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2013, année noire pour la presse

Ecrit le 8 janvier 2014

Bonne année à tous nos lecteurs, que 2014 leur apporte de multiples joies, en espérant les retrouver fidèles, surtout en cette année d’élections.

2012 a connu des difficultés dans le monde de la presse en France avec la disparition en kiosques de France-Soir et La Tribune.

2013 était annoncée comme une année désastreuse. Ce fut le cas : partout, les ventes reculent : sept des huit grands quotidiens nationaux français (sauf La Croix) ont vu leur diffusion baisser sur les 10 premiers mois de l’année. Les Echos résistent, Le Figaro et Le Monde s’en sortent avec des baisses de 3 à 5%, et Libération recule de 16 %. Aucun grand titre n’a disparu cette année mais des quotidiens locaux se sont arrêtés, dont Le Pays, en Franche-Comté, fondu dans l’Est Républicain-Le pays et Le Journal du Pays Basque.

Dans la presse magazine, sur 360 titres existants, 90% voient leurs ventes baisser, sauf quelques nouveaux comme Causette ou Jour de France. Idem pour les 66 quotidiens régionaux et pour les trois-quarts des 200 hebdomadaires régionaux.

Avec la crise et la baisse des ventes, les annonceurs se font plus rares. Résultat : des déficits généralisés. Tous cherchent des économies en réduisant leur rédaction et leurs coûts. Ceux qui n’ont pas un actionnaire prêt à les renflouer, en première ligne Libération, sont menacés.

Victimes collatérales de la baisse des ventes au numéro, les points de vente de presse pourraient voir leur nombre baisser de 800 cette année par rapport aux 27.500 de fin 2012 : les libraires constatent une baisse de leurs revenus.

Les cessions s’accélèrent, parfois dans l’urgence. Le n°1 de la presse magazine, Lagardère Active, a mis en vente 10 de ses 39 titres. Faute de repreneurs, ils fermeront. Claude Perdriel, fondateur et propriétaire du Nouvel Observateur, cherche des investisseurs, voire des repreneurs pour son hebdomadaire.

Les rédactions rétrécissent encore. Au moins 300 postes de journalistes auront été détruits en 2013 après 1158 suppressions d’emplois en 2012 dans la presse, dont 600 journalistes. Pour ne pas licencier, Libération négocie avec ses employés des baisses de salaire.

Cherchant des recettes tous azimuts, journaux et magazines développent leurs éditions numériques pour tablettes, lancent des lettres confidentielles, comme Challenges, ou proposent des services en ligne, parfois éloignés de la presse, comme Libération qui vend des produits du terroir. Les sites internet des journaux rapportent peu et ne compensent pas la baisse des revenus du papier.

La Mée continue

La Mée, (42e année d’existence) évidemment, connaît aussi la crise, avec une baisse de 2,5 % du nombre d’abonnés et une chute de 12 % des ventes en librairie. Elle a dû faire un emprunt ces deux dernières années pour boucler son budget. Financièrement l’année à venir devrait montrer un redressement car la location des machines de tirage touche à sa fin. Nous devrons peut-être nous séparer de notre imprimante en quadrichromie. Le site internet (qui ne nous rapporte rien), marche très fort avec 18000 visiteurs uniques par mois en moyenne. Il bénéficie de 15 300 références sur google !

Malgré la crise, les bénévoles qui font La Mée tiennent le coup et ont bien l’intention de continuer … si les lecteurs manifestent leur intérêt et n’oublient pas de faire suivre les infos dont ils ont connaissance. Alors, bonne année à tous.


Ecrit le 8 janvier 2014

Informer ou faire le buzz ? Un défi pour 2014 !

Les chaînes d’informations radiodiffusées ou télévisées ont fait le choix du buzz et non de celui d’informer. Exemple parmi beaucoup d’autres : au Guilvinec en Bretagne, des jeunes de Mayotte viennent apprendre les métiers de la pêche, source de travail et donc de revenus pour les habitants de cette petite île française au très haut taux de chômage et donc de misère et de déshérence sociales. Métiers de la pêche développant tous les métiers autour de l’entretien des bateaux, de leur construction et de la vente des produits de leur pêche !

Eh bien, pas de Guilvinec et de ces jeunes dans nos médias d’informations mais du buzz. Exemple : M. Kouchner ayant eu la langue qui a fourché le 2/01 et qui a prononcé « France Afrique » au lieu de « Centre Afrique » et tous les bla, bla, et spéculations/interprétations délirantes et les éternels experts en tout mais en rien qui nous disent ce qu’il faut penser et comment interpréter ces seules paroles relayées de M. Kouchner. Et ne parlons pas des relais offerts à un certain ’’amuseur’’ public spécialiste des propos racistes.

Cette nouvelle Année 2014 verra-t-elle enfin de vrais journalistes remplacer les animateurs d’actualités/amuseurs publics ? Vrais journalistes sortis des bureaux parisiens sillonnant notre territoire et autres lieux pour rapporter la vie, les vécus, les réalisations, les difficultés, les réussites du plus ou moins grand nombre. De vrais journalistes, restant à leur place, c’est-à-dire posant une question et laissant l’invité répondre sans être continuellement interrompu. De vrais journalistes motivés par un seul but : informer en toute impartialité en laissant tel responsable politique expliquer pleinement de nouvelles mesures en préparation ou décidées et non en rapportant uniquement ce qui fera polémique ou en invitant un détracteur des plus zélés qui aura tout loisir de déblatérer contre un sujet ou une proposition que nous ne connaissons même pas.

Comment la majorité d’entre-nous en est-elle arrivée à accepter d’entendre que l’on nous dise « ce qu’il faut penser de… comment interpréter… ». Et que l’on n’éteigne pas nos postes immédiatement !!

Tous ces experts de tout poil n’ayant qu’un dogme « toujours + » pour un petit nombre pris sur le dos du plus grand nombre ! ont réussi à nous faire accepter comme inéluctable l’intolérable !! A la Une de Ouest-France aujourd’hui vendredi 3 janvier 2014 on peut lire : « Les Bourses mondiales en forme… croissance en 2013 à deux chiffres … Y compris dans les pays dont les économies ont beaucoup souffert comme la Grèce et l’Espagne …. Même paradoxe en France… le Cac 40… Total, Sanofi en première ligne…. Meilleure performance depuis 2009 : + 18 % ». Or le chômage est à plus de 10% Comment les actionnaires…. ont-ils pu s’enrichir alors que la France déprimait… ? A quand la future culbute ? A quand le prochain crac boursier ? Quel pays sera la prochaine Grèce ou Espagne ?

Pendant un mois et demi j’ai fermé mon poste de radio et de télévision pour ne pas entendre les animateurs d’actualités et leurs experts et j’ai lu la presse écrite locale et nationale. Je n’ai rien manqué de ce qui se passait en France et ailleurs.

Prendre de la hauteur en refusant d’entendre « ce que l’on doit penser… » c’est recommencer à vivre en être libre pour mieux penser à l’avenir et arriver à découvrir des pistes pour une meilleure et plus juste organisation de notre société.

Signé : Michèle Hersant