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Spectacles, intermittents

Vu pour vous

Intermittents
Dany Dan
JY Bardoul
Achmoon

(écrit le 18 juin 2003)

Le Medef "pompe" les intermittents !

En France, les intermittents bénéficient d’un statut spécifique d’assurance chômage. Cette spécificité leur permet de toucher une indemnité chômage quand ils ont travaillé assez d’heures (507 pour être précis) ou touché assez de cachets (43) pendant une année.

Vous me direz - en prenant un air innocent - « mais pourquoi donc qu’ils ont besoin de ce régime particulier ces artistes ? ». Eh bien je vais tenter de vous l’expliquer.

L’artiste que vous voyez sur scène, dans la rue, derrière sa guitare, cette personne donc a travaillé pendant quelques mois à créer, écrire, mettre en scène. Le technicien, que vous ne voyez pas, lui, a travaillé avec l’artiste à préparer le son, les lumières... Et combien ont-ils été payés pour ça ? Rien : ils n’ont pas joué devant le public encore. S’ils font partie d’une troupe subventionnée, ils ont peut-être touché un peu.

Et alors ? oui et alors, me répondez-vous, énervés par ce préambule long et ennuyeux à mourir comme 30 secondes de Nice People. Et alors, l’artiste et le technicien sont des femmes et des hommes comme vous et moi, ils ont besoin de manger, boire, se vêtir...

Patatras

Mais patatras, le Medef arrive ! Et là vous criez tous « Guignol, guignol, guignol » pour prévenir que le méchant arrive avec le bâton !

Le Medef (Mouvement des Entrepreneurs de France), fin connaisseur de ce qu’est la vie d’un artiste ou d’un technicien décrète que ça coûte trop cher, qu’il y a trop d’abus et patati et patata. Enfin bon, il pond une réforme qui, si elle devait passer, laisserait sur le carreau 50 à 70% des intermittents actuels en réduisant la période d’indemnisation et en augmentant le nombre d’heures à déclarer sur une année.

Comme je ne suis pas intermittent, j’en ai interrogé un, il se nomme Titus (de son vrai nom Thierry FAUCHER) et il fait des spectacles d’histoires (le dernier, « la Chose » parle de la chose), a participé à différentes créations. Certains d’entre vous l’ont peut-être vu dans « Encore Heureux ? » à Pouancé. « Le Medef ne voit la réforme de notre statut que sous un seul angle, celui de la réussite : les bons artistes réussissent et on veut bien s’en occuper, les artistes qui n’ont pas encore réussi sont mauvais donc dehors. Ils (les personnes qui parlent au nom du Medef) ne veulent pas voir tout le travail de création, le lien social tissé avec la population, tout ce qui ne se mesure pas. Si ce nouveau statut passe, les artistes auront moins de temps pour leurs créations, donc prépareront moins leurs spectacles et la qualité en pâtira car ils seront obligés de faire de l’alimentaire. De plus, pour le moment, il n’y a eu aucune discussion, le Medef veut imposer son texte. » Titus a tenu à signaler qu’il s’exprimait ici en son nom propre.

Lien social

Vous aurez sans doute noté comme moi que Titus parle de « lien social ». Cette expression ne fait pas partie des valeurs du Medef. Pourtant, c’est une réalité : les artistes qui font du collectage d’histoires pour monter un spectacle, interviennent dans la rue, créent du lien social. Leur but n’est pas de passer à la télé et d’amasser des sous, mais de vivre de leur passion et de la partager.

Quand une société décide de s’attaquer aux artistes, c’est tout un pan de notre culture qui est en péril. Et pourtant, qui n’a pas rêvé une fois devant une pièce de théâtre, un concert ?...

Bon, de toute façon , ce n’est pas fait. Les intermittents vont continuer leur lutte et le Medef doit proposer un nouveau texte le 26 juin. Cet article aura donc une suite.

Pour les gens intéressés, lire l’article du Monde du 12 juin intitulé « les intermittents face au spectre de la prolétarisation ».

Pierre Papoitou


Ecrit le 15 octobre 2003 :

Intermittents

Un jour, un président de société reçoit en cadeau un billet d’entrée pour une représentation de la Symphonie Inachevée de Schubert. Il ne peut s’y rendre et passe l’invitation au responsable de l’étude des méthodes industrielles de sa société. Le lendemain matin, le président se voit remettre le rapport suivant :

1. Les quatre joueurs de hautbois demeurent inactifs pendant des périodes considérables. Il convient donc de réduire leur nombre et de répartir leur travail sur l’ensemble de la symphonie, de manière à réduire les pointes d’inactivité.

2. Les douze violons jouent tous des notes identiques. Cette duplication excessive ne semblant pas revêtir un caractère nécessaire, il serait bon de réduire de manière drastique l’effectif de cette section de l’orchestre. Si l’on doit véritablement produire un son de volume élevé, il serait possible de l’obtenir par le biais d’un amplificateur électronique.

3. L’orchestre consacre un effort considérable à la production de triples croches. Il semble que cela constitue un raffinement excessif. Il est recommandé d’arrondir toutes les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il devrait être possible d’utiliser des stagiaires et des opérateurs peu qualifiés.

4. La répétition par les cors du passage déjà exécuté par les cordes ne présente aucune utilité véritable. Si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait possible de réduire la durée du concert de deux heures à vingt minutes.

NB : Il est évident que si Schubert avait prêté attention à ces remarques, il aurait été en mesure d’achever sa symphonie !

(extrait du journal L’Humanité)


Ecrit le 26 octobre 2005 :

Dany Dan Debeix

Le spectacle de Dany Dan Debeix, le 14 octobre 2005, a déplacé plus de 500 personnes curieuses de voir ce que fait l’hypnose. Il est vrai que c’est spectaculaire de voir un jeune homme accepter de se faire traverser le bras avec une longue aiguille, et un autre d’accepter la même chose au niveau du cou. Dany Dan prend cependant bien soin de ne traverser que la peau sans risquer de toucher un organe vital et explique que l’hypnose est utilisée pour des extractions dentaires : le patient est insensibilisé, par hypnose, et ne ressent aucune douleur. Un anesthésiste réanimateur à Paris pratique la même technique.

Une file de personnes sur la scène, chacune ayant les bas tendus posés à plat sur le dos de la précédente. Dany Dan place un doigt derrière la tête de la dernière et toute la file bascule en arrière. Réalité ? ou auto-suggestion collective dans la mesure où chacun savait ce qui allait se passer, ce qui devait se passer ?

Une jeune femme accepte l’hypnose. Elle devient raide au point de pouvoir être allongée sur deux tréteaux. Un parpaing est posé sur son ventre. Dany Dan le casse d’un coup de masse. La jeune femme n’a pas bougé. Etrange. Comme est étrange l’aventure de ce jeune homme "écrasé" par une puissante moto et qui se relève indemne. Une histoire de respiration, dira Dany Dan.

Auto-suggestion ? un groupe de personnes fixe intensément une poignée de porte, métallique, la poignée rougeoie, et fume. 150°, 200°, 600° .... ceux qui toucheront la poignée la déclareront brûlante (mais ne se brûleront pas). Dany Dan explique alors ce qu’il assimile à une manipulation des sectes : la poignée est devenue rouge par suite d’un éclairage bien placé, la poignée a semblé fumer par suite d’un léger saupoudrage, la poignée a semblé brûler grâce à une musique de mise en condition, faite à partir d’encéphalogrammes de gens brûlés. « Toutes les 40 secondes, il y a une impulsion de brûlure, moi je sais à quel moment elle vient, c’est alors que je vous ai fait toucher la poignée. Mais en réalité l’objet était à température ambiante ».

Pour Dany Dan, la maladie, en elle-même, n’existe pas : « on est capable de se fabriquer un ulcère, des troubles de la vésicule ». « Dans une famille, quand tous les enfants attrapent la grippe, la mère n’est pas malade : elle n’en a pas le temps ». Il veut dire par là que le mental joue un rôle important dans la santé physique. « Mais alors, si on est capable de se faire du mal, on est aussi capable de se faire du bien. Notre mental est capable de modifier notre physique, de modifier aussi le mental des autres ».

Cela, chacun le sent confusément. Reste à savoir la place de l’auto-suggestion, la capacité de chacun à accepter la suggestion de l’autre, à décontracter assez son corps pour accepter que la parole de l’autre le transforme. Il y a dans l’hypnose un fort coefficient personnel : les personnes très cartésiennes, qui refusent ce qu’elles considèrent comme une manipulation, une intrusion, ne sont apparemment pas sensibles à l’hypnose.

BP


Jean Yves Bardoul

Il fait musique de tout bois

Dans le cadre de sa « Fête au Bassin Bleu » l’association Rencontres avait invité Jean-Yves Bardoul, un excellent violoniste qui se révèle être aussi .... l’homme aux musiques vertes.
Un chaudron de cuivre, une carotte taillée en sifflet, un fagot de joncs, une brassée de branches de châtaigniers, de vieilles valises-à-trésors ... Jean-Yves Bardoul se veut « explicologue » et « bêtisologue ».

JY_Bardoul
Jean Yves Bardoul

Avec une branche de châtaignier il reproduit le bruit d’un vol de pigeons, montre un éléphant, un poisson ou une poule. Avec une boite de conserve et une ficelle, il fabrique « un énervoir à parents ». Avec une paille d’avoine il fait un moulin (qui tourne pour calmer les parents) et une flûte.

Une grille de frigo, judicieusement taillée, fera un vibraphone. La tige creuse d’une courgette évoque le sympathique son d’une débroussailleuse à 6 heures du matin. Une bouteille d’eau (en plastique) avec un ballon, peut même arriver à imiter une cornemuse.

Jean-Yves Bardoul jette les brins de joncs dans la salle, pour le grand plaisir des gamins qui essaient de faire une fusée, comme lui. Feuilles de lierre, endives, tout est prétexte à bruit. Même les douilles des balles des chasseurs peuvent faire une flûte de pan. C’est du délire. Petits et grands ont bien apprécié.

Renseignements : association Rencontres 02 40 81 16 50


Ecrit le 16 novembre 2005

Achmoon

Achmoon est un dessinateur castelbriantais qui réalise aussi bien des BD que des affiches. Il dispose désormais d’un site internet (400 visiteurs par mois) et d’un blog sur lequel il peut faire part de ses nouveautés.

Retrouvez-le sur : www.achmoon.com/
Et n’hésitez pas à faire appel à ses capacités !