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Rencontre des acteurs sociaux à Blain

Ecrit le 27 juin 2012

 Zoom panoramique

La Communauté de Communes de BLAIN, officiellement devenue « Pays de BLAIN », regroupe 4 communes : Blain, Bouvron, La Chevallerais et Le Gâvre  . Si l’on y rajoute deux communes (du canton) limitrophes, Fay de Bretagne et Notre Dame des Landes, nous entrons alors dans le « Territoire de la Région de Blain ». Situé à mi-chemin entre Nantes et Châteaubriant, avec une prédominance de l’activité agricole, puis industrielle et artisanale, ce Territoire regroupe environ 20 000 habitants, population en croissance modérée (6.5 % par an). Il appartient de fait à la « 3e couronne » de la Métropole Nantaise. Le taux de chômage y oscille autour de 11.3 %. Le taux de précarité (défini par la part des ménages allocataires d’aides financières) y est importante, en particulier sur la commune de Blain. Un réseau tant social qu’associatif, dense et motivé, y joue à plein l’ « amortisseur » humain, social et financier.

Depuis 4 ans, tout ce réseau se prend une pleine journée bien remplie pour travailler par ateliers tournants et se réunir autour d’une même table. Cette 4e édition s’est déroulée le vendredi 15 juin dans l’accueillant bourg de La Chevallerais, avec pour fil rouge un thème : « Panorama de notre Territoire ».

 Précarité, Mobilité, Alimentation...

Arrivés sous le soleil, nous sommes repartis sous la pluie, mais la tête bien remplie. 76 invitations lancées, et seules 2 personnes se sont excusées. La Mairie de La Chevallerais a superbement organisé cette journée en mettant à disposition sa Salle des Loisirs pour l’accueil (et le café et les gâteaux !) et le déjeuner, et puis son Théâtre pour les ateliers et les réunions communes, mais aussi en mobilisant son personnel. Donc un merci vraiment mérité.

D’abord la matinée. Après une présentation du déroulement de la journée et avoir été dûment étiquetés par couleurs pour nous séparer en 5 groupes (fort savamment réfléchis et dosés), nous abordons 5 ateliers répartis dans le Théâtre ayant pour thème :

  • 1- la précarité alimentaire (frigo vide)
  • 2- la veille sociale (analyse de stats)
  • 3- les différentes ressources alimentaires
  • 4- définition de la précarité et les aides
  • 5- la démarche commune des C.C.A.S

Quelques règles : chaque groupe, par rotation, visite chaque atelier et son responsable en un temps imparti. Le sens de rotation est défini et Dame « la fée clochette », avec une petite cloche bien sonore, rythme gentiment la bonne circulation, garante du temps. Chaque atelier a son espace intime, entouré de panneaux d’affichage. Le groupe l’aborde donc de façon visuelle. Je dois saluer ici la qualité des supports, tant pour la lisibilité (souvent format A3) que pour leur esprit de synthèse. Après avoir engrangé ces données utiles, le groupe se consulte pour résoudre un cas concret. La complémentarité joue à plein, c’est riche et partagé.

 Ouvrons l’œil et le bon !

Atelier 1 : le frigo vide.
En avril/mai 2012, le même questionnaire était distribué massivement par tous les acteurs sociaux du Territoire. Les réponses, analysées, permettent d’affiner la connaissance de la précarité alimentaire et d’identifier à la fois les comportements et les besoins pour y pallier (en % des réponses) :
75% a connu le frigo vide. Les secours viennent, par ordre : famille, amis, Mairie, C.M.S., Associations, ...25% n’a pas trouvé d’aide. A noter le système D, dont la fouille de poubelle. Éloquent et troublant.

At. 2 : La veille sociale.
Le groupe s’asseoit autour d’une table jonchée pèle-mêle de tableaux statistiques et de rapports de multiples sources, bien sûr dans le plus complet désordre. Et une fiche vierge précise qui doit être renseignée. Il nous faut trier, classer, comparer, déduire. Prenant mais ardu. C’est pourtant le quotidien des « veilleurs ».

At. 3 : Ressources alimentaires :
Sur une carte du Territoire, commune par commune sont situées toutes les Administrations, Institutions, Associations procurant une aide alimentaire. Puis le groupe doit résoudre un cas concret en fonction des dates et jours d’ouverture, de la distance, etc. Pour exemple : à quelle porte frapper pour une aide un Vendredi 16 août ? Nous notons que le Territoire est bien couvert, hors « les Restos du Cœur » implantés en bordure (Nozay, Guémené et Savenay).

At. 4 : Aides financières :
Ce stand se présente comme un jeu de loto à 12 cases. Là aussi, une approche visuelle nous permet d’identifier et d’affiner la notion Précarité avec un grand P. Puis, sur la table, un support énumère le nom des différentes aides pécuniaires possibles. A côté, 12 cartes cachées comportent un montant en €. La tâche du groupe est de mettre le bon montant sur sa bonne case. Nous discutons et apprenons beaucoup.

At. 5 : Approche commune CCAS  .
(Centres Communaux d’Action Sociale) Basé sur la présentation commentée d’un diaporama, cet atelier nous apprend que , par une démarche et un contact identique, tous les C.C.A.S. du Territoire vont dans le sens d’une véritable « dynamique sociale ». Les mêmes fiches d’enregistrement, épurées, permettent de mutualiser la connaissance des personnes, de mieux se comprendre. Les transmissions de dossiers sont plus efficaces parce que standardisées sur tout le Territoire. C’est l’Inter-CCAS  .

Guidés strictement dans le temps par « Dame Fée Clochette », nous rejoignons tous la salle de théâtre pour écouter une présentation de la vie du Groupe-Ressources RSA   « Erdre et Gesvres et Pays de Blain » (EGPB pour les intimes !) par ses membres et leur animatrice. Il va fêter son 2e anniversaire. C’est un Groupe d’échange chaleureux, actif, ouvert à tous et qui se réunit mensuellement avec pour thème de réflexion central : mieux cerner le RSA   et ses répercussions. Ce n’est pas du tout simple de « survivre » avec 410 € par mois. Et je sais de quoi je parle.
Le déjeuner est bienvenu.

Réunis de nouveau en commun au Théâtre. Une info. : rendez-vous à Nozay, de 10h00 à 19h00 le vendredi 22 juin, pour causer « Mobilité », sous toutes ses formes.

Cet après-midi est dédié à l’entre-aide. 5 invités, intervenant(e)s extérieur(e)s arrivent. Un premier défi pour eux : de façon originale, sous les projecteurs, ils disposent chacun(e) de 5 minutes exactement (Fée Clochette est intraitable !) pour présenter leur contribution ou initiative   à la solidarité.

Voici les cinq vitrines, sans ordre :

  • 1) le S.E.L. (Système d’Échange Local) du Gâvre   ;
  • 2) le Service d’Urgence Sociale de La Grigonnais ;
  • 3) l’Épicerie Solidaire de Saint Mars du Désert ;
  • 4) le Transport Solidaire   du R.A.P. (Relais Accueil Proximité) de Petit-Auverné ;
  • 5) Solidarités Nouvelles Face au Chômage, de Nantes.

Après cette brève présentation, chacun était libre de parcourir ces belles vitrines.

Nota : Chacune de ces initiatives concrètes d’entre-aide existe et perdure. Chacune, je le sais, mériterait une page d’explications. Elles sont si passionnantes et si efficaces. A nous maintenant de dupliquer ou d’inventer, selon nos besoins essentiels et partagés.

 Il faut bien conclure

A l’issue de cette journée semi-marathon (ouf !), nous voilà regroupés dans le Théâtre. Chacun reçoit un Post-It . Il nous faut y écrire une seule idée concrète (peu importe la faisabilité) en vue d’améliorer le bien-être général de nous et de notre entourage dans notre partie du Territoire des Régions de Blain. Puis ces Post-It sont collectés et affichés sur la scène par catégories, par thèmes. Des colonnes se créent et s’allongent. 73 besoins ou désirs sont exprimés.

Mais je n’ai pas pu assister à la synthèse de la synthèse. Ce n’est que partie remise. Fatigués, assez silencieux, mais revigorés, nous avons regagné nos « pénates ».

Et depuis, le 17 Juin nous a confortés dans notre envie de changement.

Pascal, de Blain


NOTES:

Le Frigo vide

Une enquête a été distribuée par les acteurs sociaux du Pays de Blain. Voici une synthèse des réponses :

  • Par commune : 65 % des réponses venaient de Blain, puis, dans l’ordre, Bouvron, Fay de Bretagne, etc.
  • 75 % des répondants ont connu l’épreuve du frigo vide.
  • Les solutions de secours sont, dans l’ordre : Famille, Amis, Mairie, Assistance Sociale, Associations, etc.
  • 75 % ont trouvé une solution (donc 25 % se sont serré la ceinture ?).
  • Plus de 50 % ont trouvé la solution adaptée (donc au moins 45 % sont restés sur leur faim ?).
  • Pour les difficultés rencontrées, viennent dans l’ordre : pas de solution, honte à demander de l’aide, pas d’information sur aides, etc.
  • Solutions proposées spontanément, dans l’ordre : auto-production de légumes, solidarité locale, épicerie sociale, système D (y compris fouille de poubelles

Rappel : nous vivons au XXIe siècle, dans un pays riche. Comment prévenir cette situation de « frigo vide » ?