferrailleur voisin les offrait aux parents, quand il en trouvait de bons, en échange d’un poulet ou de lait ». Puis ce fut le collège de Pouancé. « Mon frère aîné, Serge, est parti le premier. Les autres ont suivi ».

Le collège de Pouancé était très familial. Mlle Dudouet gérait la cantine. « Elle était rigoureuse, équitable, juste, généreuse. Elle a toujours privilégié le dialogue avec les jeunes ». Ce collège fut, pour Roland, un premier saut dans un monde inconnu. « Le directeur, M. Arrivé, avait lancé un club de théâtre : j’ai joué le rôle d’Oreste dans la pièce Andromaque. M. Arrivé avait aussi créé un club de foot. C’est là que j’ai découvert le monde associatif. Nous n’avions toujours pas de voiture, les dirigeants venaient nous chercher à la maison ».

Le plus grand bouleversement eut lieu en arrivant au lycée de Châteaubriant où Roland se rendait après un parcours à vélo et transports scolaires. « J’avais tout à apprendre ! Je ne savais pas aller boire un café avec des copains, je n’avais aucun argent de poche. Taciturne, j’avais du mal à m’intégrer. Et je manquais totalement de vocabulaire courant. A la maison, à table, nul ne parlait. ».

Au lycée, Roland découvre qu’il est difficile de suivre si on ne travaille pas assez, mais il décroche le baccalauréat et passe le concours d’instituteur remplaçant. Car il a toujours aimé s’occuper de groupes d’enfants. En attendant d’être appelé, il multiplie les petits boulots. Et puis voici le premier poste : St Nazaire pour une semaine. « Je m’y suis rendu avec ma valise et mon sac de couchage. Je n’avais ni véhicule, ni logement. Heureusement la solidarité des collègues m’a sauvé ».

Puis ce fut Ruffigné, où Solange Leroy était directrice. « C’est avec elle que j’ai appris mon métier et avec l’inspecteur primaire, M. Fontaine, un formateur extraordinaire. C’est là aussi que j’ai découvert le plaisir de lire ». L’année suivante, toujours suppléant, Roland passe dans une bonne vingtaine d’écoles ! Itinérant sans voiture, vivent les transports en commun. Puis ce fut La Grigonnais, et St Vincent des Landes, et enfin l‘école de Béré et l’école des Terrasses à Châteaubriant où il peut être titularisé en 1978.

 Qu’a-t-il voulu faire dans l’enseignement ?

La réponse est rapide, sans aucune hésitation : « J’ai voulu que les enfants viennent à l’école avec plaisir, j’ai voulu leur apprendre à vivre ensemble, à se respecter, à aider les plus faibles qu’eux. J’ai voulu leur apprendre à apprendre, en faire des citoyens éveillés, capables de s’interroger, de réagir face aux injustices ». Roland a travaillé pour « faire avancer l’enfant » sans donner la priorité à l’élite. Parmi ses nombreuses activités, notons l’opération « Sablière » : les enfants écrivant, travaillant un poème à dire en public au micro, devant 2000-3000 personnes. « Il m’a fallu parfois lutter contre des parents me disant : mon fils ne pourra pas faire cela. Le gamin bégayait dans la vie ordinaire. Le jour du spectacle, il dit son texte sans accrocher une seule fois. J’en avais les larmes aux yeux ».

Roland est en retraite maintenant. Fidèle au monde associatif, il a été joueur de foot, puis représentant-jeune au Conseil d’Administration de l’Amicale Laïque. Il y a retrouvé, comme présidents successifs, Jean-Claude Orrière, Michel Bourgine, Paul Bonnier, Solange Leroy « Tous, ils ont marqué ma vie, d’une façon ou d’une autre ».

 Président de l’Amicale Laîque

Le 20 février 2010 eut lieu la passation de pouvoir officielle entre Solange Leroy et Roland Feuvrais, au cours d’une cérémonie amicale en hommage à Solange Leroy.

Solange Leroy, Roland Feuv

« Nous sommes réunis ce matin pour honorer la fidélité, le dévouement de Solange au service de notre « Chère Amicale ».
Arrivée à la direction de l’école publique René Guy Cadou en 1973, Solange, tu seras successivement :
- L’un des piliers de la section théâtre que tu représenteras plusieurs années en étant membre du Conseil d’Administration.
- secrétaire générale de l’Amicale Laïque en décembre 88 et reconduite, six ans de suite, à ce poste clé, sous la présidence de Paul Bonnier.
- Puis élue présidente de l’ALC en décembre 96, responsabilité que tu assumeras efficacement jusqu’à notre A.G de décembre 2009.

Voilà donc plus de 20 ans que tu œuvres, et je sais que tu continueras (…). Pour toi Solange, mais aussi pour toi, Joseph, [son époux représentant la section foot au CA, pendant une bonne dizaine d’années], que de souvenirs ! Quand on vous dit que l’associatif, le bénévolat…. c’est une histoire de famille !

Que ce soit sur un stade, autour d’une piste, en foulant un praticable, un parquet, en montant sur les planches, en pagayant en plein air, en discutant devant un écran, en supportant ses sportifs favoris, en organisant diverses festivités et manifestations, le bénévolat est aussi une histoire de passions avec des soucis, des émotions bien sûr et surtout beaucoup de bonheur !

Et ce matin, précisément, au milieu de vous, représentants des sections, des supporters, des écoles, je ressens sincèrement ce sentiment de bonheur en accueillant les anciens présidents que j’associe à ce même éloge.
- Jean Claude Orrière, années 70.
- Michel Bourgine, en décembre 1985.
- Paul Bonnier, en décembre 1987.
- Solange Leroy, en décembre 1996.

Ils ont été pour moi, et resteront, les moteurs, les catalyseurs de mon engagement, dans les milieux associatifs, voire syndicaux et politiques, me transmettant tour à tour et dans le désordre :
- L’enthousiasme, la conscience professionnelle.
- La disponibilité, le souci de formation.
- La responsabilité, le respect de l’autre.

Roland Feuvrais, Solange L

Ce sont ces valeurs qui font l’identité de l’Amicale Laïque. Elles permettent de former à travers nos activités sportives et culturelles ouvertes à tous, accueillant les plus démunis, assurant l’égalité des droits, des citoyens libres dans une société laïque qui œuvre au développement de l’école publique, qui contribue à l’épanouissement social et à la formation civique.

Je vais conclure en souhaitant que notre association reste

AMICALE ET CONVIVIALE
LAIQUE ET DEMOCRATIQUE
SOLIDAIRE ET CITOYENNE

Ici et là, partout dans la cité
Que vive la laïcité !