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Amour, passion, écrire pour guérir

Ecrit le 17 juillet 2013

Poser ses difficultés ou ses joies, sur la table, devant soi

« L’écriture est un outil privilégié de libération et de guérison » dit Christiane Fortin, auteur du livre « La guérison au bout du crayon ». Ecrire est en effet le moyen de prendre du temps pour soi, mais aussi le moyen de poser ses difficultés ou ses joies, sur la table, devant soi, pour prendre de la hauteur et les examiner en toute sérénité. Point besoin de raconter de grandes choses. Les détails de la vie quotidienne ont tout un intérêt pour le lecteur.

Annick Debray

Annick Debray

A Châteaubriant, voici Annick Debray et son livre « Amour, passion, vérité ». C’est à la fois le récit d’un mal-amour et la description d’une grande passion.

Non-amour ? Ou mal-amour ? Annick Debray hésite entre deux pôles : les qualités de sa mère et le non-amour dont elle a souffert. Elle se décrit comme « une petite fille amoureuse de la vie », souriante, gentille, une petite fille trop seule sans doute pour affronter les difficultés de la vie « A dix ans, ma mère me donnait des responsabilités d’adulte que je n’étais pas prête à exercer ». Plus tard, diplômée de chimie, elle travaille à l’Institut de Recherche Chimique Appliquée de Paris. « Avec une amie, nous allions danser le dimanche, ma couturière me confectionnait des robes à mon goût qui n’attiraient d’ailleurs aucun garçon, sauf peut-être une fois ».

Que s’est-il passé dans cette vie que l’on aurait pu prédire heureuse ? « on avait brisé ma volonté et j’ai masqué mon intelligence pour ne pas voir la réalité. Je me suis renfermée sur moi-même , insensible à tout pour me protéger ». La réalité : « je ne suis pas morte de maladie, je ne suis pas morte de mauvais traitements mais ma mère ne m’a pas aimée. J’ai souffert de ce manque d’amour pendant 70 ans ».

La réalité c’est la maladie à 22 ans, schizophrénie comme on dit. Obligation d’arrêter de travailler, de faire retour dans la famille. Une erreur sans doute.

La réalité c’est aussi un amour enflammé pour quelques hommes qui lui ont témoigné de l’intérêt. Amours passionnés, amours platoniques et secrets, souvent cachés dans un cahier d’écolier. Amours sans lendemain. Le livre décrit cette réalité, ce désir de vivre qui se heurte aux difficultés relationnelles. « j’aime la vie, je veux vivre, aller à nouveau à la recherche des désillusions car j’ai compris que c’est là seulement le prix de la découverte de la vérité ».

Le livre d’Annick Debray, pour autant, n’est pas un livre triste. C’est au contraire un grand témoignage d’amour pour la terre entière, « le témoignage de la victoire de l’intelligence et de l’amour, malgré la maladie, malgré la souffrance morale, un hymne à la beauté de la vie, un message d’espoir pour tous les hommes ».

Le livre est semé de poèmes qu’Annick destine aux jeunes, et plus spécialement aux enfants, au point d’en avoir fait un tirage à part, un deuxième livre, pour ne pas imposer aux enfants le récit de sa vie.

« Ma mère n’était pas méchante, mais elle préférait ses fils. Mon père m’aimait mais ne pouvait s’extérioriser. C’est l’amour qui m’a sauvée ».

En dehors de ses écrits, Annick Debray fait de la couture, des travaux manuels, mosaïques, collages, objets en crochet, et d’adorables poupées en tricot. Elle projette un deuxième livre consacré au bonheur. « Mais il faut que je vive le bonheur pour pouvoir l’écrire » dit-elle.

Passion, amour et vérité, de Annick Debray – et Poésies au clair de Lune, du même auteur – Editions Amalthée.