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Une petite virée en Australie

Ecrit le 7 septembre 2011

Melbourne, c’est fini.

Alors, comme on dit là-bas, « on the road Eugene ». A bientôt, peut-être, ville agréable, éclectique, culturelle ; tu m’auras charmé. Mais comment rester sédentaire quand les sirènes des étendues australes se mettent à chanter ? Et pourquoi se les cailler ; envahi par ce froid océanique d’un hiver en juin, où l’on comprend que le pôle sud n’est pas si loin ; pendant que la dame de la météo raconte qu’à seulement 4000 km plus au nord, on est sous le soleil exactement ?

Toujours plus attirés par les largesses du monde, le pigiste socialo du Petit Vingtième, accompagné du capitaine Pierrock, décidèrent de partir vers les étendues australes. Un chemin qui les portera du sud-est vers le nord-est, puis du nord-est vers le nord du centre du pays, un peu plus à l’ouest même, selon Tryphon Sunflower. Une aventure censée les voir traverser Melbourne-Brisbane-Townsville, puis Townsville-Mount Isa-Three ways, et enfin Darwin, la porte de l’Asie, leur dernière étape avant les mystères du Lotus Bleu.

Tout ça pour vous obliger à regarder la belle carte des autoroutes australiennes (puis de relire Tintin) et ainsi noter que la notion des distances ne peut être la même entre Européens et Aussies : traverser quatre Belgiques en une journée, chez eux, c’est du pudding.

Trouver un « lift »

...ou « covoiturage », en bon François. Rien de plus simple à vrai dire, surtout à cette époque de l’année. Beaucoup d’Australiens du sud décident de quitter l’hiver pour le soleil du nord, où il y a plus de travail, en particulier dans le « fruitpicking », la récolte de fruits à la main. Il suffit de naviguer quelque peu sur la Toile, avec le site « Gumtree Australia » par exemple, un bon partenaire, gratuit de surcroit, pour tous ceux voulant échanger-vendre-partager-travailler-voyager… etc., et dénicher la bonne annonce.

Kangourou-kiss

Par ce biais, nous rencontrons Andy, melbournien bohème et heureux Papa d’un Ford Falcon break, fort pratique pour les longs trips, qui projette d’aller travailler dans le Queensland, aux alentours de Brisbane. Peu amateur des autoroutes droites et monotones de la côte Est, Andy veut prendre son temps et traverser le pays par les routes internes, en projetant de s’arrêter le plus souvent possible, pour la nuit, ou deux, ou trois, dans les parcs nationaux(1) qui fleurissent dans le pays. Tentés par l’idée, à Andy, on lui dit oui.

De la nature et des animaux, enfin.

Echidné

La seule fois où je vis le kangourou dans le pays qu’il symbolise, ce fut au zoo de Melbourne. Quelle infamie d’indécrottable citadin ! Mais dès les premiers kilomètres avalés dans la campagne, je suis rassuré : les nombreux cadavres de cette grosse souris gisant au bord des routes m’indiquent, paradoxalement, qu’elle n’est pas en voie de disparition. Loin de là même. Il y en a plus de 60 millions (pour 24 millions d’Aussies).
Kangourou kiss

Grâce à son adaptabilité et à la disparition de ses rares prédateurs, le kangourou prospère. Et, comme n’importe quel petit dérèglement naturel, devient, en Australie, une catastrophe massive conduisant à l’extinction de milliers d’espèces animales et végétales, il faut réguler la population kangourine afin de préserver des écosystèmes menacés. La solution, comme le disent Nihoux ou Maïté, elle est dans l’assiette. Du moins au bout du fusil, car les pare-chocs ne sont pas suffisants.

Qu’on se rassure, je n’ai pas si rapidement retourné ma veste pour les tarés de CPNT, mais qu’on se le dise, le kangourou, c’est bon, et ça se mange bleu pour en garder toute la saveur. Pendant très longtemps considérée comme « impropre » (comprendre par là « celle des autochtones »), cette viande commence à occuper une place de choix au rayon boucherie. Fièrement qualifiée « free range », soit produit fermier. Hé, facile, même pas besoin de les élever, tu vas là où il y a de l’herbe, il te suffit de tirer une bonne cartouche à sanglier dans le tas, et tu peux aller boire un coup. Rien de plus facile en effet : les bestioles broutent paisiblement autour de toi, et s’enfuient seulement lorsque c’est la mode.

Ornithorinque

Retenons cependant que si problème de surpopulation il y a, c’est seulement dû à l’homme blanc qui, par sa gestion hasardeuse des éléments, détruit les yeux fermés de fragiles équilibres. (cf. : l’invasion du lapin en Australie et l’invention de la myxomatose).

La faune australienne.

Pierrot et moi, on est des fils de paysan alors, on aime bien voir les bêtes, pis les tâter. Quand un opossum se montre peu farouche (voir photo), comme tous les opossums, on lui file à bouffer et on se marre. Et des opossums, là aussi, y’en a partout, vous imaginez la tranche de rire.

De rire d’ailleurs, ces étranges « cocotooes », perroquets verts pâles qui volent en nombre en ont le chant. Plein de « bush turkey » également, littéralement « dindes du buisson », dindes sauvages, mais pas assez sauvages pour ne pas venir te chourer ton repas quand tu dors dans le national park, ou juste venir te réveiller très tôt avec des glouglous.

Au milieu de l’autoroute

Nous jubilons à l’idée d’apercevoir très prochainement des gros crocodiles, qui occupent les berges de la mer du Timor, tout autour de Darwin. Y a aussi la grosse peluche de fête foraine, le koala, qu’est mignon mais c’est à peu prés tout. Il est surtout utile pour faire payer 20 $ les touristes à la con afin qu’ils prennent la photo Facebook avec le truc dans les bras, qui doit en théorie rendre jalouses les copines restées au pays. Mais aussi des serpents, des ornithorynques, des dingos, des échidnés, et même des chameaux.

Vers le tropique du capricorne.

Véritable point précis sinon celui d’éviter la civilisation, notre joyeuse équipe vogue aux aléas de l’asphalte et la nature, bien décidée à snober Canberra, Sydney et Brisbane. La grande ville, c’est toujours la même chose : pollué, cher, sans originalité, sans âme. Au bout de deux semaines de pérégrinations bucoliques, nous arrivons dans la région de la « Rainbow region », une forêt subtropicale, près de Byron Bay, au sud de Brisbane. Le climat se montre enfin plus clément. Oubliés ces 2000 km à dormir sous la tente avec des chaussettes, nous pouvons ressortir les claquettes. Ce n’est pas encore les tropiques, mais on s’en rapproche.

Des cascades de plus de 100 mètres de haut, une végétation dense et luxuriante, des lacets montagneux pour uniques routes, tels des tunnels biscornus surplombés d’arbres touffus, et l’odeur de la ganja : la Rainbow region.

Quoi la ganja ? Ah mais, vous ne savez pas. Si le pinard est la spécialité franchouillarde, celle de cette région, c’est bien la marie-jeanne ! Le coin où ont élu domicile les hippies australiens dans les années 60, allant même jusqu’à défier la loi pour la liberté de consommer, lors de la « Révolution de Nimbin »(2), petit bled perdu dans la forêt où le pétard ne se cache plus, à la suite d’une bataille entre les habitants et les autorités.

Le problème dans ce genre d’endroit c’est que, quand la loi n’est pas la même dans le reste du pays, la liberté se transforme vite en commerce. Il est facile de s’y faire assaillir par les dealers d’herbe qui savent pertinemment que tu n’es pas là pour une visite culturelle. C’est là où l’on se dit que la légalisation contrôlée, ça a du bon, en plus d’être la solution à la Dette Publique et à la déroute de l’agriculture. (cf. : le projet de « légalisation contrôlée » de Daniel Vaillant).
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/06/15/01016-20110615ARTFIG00606-vaillant-veut-une-filiere-d-etat-du-cannabis.php

Après avoir passé quelques jours à Byron Bay, cité balnéaire sympa mais trop « backpacker » à notre goût, comprenez touristique, nous décidons de reprendre la route, avec pour vague objectif de trouver un job.

Le Queensland : soleil, plage et agriculture

Au nord de Brisbane, il y a une magnifique région : Noosa. Un climat idéal, de la forêt, du sable fin, la mer en façade, de nombreux parcs nationaux, et les premiers panneaux « Attention aux crocodiles ». La véritable aventure, la plus dangereuse, se rapproche. Nous y passons quelques jours de dé-tente. Mais il faut trouver du travail. Nous nous dirigeons par conséquent vers Airlie Beach, nouvelle cité balnéaire, encore une fois beaucoup trop « backpacker ». Nous sommes au cœur de notre objectif initial, le « croissant fertile australien ». C’est la région des cannes à sucre, des tomates, des bananes, des mangues, des mandarines… Bref, y a du boulot, en théorie.

En pratique, c’est comme d’habitude. Tout le monde a appris qu’on pouvait y travailler sous le soleil, alors tout le monde y va. Par conséquent, les listes d’attente sont longues avant de trouver la bonne opportunité. Il y a bien sûr ces auberges de jeunesse avides qui proposent aux voyageurs de passer 2 semaines chez elles et qui promettent de vous trouver un travail ensuite, mais où il faut quand même payer 500 $ (400 €) avant. Il y a tous ces backpackers allemands qui, on ne sait pourquoi, ont décidé de coloniser cette région en particulier. Il y a Townsville, la ville industrielle au milieu du pays des « rednecks » (3), qui s’ouvre sur l’autoroute du capricorne. Il y a cette envie de repartir pour le désert puis cette attirance pour Darwin, le Top End, le bout du monde, et l’Asie en ligne de mire.

De l’océan pacifique à Darwin. La traversée du bush

Nous quittons Andy et la Ford Falcon, brave bête, à Townsville. Pierrock ne sait pas trop ce qu’il veut faire. Rester dans le coin pour tout de même tenter de trouver un job, ou partir vers Darwin en stop. Je suis à peu près dans le même état d’esprit, sauf que j’ai depuis longtemps abandonné l’idée de travailler dans le fruitpicking. Je suis un assez bon « waiter » (serveur de resto) pour espérer retrouver une place n’importe où, et Darwin m’attire, sans raison concrète, juste une intuition. Le voyageur aguerri vous le confirmera : il faut faire confiance à ses intuitions, un nouveau départ est ainsi vite programmé. Après une nuit à Townsville, nous trouvons un nouveau « lift », jusqu’à Darwin, et ré-embarquons pour 3000 km de désert, accompagnés d’Alex et Romaing, deux toulousaings, les propriétaires des véhicules, de deux Françaises et une Allemande.

Mount Isa
Une cheminée pour unique clocher

L’avantage du désert, c’est qu’on ne s’y perd pas, vu qu’il n’y a qu’une route. C’est aussi reposant, et grandiose. L’inconvénient, c’est que c’est pas très original, reposant et super cher en pétrole, étant donné les monopoles de carburant tous les 300 km.

Puis surtout, il n’y a rien, à part des cailloux : pas d’eau, pas de parcs nationaux, guère d’animaux. Si, quand même, un peu avant Mount Isa (4), il y a une invasion de rats des champs. Roulant de nuit, sur peut être 100 km, nous faisons face à des routes noires de bestioles. On ne voit presque plus l’asphalte, c’est de la folie. On commence par tenter de les éviter puis, bon, bah, faut bien rouler. Plus besoin d’expliquer pourquoi : des dérèglements naturels, of course.

Un itinéraire de trois jours sans accroc, se résumant à de brefs passages aux stations services et des arrêts désertiques contemplatifs, impressionnés par les couleurs de ce désert, ce rouge ocre si caractéristique de l’Australie. Nous passons Three Ways, « Trois Routes », village-station service faisant la connexion entre les deux autoroutes du désert. Progressivement, la végétation reprend ses droits, nous apercevons Katherine puis, de concert, entrons dans Darwin.

Au top 50 du Top End.

Au lendemain de leur première nuit darwinienne, tropicale, la plus chaude depuis bien longtemps, passée dans un parc public où ils eurent l’audace de poser leur tente, Pedrito et Manolo partent jouer de la musique dans la rue. Après 3 heures de chanson franco-espagnole, ils regardent dans le chapeau : 300 $ (250 € ). Ils n’y croient pas. La musique nous a bien sûr accompagnés tout au long du voyage, en partenaire idéal pour arrondir les fins de mois, mais là, c’est beaucoup d’argent.

Chanter

Le lendemain, journée qui démarre mal, nous nous prenons une amende, plutôt méritée, pour avoir (re-)dormi dans le parc public. Pas grave. Nous retournons jouer de la musique : 400 $.

Le jour suivant, rebelote : 400 $. Plus besoin de chercher du travail, nous avons trouvé notre voie : « buskers », soit « musiciens au chapeau », ou quelque chose comme ca, étant donné que notre bonne vieille langue française n’a pas de terme équivalent.

Semaine après semaine, notre succès ne se dément pas. Nous sillonnons les environs depuis un mois et demi avec, toujours, la même réussite. C’est la première fois que nous vivons de la musique, pour la musique, en pouvant même économiser. Nous sommes payés pour jouer dans les bars, embauchés pour divertir des gens riches qui s’ennuient, ou encore demandés en live par la radio nationale, ABC, où nous avons chanté Dutronc et les Négresses Vertes. Nous établissons des connections avec le tout Darwin. Les gens nous reconnaissent alors que nous ne les connaissons même pas… Comme des vraies rock stars.

Darwin, un grand village tropical

Il est certain qu’il est plus facile d’être célèbre à Darwin qu’à Melbourne. Sur le papier, on pourrait croire que la ville est de taille assez raisonnable : 130 000 habitants. Mais, les locaux le disent bien : « Darwin, c’est pas une ville, c’est juste un grand village ». Elle a tout pour incarner la cité à la colonisation récente, désormais parée à croître vertigineusement, visible tant dans l’état d’esprit des gens que par les innombrables travaux qui rythment le quotidien de la city. Nouveau à Darwin ? Bienvenue au milieu de nulle-part, on a besoin de bras, de musique, d’idées ; on a besoin d’une plus forte identité.

Ce qui caractérise Darwin au premier abord, c’est son climat. Plus tropical, tu meurs. Une longue saison humide et très chaude (35°), d’octobre à avril, où il tombe en moyenne 1700 mm de pluie, puis une saison sèche de mai à septembre, jamais interrompue, plus douce (30°), soleil éclatant, ciel bleu sans nuages. Pas la peine de vous préciser que nous y sommes arrivés au bon moment. Ce temps, c’est juste parfait.

Les Aborigènes incarnent également bien Darwin : ils sont très présents, et franchement, au contraire de ce que disent les médisants, vraiment pas chiants. Bien sûr, ils sont en marge de la société, picolent, fument, comme je le ferais sans doute si on m’avait volé ma maison et ma dignité. Jamais je ne les ai vus violents, voleurs ou provocateurs. Au contraire plutôt souriants et généreux : ils mettent constamment des pièces dans notre chapeau, dansent sur du Manu Chao… Comme le dit si bien Pierrot : « ils sont dans Babylone, et ils s’en foutent ». On aime.

La vie en communauté

Communauté

Nous nous sommes aperçus à nos dépens qu’il pouvait être problématique d’élire domicile dans un parc public au milieu du centre ville. Après ces deux premières nuits en clochards, l’objectif était donc de trouver un endroit où crécher, en évitant à tout prix les hôtels « backpac-kers ». Vu que tout ce qui nous arrive à Darwin est extraordinaire, nous comprenons qu’il suffit d’émettre un souhait pour le voir réalisé. Ainsi, grâce à la musique, nous rencontrons Brendon, un néo-zélandais immigré en Australie, qui habite tout près du centre-ville et veut organiser une communauté chez lui. Banco. Nous tissons rapidement de forts liens amicaux avec lui, et sommes acceptés à temps plein dans la communauté.

Dix à quinze personnes tournent autour de l’endroit, venues des quatre coins du monde. Ca parle anglais, espagnol, italien, hollandais, suédois, français, la plupart du temps des gens extraordinaires, qui traversent le monde à vélo, en bateau, à pied… Nous partageons les repas, les fiestas, les idées. Depuis un mois et demi, nous sommes comme des poissons dans l’eau. La vie est belle, le destin s’en écarte, l’Asie nous fait face sur la carte. Nous sommes certains d’avoir le bon choix.
Vous aussi, vous le pouvez. Voyagez !

Manu HALET


Encore d’autres animaux australiens

Scoop : prochaine étape dans les assiettes australiennes : le chameau. Non, je ne décorne pas : il y’a des chameaux en Australie, et même des dromadaires. Plus d’un million d’individus selon les derniers recensements. Ils furent importés au milieu du XIXe siècle afin d’aider les hommes pour la création de routes et de chemins de fer, puis lâchés dans la nature après la mécanisation des moyens de construction, vers 1920. Depuis, le chameau roule ses bosses au gré des vents de l’Outback, et a vu sa population doubler ces dix dernières années.

Diprotodon

Et, devinez quoi, ça pose de gros problèmes. Car le chameau, ça boit pas souvent, mais quand ça boit, c’est pire qu’un russe blanc noir. Lors des longues sécheresses dont l’Australie est coutumière, d’immenses colonies prennent d’assaut les points d’eau humains, détruisent les puits, les éviers, la toilette, et attentent à la survie des communautés aborigènes dépendante de ces réserves.

Je tiens néanmoins à nuancer mes propos alarmistes par une note d’optimisme : les espèces apparaissent, disparaissent, d’autres prennent leur place, et ainsi de suite. C’est la logique, un peu brusque peut-être, de Mother Earth ; les dérèglements tendront toujours à se régler.

Le chameau, si curieux à imaginer dans le Bush, remplacerait un bon vieux gros marsupial disparu il y a 40 000 ans, le diprotodon, part entière de la « mégafaune » qu’aurait connue l’Australie

Autres animaux, très durs à apercevoir en dehors des milieux captifs, même si bien présents :

- Le dingo, ce gros chien sauvage marron clair, bien présent en Australie, n’est pas un natif du continent. Il est venu le coloniser avec l’homme, il y a quelque 40 000 ans, prenant progressivement la place dans l’écosystème d’un marsupial carnivore,

Thylacine

- le thylacine, magnifique bestiole que j’aurais aimé tâter, malheureusement disparue au début du XXe siècle.

Des oeufs et du lait !

L’Ornithorynque et l’Echidné incarnent bien le mystère du continent australien : ce sont les deux seuls mammifères au monde qui pondent des œufs puis allaitent leurs petits.

Il y a aussi près de 200 espèces de serpents, parmi les plus venimeux du monde, mais pas forcément dangereux si on ne cherche pas à les caresser.

(Récit de Manu Halet, de Moisdon)


NOTES:

(1) parcs nationaux en Australie : plus de 500 « national parks » sur tout le territoire, protégeant plus de 28 millions d’hectares des appétits des pollueurs et profiteurs mal intentionnés. Ils offrent la plupart du temps quelques commodités pour les campeurs.

(2) Nimbin : en 1973, alors que le village est une zone rurale reculée comme les autres, une équipe de hippies, étudiants, écolos, fêtards d’un soir, investissent les lieux pour une bonne vieille chouille. La police se trouve dans le coin et constate, horrifiée, que tout le monde fume des joints. Elle tente de s’opposer, mais la resistance s’organise et la fait fuir. Après l’événement, beaucoup de gens décident de rester, fondant des communautés, fumant librement, tel un bon pied de nez aux autorités, plutôt assez tolérantes, reconnaissons le.

(3) rednecks : les « nuques rouges » ; s’inspirant du style de bronzage obtenu sur un tracteur sans cabine ; terme qui qualifie les agriculteurs productivistes, conservateurs et incultes des grandes régions agricoles du Midwest américain ou du Queensland.

(4) Mount Isa : a l’ouest du Queensland. La ville minière par excellence, dominée par une immense cheminée, moche, qui détient le curieux record de la ville la plus étendue du monde (42 904 km²) pour une population de 23 000 habitants. Record il est vrai facilité par le vide d’homme alentours et par l’obsession de l’homme à vouloir des frontières, surtout quand les alentours sont pleins de cuivre, d’argent, de plomb et de zinc.

Mount Isa, une cheminée pour unique clocher.