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Une décennie d’artistes

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Ecrit en juillet 2002

Une décennie d’artistes

Très belle exposition à voir à l’Office de Tourisme de Châteaubriant jusqu’au 20 septembre 2002 : « une décennie d’artistes à Châteaubriant, 1940-1950 ». Le vernissage aura lieu le jeudi 5 septembre à 11h30, en présence du sculpteur Fréour, et des poètes Gélène Cadou et Yves Cosson.

L’Office de Tourisme a voulu rassembler une pléiade d’artistes qui se sont trouvés à la même époque à Châteaubriant, par les hasards des nominations ou de la guerre, bien que venant d’horizons divers : Yves Cosson était professeur à Nantes, Jean Fréour habitait Issé, Yves Trévédy habitait Châteaubriant où son père était juge, Guy Bigot venait de Lorient, André Lenormand, Arsène Brémont et Jules Daniel étaient de Châteaubriant .

D’yves Cosson, dont le père tenait une boutique de cycles dans la Rue de Couëré à Châteaubriant, on peut voir différents poèmes dont l’un dédié à Henri Quéffélec :

« Sot breton, certes
Celte quand même »

Yves Cosson, dont les sources d’inspiration poétiques sont multiples, n’a jamais oublié sa ville natale et sa rue :

Blanc sur bleu Couëré
N’est plus qu’un nom bizarre sur une plaque
Pourtant je reviens dans ma rue.
Ai-je assez dit nos parties de bateaux
L’escadre buvant la tasse
Et les digues de boue sous l’orage de juin
Crevant le long des caniveaux ?
Ivresse des jours qui n’en finissaient pas
De s’embrunir ...

Jean Fréour était, est peintre (des aquarelles sont présentées) mais surtout sculpteur. Il a fait par exemple la Sainte Rita de l’église de Béré à Châteaubriant, l’Assomption à l’église de Villepôt, le calvaire des Mouffais à St Julien de Vouvantes, la poutre de gloire de l’église de Mouais, le buste du Docteur Bernou, et, récemment la statue d’Anne de Bretagne qui a été placée devant le château de Nantes le 1er juillet 2002. L’exposition présente une statuette d’une jeune paysanne de son village d’Issé, telle qu’elle était le soir, en sabots, les mains sur les genoux, à côté de son pot à lait.

Yves Trévédy, grand prix de Rome pour une peinture en 1943, a fait beaucoup d’œuvres murales, par exemple à l’église St Paul de Caen. On lui doit aussi la peinture d’un commerçant castelbriantais haut en couleur, Joseph Hervé, et une peinture de son père le juge.

Montez la guillotine, il y tombe une tête
Pavots ou tournesols, il en tombe une tête
Amenez-moi la veuve et le plus jeune enfant
De mes six derniers mois je leur ferai cadeau
Enfer et roses rouges
Dans le jardin du juge

écrivait René Guy Cadou

René Guy Cadou, on ne le présente plus, mais il est sans cesse à redécouvrir dans la fraîcheur et le déchirant de ses poèmes. Les fusillés de Châteaubriant. Le chant de solitude. La demeure d’un poète. Louisfert. La route de Lorient passe par Louisfert, etc.

La blanche école où je vivrai
N’aura pas de roses rouges
Mais seulement devant le seuil
Un bouquet d’enfants qui bougent ...

Guy Bigot fut aussi un peintre castelbriantais, photographe et amateur d’art. Il habitait en haut de la rue Pasteur, là où se trouve actuellement l’association d’aide aux chômeurs. C’est pour cet ami que René Guy Cadou écrivit « La route de Lorient passe par Louisfert » :

Nous avons parcouru les mêmes paysages de tristesse
Comme la Place des Terrasses et la campagne de Louisfert
Y a-t-il un café d’ouvert
Qu’on y boive ou que le cœur casse ? (...)
A nous deux nous gardions le quart
Gardiens des mêmes vies humaines ...

Les trois compères, Yves Trévédy, René Guy Cadou et Guy Bigot réalisèrent, en 1948, un recueil « le diable et son train » entièrement écrit et dessiné à la main, des pièces uniques dont il n’y eut que 21 exemplaires et qui contenait ce poème :

Clovis, mon bel enfant, qu’as-tu ? disait la mère
Mère, j’ai vu Satan, Satan sorti de terre, (...)
C’est venu d’un seul coup en travers de mon sang
Comme un fouet de ficelle et un tour de toupie ...

De Guy Bigot, Yves Cosson écrivit :

« Il nous revient toujours de loin
L’homme au regard de pluie
En quête du secret que dérobent ses jours ... ».

André Lenormand, se fit surtout connaître sous le pseudonyme de LEN, pour ses croquis judiciaires, et pour ses portraits de Georges Brassens, Eric Tabarly, Jean Gabin, Alain Colas, Pierre Mendès-France.

Arsène Brémont, qui était secrétaire du Parquet au Tribunal de Châteaubriant, a réalisé des monographies sur Châteaubriant, des peintures sur les moulins de Montmartre à la belle époque, et un dessin de l’érudit castelbriantais Joseph Chapron, devant la grand Donjon du Château.

Jules Daniel, enfin, était « le poète du dimanche », celui pour qui René Guy Cadou écrivit :

Croyez-moi je vous aime bien mes doux poètes
Qui écrivez des vers comme on soigne les bêtes ...

Auteur de « moissons d’heures perdues », son ami Yves Trévédy l’a dessiné en poète romantique, avec chapeau à large bord et foulard au col.

Renseignements au 02 40 28 20 90


Ecrit le 11 août 2004 :

Pans de bois

Pans de bois

A voir l’Office de Tourisme de Châteaubriant, une exposition sur les maisons à pans de bois.

Sculpture sur poteau cor

(en image : sculpture sur poteau cornier)

Tour à tour signe de richesse, démodées, transformées, oubliées, les maisons à pans de bois sont des éléments à part entière du patrimoine. A l’époque, leur construction était plus rapide que celle des maisons de pierres, et utilisait le bois des nombreuses forêts situées à proximité des lieux d’habitation. L’exposition nous amène à Redon, Rennes, St Brieuc, Pontivy, Nantes, Vannes, Morlaix, Auray et ailleurs, pour découvrir les maisons du XVIe siècle (maisons à pignon, une seule pièce par niveau), les façades à essentage d’ardoise, les maisons à vitrine, et les maisons à porche (comme à La Guerche). Question de vocabulaire : le colombage est une ossature qui donne priorité au rôle du poteau (encore appelé colombe) tandis que le pan-de-bois met l’accent sur l’assemblage.

Enfin l’exposition montre de très vieilles maisons de Châteaubriant aujourd’hui disparues : le Prieuré Saint-Sauveur, le Faubourg St Michel, le District, le Sabot Rouge, l’hôtel du Bois-du-Liers.

A l’Office de Tourisme de Châteaubriant jusqu’à fin août 2004