Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Associations > Rencontres > Rencontres, histoire de femmes

Rencontres, histoire de femmes

Ecrit le 01 juin 2016

Rencontre de femmes autour d’un fil

Parques
  • Dans la mythologie grecque, ce sont les Moires,
  • Dans la mythologie romaine on les appelle les Parques,
  • Ce sont les trois déesses du destin. La première file une laine : c’est la naissance, la Fileuse étire le fil de la destinée. La deuxième enroule la laine : c’est le déroulement de la vie dont elle mesure la durée. La troisième coupe la laine : c’est la mort.

A l’occasion de l’exposition d’Ar Muse, autour du thème « Le fil », l’association Rencontres (avec Janice Roul) a provoqué les récits et les œuvres de femmes du quartier HLM de la Ville aux Roses. Elles ont ainsi raconté leur voyage, de leur village natal vers Châteaubriant, et brodé leur vie

Broderie

Asuman

Asuman raconte à 6 ans son voyage à Istanbul pour y rencontrer la grande sœur. « Mon père m’avait fait une surprise, il m’avait acheté les chaussures rouges de mes rêves et aussi une poupée ». A 23 ans, le mariage de la fille de sa sœur « Il y avait des danses, des festivités et des spécialités de la région de Balikesir. Il y avait du hosmerim. C’est la première fois que je goûtais de ce très bon gâteau ». A 30 ans, les vacances à la mer à Iskenderun « Nous sommes allés à la mer tous les jours avec mes enfants. Mes enfants ont bien profité des vacances, moi aussi j’avais besoin de repos ».

38 yasinda
Ve sonunda geldim fransaya burada yasamaya basladim kültürlü farkli insanlarla tanistim onlari tanimaya çalisiyorum dil ögrenmeye çalisiyorum insanlarla gayet güzel anlasiyorum.

38 ans,
Je suis venue en France pour vivre ici.
J’ai connu des gens de différentes cultures. J’essaie d’apprendre la langue.
Je m’entends très bien avec les gens.

Yarin ...
Türkiyeye gitmek isterim Ailemi çok özledim onlari görmek isterdim. Hayatimda bu kadar ayri kalmamistim çok zor, onlari görmemek onlardan ayri kalmak

Demain ...
je voudrais repartir en Turquie, ma famille me manque beaucoup, j’aurais voulu les revoir. Dans ma vie je m’étais jamais autant séparée d’eux, c’est très dur d’être loin d’eux.

Zouloufa

Zouloufa

Zouloufa vient de Mayotte, en passant par diverses villes de La Réunion : St-Denis, St André, St Paul. Et enfin arrive en France (Châteaubriant, La Guerche)

À 6 ans je me souviens… je restais à la maison après l’école coranique. À neuf heures, les autres allaient à l’école française. Quand je voulais acheter un habit ou quelque chose, je vendais de l’huile de coco. Je montais dans les cocotiers, j’étais jeune et forte pour monter dans les arbres. Je ramassais les cocos, je les ouvrais. À l’intérieur, je trouvais la chair blanche, je la râpais, je la mettais dans de l’eau, je la malaxais, je la filtrais. Je posais la pâte dans une marmite pendant trois jours, je récoltais le gras, je mettais le gras dans une autre marmite, je chauffais au feu de bois pendant au moins une heure. On avait de l’huile de coco.
Pour 1 litre d’huile, il faut 10 noix de coco. Avec 1 litre, je gagnais 5 francs. Avec 5 francs je pouvais acheter 2 mètres de tissu.

À 15 ans, je me souviens… j’ai commencé à faire de la broderie, j’étais encore à Mayotte. On faisait de la broderie pour les mariages, pour les housses de coussins, les draps. On en faisait beaucoup. C’est pour décorer.

À 17 ans, je me suis mariée. Je restais à la maison pour faire le ménage, préparer à manger. Mon mari partait au travail. Quand j’avais fini, je faisais de la broderie.
J’ai eu 5 enfants avec mon mari.

A 40 ans, je me souviens, je suis arrivée à Châteaubriant, j’étais hébergée chez ma demi-sœur Haïcha, à côté de l’ancien local de la police municipale.
Je veux qu’on habite tous ensemble avec ma famille, mes enfants sont tous en France.

Ma nièce qui habite à Marseille, a retrouvé une photo à Mayotte. J’ai tremblé quand je l’ai vue. J’étais très jeune. J’étais belle aussi. J’avais tellement oublié…

Pour demain, je veux le permis de conduire, et apprendre à lire et à écrire.

Kourati

Kourati

A 10 ans je me souviens, avec ma grand-mère, je fabriquais des chapeaux et des paniers avec des feuilles de palmier. Après, je les vendais pour acheter des choses. J’achetais des draps, pour faire de la broderie. J’achetais des chaussures.
Quand j’étais petite, j’allais à l’école coranique de 8 heures à 10 heures le matin.
Après je rentrais à la maison, je retournais l’après-midi jusqu’à 16 heures.

À 20 ans, je me souviens… J’ai beaucoup travaillé dans les champs. Je ramassais les bananes, les tomates. Après je les apportais au bazar et je les vendais. Les champs étaient à ma famille. Ma grande soeur est encore à Mayotte. Mon frère est marin pêcheur. J’ai un autre frère qui est décédé.

À 30 ans, je me souviens, je suis partie à la Réunion. Je travaillais le week-end, je ramassais des piments. La semaine, je gardais des enfants. Je suis arrivée en France en juin 2013.

Pour demain, je veux retourner à Mayotte.
Ici, c’est difficile. Je reste seule. Il n’y a pas d’homme à mes côtés. Papa et maman sont là-bas. Ils sont fatigués.

Ici, on a de l’argent, mais on l’utilise beaucoup. À Mayotte, je paye la taxe d’habitation, les factures et c’est tout. Dans le jardin, il y a des bananes, des cocos, du manioc. Ici, tout est trop cher. À Mayotte je gagne 200 euros, mais les 200 euros, ils restent. À Mayotte il y a beaucoup d’entreprises qui font de la broderie, des draps, des nappes, des rideaux.

L’exposition d’Ar Muse se termine le 29 mai, cependant les broderies des femmes seront exposées au local de l’association Rencontres en juin-juillet- 3 allée Messager Châteaubriant – 02 40 81 16 50