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Parlons de la vie

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Écrit le 2 décembre 2015

Lors de l’assemblée générale annuelle de l’Amicale Laïque, le Président Roland Feuvrais a présenté un texte de Dieudonné Hiangouna, auteur, acteur, metteur en scène, publié dans l’Humanité au lendemain des attentats du 13 novembre. Quel plus beau texte pour vous offrir des vœux de Bonne Année ...

 Réaffirmer l’état d’urgence… de vivre - par Dieudonné Niangouna,

Parlons de la vie !
C’est depuis le pays de la vie que nous parlons ! Même pas peur ! La mort a foutu le camp ! Même pas peur ! Nous chanterons et danserons pour continuer le plus beau geste du monde : vivre !
Parce que nous sommes des hommes
aspirant au noble statut d’humain.

Rien ne nous écrasera et ne pourra abattre la force vitale qui s’émeut en nous. On respire, on cogite, on parle, on se marre, on boit des coups, on joue, on éduque, on enseigne, on saigne, on se soigne, on partage, on se met debout, on danse, on court, on s’assoit, on mange, on lit, on dort, on rêve les beaux jours, on fait l’amour, on se lave, on recommence, et on s’aime, et on s’aime, et on s’aime encore à la folie, on écrit, et on ne perd pas la boule !
Parce que nous sommes des hommes
aspirant au noble statut d’humain.

Et, tous les jours, nous nous déplaçons de quelques centimètres pour toucher le bonheur des étoiles. Nous sommes le droit à la pensée parce que nous l’avons créé et nous possédons cet énorme quota d’oxygène dans tout notre être. Vivre est notre raison ! Vivons vie de joie et cœur de passe, s’embrasser les cœurs et se tinter les pommes, donner aux jours le sourire comme fameux éclats du soleil, s’étendre dans le plaisir et souhaiter le bonheur des autres.
Parce que nous sommes des hommes
aspirant au noble statut d’humain.

Être heureux, oui, c’est déjà boxer la situation. Nous renaissons de nos cendres, phénix, chaque jour. Nous avons la magie de la chrysalide, et notre plus bel or est notre amour du monde. Jamais ! Jamais ! Et jamais on nous l’arrachera ! Paris debout dans son plus bel astre du jour ! Et paix dans les cœurs de tes fils qui s’endorment.
Parce que nous sommes des hommes
aspirant au noble statut d’humain.


 Marianne est-elle là ?

Deuxième texte mis en avant par Roland Feuvrais : un extrait du Dictionnaire amoureux de la laïcité, de Henri Pena-Ruiz (Plon) :

Marianne est-elle là ? Nous regarde-t-elle vraiment ? Oui sans doute mais son beau visage immobile, fixé sur nous, semble avoir quelque chose d’un présent intemporel et viser toute l’humanité […]. Nous sommes en République, et tout ce qui fonde les rapports humains sur la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, semble inscrit dans le beau visage de la femme symbole. La République, c’est la communauté de droit des citoyennes et des citoyens, tous égaux par delà leurs différences. Vivre en république, c’est vouloir vivre ensemble, et le manifester selon un contrat qui nous engage sans nous soumettre. Droits et devoirs en partage, avec cette volonté générale, cette faculté inouïe qui nous fait vouloir ce qui vaut pour tous. Sans sacrifier l’identité individuelle à une allégeance, mais en faisant signe vers ce qui peut unir les hommes.

Liberté, égalité, fraternité, laïcité, citoyenne et citoyen, bien public, intérêt général, souveraineté, peuple, école, fraternité, émancipation individuelle et collective, solidarité … ce florilège de mots qui disent l’idéal sont les fondateurs du civisme qui n’est ni soumission ni simple civilité. Nous comprenons, par la raison, à quel point ces principes sont importants pour que la vie des êtres humains soit belle et bonne parce que fondée sur la liberté et l’égalité. […]. À l’heure où les populations se mêlent et se fondent dans les communautés nationales comme dans des creusets, il faut trouver le moyen de faire cohabiter des hommes divers sans renoncer à l’unité. Les entités nationales doivent s’émanciper de leurs particularismes traditionnels sans toutefois les nier. Équilibre difficile quand existent de réelles inégalités économiques et sociales et trop d’injustices. Inégalités et injustices qui sont induites par l’exploitation de l’homme par l’homme, par l’attrait du profit immédiat, par une mondialisation ultralibérale, destructrice des droits sociaux.

C’est alors que, sur fond de déshérence, (ré)apparaissent les fanatismes religieux. Il est alors indispensable de rappeler la portée universelle et le sens de l’émancipation laïque, trop souvent oubliés….


 Une forte amicale

L’amicale laïque (ALC) est une forte association à Châteaubriant, avec ses sections sportives, son club des supporters, et, c’est nouveau, son club de Marcheurs Au Long des Chemins.
Badminton (80 licenciés), Basket (110), Football (216), Gymnastique rythmique (53), Handball (222), Rando (81) soit plus de 750 sportifs dont 300 jeunes environ. En plus des activités sportives, l’ALC organise des soirées festives (repas, spectacles, chaumière) dont les bénéfices sont attribués aux écoles publiques de la ville. L’ALC est propriétaire de son local, grâce à l’apport financier des adhérents, et le met à disposition des associations qui le demandent : l’ACPM  , l’association Rencontres  , l’association Alis44110, etc. Ce local accueille aussi les enfants des écoles publiques des environs venant à Châteaubriant pour une séance de cinéma ou un cours de patinage. Ce lieu d’accueil est bienvenu pour les pique-niques notamment.
Toutes les indications nécessaires sont sur le site de l’ALC.

À l’assemblée générale, une adhérente a exprimé une opinion :

« Je me demande si nous n’aurions pas autre chose à faire. Sans doute pas seuls, mais avec d’autres associations de la ville. Nous avons répondu présents à l’appel de ceux qui veulent aider les réfugiés. Ne nous faut-il pas nous mobiliser, redonner aux jeunes et aux moins jeunes le sens des responsabilités ?
Autrefois, nous nous retrouvions pour des réunions de réflexion. Nous savions consacrer du temps à l’encadrement de la jeunesse mais nous avons abandonné, nous laissons chacun devant sa télé ou son smartphone et le débat collectif n’existe plus.
Alors je propose que nous prenions l’initiative   de réunir toutes les associations qui ont les mêmes idées (et la municipalité pourquoi pas), que nous fassions la liste de tous les sujets que nous souhaitons aborder, que nous nous répartissions les rôles, que nous lancions des débats, par exemple sur le rôle des parents, sur le harcèlement à l’école, sur la prise de responsabilité des jeunes, etc. Car je m’inquiète, « Si un jeune sort de l’école obligatoire persuadé que les filles, les noirs ou les musulmans sont des catégories inférieures, peu importe qu’il sache la grammaire, l’algèbre ou une langue étrangère. L’école aura raté son coup dramatiquement, parce qu’aucun de ceux qui auraient pu intervenir à divers stades du cursus n’aura considéré que c’était prioritaire. » (Philippe Perrenoud, Dix nouvelles compétences pour enseigner).
J’ai le sentiment qu’il manque quelque chose du côté de l’éducation populaire. Et que c’est à nous d’impulser la réflexion et l’action. »

Et voici un autre point de vue :
« Créer des rencontres  , du collectif, cela permettra à des jeunes de ne pas s’enfermer. Beaucoup d’entre eux sont en quête de sens pour leur vie. Libérer la parole, permettre à ces jeunes de se réunir, d’échanger sur ce qu’ils vivent, de réfléchir ensemble, c’est comme cela qu’on renforcera le sentiment d’appartenance à notre société et qu’on redonnera aux jeunes, comme à d’autres, le sentiment d’être acteurs de leur vie » dit Rina Rajanoary (JOC)

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