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Radio FMR

suite aussi de la page 355

Ecrit le 22 mai 2002

« La Brigade » a parlé aux jeunes

« La violence a pris le pas
Ce sont les flingues qui mènent la danse
Et nombreux sont ceux qui ont appris le pas
Ce sont les flingues qui mènent la danse »

Où étiez vous donc, gens de la ville, politiciens de toutes couleurs, conseillers municipaux, ce soir du 25 mai 2002 ?
- ... à voir Paris Combo au Théâtre de Verre   ? De la chanson et du jazz bien policés, c’est sûr. Le Théâtre était plein. Il est oublié le scandale des premières années du jazz, cette musique de sauvages venus d’outre-atlantique chantant leur désespoir et leur colère ...
- ... à suivre le « Mondial de l’Eurovision ? ». De la musique pour l’Europe entière, avec mise en scène, paillettes et grands orchestres. De la chanson bien policée pour donner l’illusion d’une communion entre les peuples ?
- peut-être étiez-vous, quelques-uns, à l’écoute de Radio FMR, FMR ça voulait dire ce soir-là : Fréquence Modulation, Rencontres   . Il y avait un concert de rap  , en public. Très peu d’adultes dans la salle, mais beaucoup de jeunes du quartier de la Ville aux Roses et une ou deux jeunes filles du « Conseil Municipal des Jeunes », autour de « La Brigade ». Non, ce n’était pas la Brigade de Gendarmerie comme certains l’avaient compris, c’était des jeunes de couleur, de 22 à 27 ans qui ont pris le nom de « Brigade » « parce que nous voulons montrer que nous sommes pour l’ordre, pour briser le cercle de la haine ».

Que ça change

« Il faut que ça change ?
Mais qu’est-ce que tu fais pour que ça change ? »

Ils sont pour l’ordre, oui, mais ils ont adopté la musique et les rythmes des jeunes de notre temps, pour leur parler dans leur langue. « Nous utilisons la musique pour amener un message positif. Le rap  , le hip-hop ; c’est un moyen pour les auditeurs d’en retirer des réflexions sur le monde. C’est un moyen pour remettre en cause le monde, mais nous remettre en question nous aussi ». Eh oui, ils ont dit ça

Ils ont expliqué ce qu’est le « rap   » cette musique qui n’est pas de notre génération. « Il y a le hardcore, musique crue, qui permet de recracher son dégoût, son mal-être. Il y a aussi le rap   réfléchi, c’est le nôtre, qui ne se contente pas de gueuler que ça ne va pas et qui cherche à apporter des solutions ». Il y a ainsi toutes sortes de « rap   », chacun peut inventer le sien, il n’y a pas de norme. C’est un moyen d’expression comme un autre. Certains préfèrent les divans des « psy ». Autres générations, autres pratiques, question financière à la clé.

« Le rap   c’est le reflet de la société. On y trouve des gens aigris, des gens à problèmes qu’ils n’arrivent pas à dépasser, et d’autres qui positivent. C’est ce que nous voulons faire, nous, à la Brigade » Et leur disque « le cercle de la Haine » dont il vient de sortir un « clip » pour la télé, et qui sera tourné en film l’été prochain, montre comment des jeunes sont happés par leur propre violence et comment il est possible d’en sortir.

Inutilisable

« On parle beaucoup de la violence qu’il y a dans certains quartiers, car cette violence-là est quantifiable, visible, à notre porte. Le gars qui a eu son autoradio emporté, il chiffre aussitôt les dégâts, mais quand on lui parle de la délinquance en col blanc, celle qui détourne des millions et jette les salariés à la rue, là il ne bronche pas car ces chiffres le dépassent »

« La violence, elle est partout, à la télévision, au cinéma, et au journal télévisé. Les chefs de gouvernement quand ils veulent régler leurs problèmes, ils envoient leurs flics sur les manifestants anti-mondialisation-libérale, ou leurs chars sur le camps de réfugiés de Jénine : le jeune, il n’est pas encore bien structuré, il est en phase de mimétisme, il comprend vite que seule la force fait la loi dans le monde et que la non-violence à la Gandhi, à la Martin Luther King met beaucoup plus de temps pour régler des situations de crise » disent les jeunes rappeurs de La Brigade dans un langage châtié.

« C’est vrai, nous n’aimons pas utiliser les gros mots, nous manions la syntaxe, la grammaire, nous n’hésitons pas à employer les métaphores et les allitérations ». Inattendu ? Non ? Et il n’y a pas de raison pour que les propos de ces jeunes soient plus faux que ceux des politiciens.

Il a beaucoup été question de la violence qu’on légitimise, celle des petits chefs qui ne respectent pas leurs employés, celle des actionnaires qui mettent des salariés à la rue. « Y a-t-il plus grande violence que celle d’être considéré comme inutile et inutilisable ? »

Recadrer la jeunesse

Le respect de la femme a été aussi un point de discussion, d’actualité puisque, récemment encore, des jeunes collégiens, du côté de Lyon, ont violé collectivement une jeune fille. « Vous parlez de respect aux jeunes ? Mais ceux-ci voient que les publicités utilisent des femmes dénudées comme objets de désir et arguments de vente. Ils enregistrent qu’il a fallu des lois pour pousser à la parité et obliger (et ce n’est pas respecté !) à payer les femmes au même salaire que les hommes pour un travail égal. Que la société cesse donc de montrer le mauvais exemple aux plus jeunes ».

Pour les gars de « La Brigade », les jeunes doivent être encadrés, orientés. « Mais les politiciens ont-ils le réel désir de recadrer leur jeunesse ? Ou bien préfèrent-ils la rejeter ?. C’est drôle, (ou plutôt ça ne l’est pas), les politiques viennent dans les quartiers quand ils ont besoin qu’on se mobilise pour eux, et le reste du temps on ne les voit pas venir discuter avec les habitants, naturellement »

« La violence, c’est aussi la violence verbale, qui est le moteur de la violence physique. Il faut apprendre à dialoguer quand il y a un problème, avant de cogner, avant que n’arrive une violence physique qui ne fait qu’aggraver les choses. Priver quelqu’un de sa parole, c’est en faire un mort-vivant »

Pour terminer, les jeunes de la Brigade ont parlé des « voies de la Maat ». La Maat est une divinité de l’Egypte antique, déesse du bien, de l’équité. « Que chacun de nos pas tâche de marcher sur le chemin de l’authenticité et de la justice »

Si vous étiez à l’écoute de votre radio, vous avez pu entendre tous ces propos. Dommage pour vous, vous n’avez pas suivi ce qui se passait dans sa salle « en live » comme on dit (= en vrai). Quand ces jeunes se sont mis à chanter, ce fut le déchaînement, les corps qui se déhanchent, les bras qui se dressent « tous contre le FN   », un défoulement de vitalité, de joie (car ces jeunes souriaient en chantant), qui surprend comme ont surpris, autrefois, le rock’n roll et Johnny Halliday, avant que leur musique devienne « classique ». A l’arrière, le disc-jockey avait les doigts qui dansaient sur la platine-disque, donnant du rythme au chant en faisant tourner le disque avec ses mains (le diamant spécial permet la lecture du disque en avant comme en arrière) en jouant de manière heurtée avec les curseurs de l’amplificateur. Un rythme et un spectacle incroyables auxquels il n’était pas possible d’être insensible tant la joie collective était communicative.

Des jeunes du quartier de la Ville aux Roses étaient là, ils appréciaient beaucoup. Certains ont chanté leur désespoir d’être traités de « bronzés »...mais ils sont restés calmes, trop calmes peut-être, on aurait voulu les voir déchaîner aussi leur corps au même rythme, faire sortir d’eux-mêmes toute cette force inemployée ...

Et quand la soirée fut finie, chacun s’en est reparti, apaisé. Politiciens de la ville, vous auriez dû être là, près de votre jeunesse car « chaque société a la jeunesse qu’elle mérite »

B.Poiraud.


CD : Radio FMR

Après la semaine radio « radio FMR » qui s’est déroulée en mai 2002, l’association Rencontres   édite deux CD à 6 € chacun. L’un reprend les meilleurs moments des émissions musicales en public avec Ganja’s (chanson du coin), Paytabod (Rock), Nomad’s Land (swing jazz), La Brigade (Rap  ) et les conteurs Lolo et Alberto.

Le second CD est une promenade sur la planète : Bolivie, Turquie, Portugal, Japon, Roumanie, Irlande.

En vente à Rencontres  , 3 allée Messager à Châteaubriant ou au 02 40 81 16 50


Ecrit le 19 mai 2004 :

Radio FMR
Du mardi 25 au dimanche 30 mai 2004

Deuxième édition de la semaine Radio FMR, à l’initiative   de l’association Rencontres  , autour d’une grille de programme variée. Les établissements scolaires, les associations et de jeunes animateurs vous invitent à venir assister aux émissions en direct .

L’essentiel des journées de 10h à 20h sera réservé aux écoles, collèges et lycées et aux associations culturelles et humanitaires. Vous retrouverez tous les jours :

- Dès midi, l’équipe des animateurs qui ont coordonné la semaine annoncera le déroulement de la journée

- Vers 12h30, les BAVAR, équipe de jeunes du collège de la Ville Aux Roses vous concoctent un programme mélangeant interview, passions, découvertes,...

- A 16h, découvrez un musicien du coin et son instrument.

- A 18h, « Couleur locale » vous informera sur l’actualité culturelle régionale.

Puis à 19h, dans TOTEM, des acteurs locaux parleront de littérature jeunesse, théâtre, atelier d’écriture et ... habitats.

Quelques exemples d’émissions
avec les écoles et les associations

« Paroles intergénérationnelles » entre les enfants de l’école de la Trinité et les adultes de l’Orpac   : souvenirs, échanges et émotions (mardi 25 mai 14h30)

« Musique par les enfants » : huit jeunes filles ont choisi leurs morceaux préférés, de Tragédie à Sibel, écoutez leurs enthousiasmes (mercredi 26 mai : 14h)

« Survol de la Bolivie », des jeunes filles vous offrent un voyage au cœur de la musique sud américaine, accompagnées de Françoise et Carlos, musiciens passionnés de charlengo, de quena et de sempona. (mercredi 26 mai 17h)

Un petit tour au jardin avec le Crfa pour écouter ce que les gens racontent au « Lavoir des racontars » (jeudi 27 mai : 13h30)

Paroles d’école et d’enfants... (jeudi 27 mai : 14h30)

AHOJ, Trois lycéennes vous emmènent en voyage en République Tchèque : laissez-vous porter par leurs histoires et vous voudrez vous aussi découvrir ce pays. (vendredi 28 mai : 11h)

« Pèle Mêle de collégiens », vendredi 28 mai à 15h, paroles variées d’adolescents

Samedi 29 mai, une émission enregistrée exceptionnelle en compagnie des Fabulous Trobadors : Ange B et Claude Sicre, musiciens toulousains, potes de Zebda et du Massilia Sound System de Marseille, initiateurs de la tchache franco occitane. Interview de Claude, qui présentera leur dernier album « Duels de Tchache et autres trucs du folklore toulousain » sorti chez Tôt ou Tard, label de Vincent Delerm, Thomas Fersen et Jeanne Cherhal notre agitateuse à couettes, fille du pays et désormais à la capitale. Mais les Fabulous, c’est aussi l’asso Escambiar, le carrefour culturel Arnaud Bernard, le Forum des Langues, les discussions de rues : ça bouge dans les quartiers toulousains !

Dimanche 30 mai à 14h : Meriem, Joséphine, Mathilde et Bertrand Tavernier, rencontre exceptionnelle, émission enregistrée lors de la venue du cinéaste à Châteaubriant, autour de ses films et de ses engagements.

Dimanche 30 mai à partir de 16h30, place aux associations.

En soirée : plus de musique

Comme pour la première édition, les groupes, les chanteurs et chanteuses, auteurs compositeurs interprètes participeront aux émissions en direct et en public : Venez nombreux .Entrée libre

Mardi 25 mai : Ototo un duo formé de Doudoule déclamant, slamant sa poésie avec à ses côtés un guitariste local actif et bien connu dans le pays de Château, Tetess à la folk et au chant.
Mercredi 26 mai : Natty Smiling, groupe basé à Nantes distillant une fusion reggae.

Jeudi 27 mai : Méli Mélo, la chorale locale qui depuis quelques années se promène de scènes en scènes...

A suivre Chapo Bas, formation confirmée de la scène rennaise : accordéon, guitare, clarinette et contrebasse. « Chapo Bas fredonne des portraits croisés au hasard des rues, une poésie du quotidien grinçante et festive ». Morsure Croc-nik, rap   ragga nantais bien trempé, évoluant au sein du collectif Kontrat Dixion, collectif d’artistes qui promeut et défend la culture Hip Hop : Eveil des consciences au programme.

Vendredi 28 mai : Uztaglote (émission enregistrée) : ça monte, ça monte pour Lise, Olivier et Fabien venus de la prolifique scène Nantaise de la chanson : piquant et plein d’humour.

Juste après, un chanteur étonnant, Antoine Jannault, dans la tradition des chanteurs à texte, présentera un répertoire d’une maturité rare pour un jeune homme de son âge, des chansons qui sentent bon le cabaret, puisque c’est dans ces lieux qu’il apprend ....

Samedi 29 mai : Zigwan, ska reggae, jeune formation rennaise. Ils sont dix, ils ont des valeurs celles de la paix, l’unité, le voyage... et de la fête. Ils l’ont déjà prouvé, il y a quelques mois, à la Bodega.

DJ pour la nuit

Tous les soirs, à partir de 22 heures, DJ et Sélecteurs venus des quatre coins du département et de Châteaubriant vous feront découvrir de multiples horizons : electro dub / broken house / rap   US / Hard Tech / Stepper / Roots Reggae... Disques vinyles recommandés ! avant de retrouver les nuits musicales et thématiques de M. Zéro-P.

Dimanche 30 mai : pour clôturer la semaine, venez danser. Radio FMR sort sa grosse sono dans le studio. Tous les DJ sont invités...

La Radio se trouve au local de l’Amicale Laïque,
place Ernest Bréant à Châteaubriant

Contact : Rencontres  , 3 allée Messager 44110 Châteaubriant 02 40 81 16 50 ou ass.rencontres@free.fr


Ecrit le 3 juin 2004 :

Radio FMR ... c’est trop super !!

Six jours de radio à Châteaubriant avec l’association Rencontres   en maître d’œuvre : comment les résumer ?
- de l’humour avec Tinmar et Nervé et leurs chroniques quotidiennes type micro-trottoir déjanté
- de l’info avec les collégiens de la Ville-aux-Roses
- de l’émotion avec Valérie, la violoncelliste
- des découvertes musicales en direct allant du hip-hop à l’accordéon, de la chanson française au reggae
- et plein d’autres moments mais je ne pourrai pas tout citer !

Les Cultures à l’écoute

C’était le titre de la semaine et tous ceux qui sont passés au studio ou ont écouté la radio ont pu vérifier l’éclectisme de la grille.

- Si l’objectif était de créer du lien : c’est réussi !
- S’il était de favoriser la rencontre entre les habitants du territoire, c’est aussi réussi.
- Je ne suis plus objectif car j’ai passé beaucoup de temps sur cette semaine culturelle mais la chose que je retiendrai est qu’ils ont osé.

Ils ont osé faire le pari de donner la parole aux associations, aux écoliers, aux personnes qui avaient des coups de cœur à partager. Toutes ces personnes l’ont fait et plutôt avec plaisir (étant donné l’ambiance qui régnait dans le studio).

Après ce petit point de vue, venons-en à des données plus précises. Pour Régis et Clotilde, les deux principaux animateurs du projet, Radio FMR représente six mois de travail dont quasiment deux à temps plein en comptant la semaine de radio.

Régis tient à souligner que l’équipe de Radio FMR est l’ensemble des associations, écoles et habitants qui ont participé.

Une des difficultés du projet a été le nombre réduit d’animateurs dans l’équipe de coordination.

Cela entraîne beaucoup de fatigue car beaucoup de contacts, rencontres  , enregistrements, découpage, montage...

Mais Régis avoue que pendant cette semaine, il a vraiment eu l’impression de rendre service à la population du castelbriantais et de se faire plaisir en même temps.

Deuxième expérience

Quand on essaie de comparer la radio FMR de 2002 et 2004, ce qui ressort le plus pour Régis c’est :

2002 égale tout plaisir du studio et 2004 est plus professionnel. L’équipe a essayé de réfléchir en pensant à l’auditeur et à ce qui pourrait être à la fois intéressant et agréable pour lui.

Ludo, qui a géré la technique, s’est employé à expliquer à chaque personne qui allait intervenir les gestes importants pour la communication entre la table et la technique et a réalisé un travail formidable pour gérer tous les groupes qui sont passés en direct.
Toute l’équipe espère que cela s’est senti à l’antenne.

Outil

Les professeurs et instituteurs semblent avoir apprécié l’outil radio. En effet, certaines classes passaient une partie de la matinée à préparer une revue de presse : la radio est alors un support à l’expression orale et au français, à l’histoire et à la géographie...

Ce point représente une des grandes satisfactions de l’équipe coordinatrice.

La suite
Et après, l’expérience sera-t-elle renouvelée ?

Pour Régis, cette question appartient plus à la population qu’à l’association Rencontres  . Si tous les gens qui ont participé estiment qu’il faut recommencer, il faudra qu’un groupe plus important se monte pour coordonner le projet. A voir...

Personnellement, je trouve ceci souhaitable et nécessaire pour Châteaubriant et ses environs d’avoir des initiatives qui « boostent » la vie culturelle sur une période donnée. Et je pense ne pas me tromper en disant que certains ont vécu des choses inoubliables cette semaine, la radio a permis de créer un petit moment magique où la RENCONTRE avec l’autre dépasse tout ce qu’on attendait et où le temps reste en suspens...

Un grand merci à tous ceux que je n’ai pas cités mais qui ont travaillé dans l’ombre pour réaliser cette semaine (modeste et géniale à la fois !!!)

Rappelons les coordonnées de l’association qui a plein d’autres projets :Association Rencontres  , 3 allée Messager, Châteaubriant - Tél. : 02.40.81.16.50
Pierre Papoitou

association Rencontres