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Le théâtre Messidor, jusqu’à quand ?

Ecrit le 18 mai 2016

1996/2016 ! Le théâtre Messidor fête les vingt ans de son implantation à Châteaubriant. Un défi hautement relevé qui a fait d’une expérience de décentralisation sur le nord du département au lendemain de l’ouverture du Théâtre de Verre  , une action théâtrale, culturelle et artistique d’envergure auprès de l’ensemble de la population du Castelbriantais. Reconnaissance institutionnelle de la démarche et soutiens essentiels des Pouvoirs publics, régionaux, départementaux et municipaux, mais aussi et c’est sans doute là que se juge au mieux la réussite de l’aventure, accueil et partage pour ne pas dire « appropriation » de cette implantation par toutes celles et tous ceux qui – spectateurs ou acteurs – ont fait de Messidor, leur outil d’expression, leur lieu de rendez-vous théâtral, leur espace de création artistique.

En vingt ans, saison après saison, de créations professionnelles toutes programmées au Théâtre de Verre   en production amateures :

  • - Promenades d’été et spectacles de Noël,
  • - Ateliers de formation hebdomadaires pour les élèves de primaire, du collège de la Ville aux Roses, des lycées publics, de la Maison Familiale Rurale.
  • - Manifestations intergénérationnelles commandées par la Ville de Châteaubriant, la Communauté de Communes, les diverses associations comme « l’Office du Tourisme   »« La Foire de Béré » « Rencontres   », « Les amis du Musée », par les institutions « Le CCAS   » « le CAT »« La Maison de l’Emploi » « l’Ifsi », ou par les entreprises privées comme « Team plastique »,
  • - Stages, mises en scènes et formations auprès des troupes amateurs locales, sans oublier les rendez-vous annuels depuis 1997 de l’évocation artistique à la Carrière des Fusillés. Messidor s’est inséré dans le paysage social et culturel du Pays de Châteaubriant  , maillon humble mais référent de la grande histoire de la culture populaire et de la décentralisation culturelle.

Il manifeste la volonté d’ouvrir au plus grand nombre la voie à l’expression, de favoriser l’éveil des paroles individuelles, de donner accès au savoir par la lecture ou par l’interprétation de textes littéraires et dramatiques, de sensibiliser aux valeurs de respect, d’écoute, d’intégration, de tolérance et de mettre le théâtre à la portée de toutes et tous.

Lieu d’échanges, de risques, d’exigences, de dépassement de soi et de plaisir, le Théâtre Messidor offre par l’art du théâtre une confrontation au réel, pour « oser dire, oser jouer » et pour cela, maintenir coûte que coûte le cap de la création professionnelle, clé de voûte de tout l’édifice comme ce fût le cas une nouvelle fois avec l’écriture, la mise en scène et l’interprétation du spectacle « une nuit de petites musiques » (11è création en 20 ans) présenté au Théâtre de Verre   en octobre dernier dans le cadre de la saison culturelle.

Pour autant des difficultés de plus en plus grandes s’accumulent depuis ces dernières saisons. Difficultés financières liées à la crise actuelle qui n’en finit pas de restreindre les budgets et particulièrement ceux de la culture. Difficultés de diffusion des spectacles, dans un marché consumériste où le sensationnel et le divertissement priment et l’emportent sur des paroles plus contemporaines, plus culturelles et moins médiatiques. Difficultés à obtenir des commandes de la part des Pouvoirs publics qui puissent nous permettre d’avoir une assurance de travail à moyen terme. Difficultés à défendre un statut d’intermittence dans un projet social de loi travail qui n’aspire qu’à voir disparaître ces métiers dits de précarité.

La lutte est donc âpre pour continuer d’exister. Les « nuits debout » en témoignent, tant de gens, de toutes générations, cherchant une alternative, une autre voie, un autre espace d’expression pour dire le mal-être social, les rêves et les espérances d’un autre monde en quête de plus de justice et de vraie démocratie.
(extraits du rapport moral)