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Commerce : la petite épicière, Vival

Ecrit le 6 septembre 2006

  Carole Hamon, la Petite Epicière

« Vers 1900, il y avait 60 épiceries à Châteaubriant » dit Jean Gauchet, dont la mère était épicière en 1940 et qui a eu l’occasion d’étudier le recensement de 1982.

Et maintenant ? En 2006, il ne reste qu’une seule épicerie : celle de Carole Hamon à l’enseigne Vival, dans la rue Joseph Chapron, à côté de l’église St Nicolas. Cette épicerie était « SPAR » jusqu’en 1999, elle était tenue par les parents, M. et Mme Hamon.

Carole Hamon a d’abord fait des études au delà du baccalauréat : elle a un BTS action commerciale, qui lui a permis de rentrer dans une grande surface, en Haute Savoie, où elle a suivi une formation de responsable de rayon.

Carole Hamon
Carole Hamon

« Salariée, c’est bien, mais j’ai eu envie d’être plus indépendante ». En 1999, M. et Mme Hamon décident d’arrêter leur commerce. Leur fille Carole réfléchit et décide d’acheter. « Je n’ai pas hérité de mes parents, j’ai acheté le commerce pour ne pas léser mon frère et ma sœur » dit-elle. Elle a, pour cela, monté un dossier de financement, qui a été jugé solide par Châteaubriant-Initiative   et lui a permis d’obtenir un emprunt.

 48 m2

Le magasin est petit, 48 m2, et le chiffre d’affaires n’atteint pas des sommets. C’est pourquoi il n’a pas été possible de rester « SPAR » : Carole Hamon s’est donc contentée de l’enseigne VIVAL, comme 1500 petits magasins en France. « Contentée ? Oui, car je suis très contente de la centrale d’achat ». Elle explique qu’il y a des systèmes mal adaptés dans lesquels le « petit » commerçant doit aller chercher lui-même ses produits auprès d’un grossiste. « Ici c’est différent, la centrale Casino prend mes commandes et livre ». Oui oui, le même « Casino » que celui des hypermarchés. Le représentant de Casino passe régulièrement pour mieux adapter ses services aux besoins.

 Mille feuilles

Carole Hamon apporte un soin particulier à ses fruits et légumes. Elle passe pour cela par un grossiste, Sarl Louaisil, à La Guerche. « Je suis livrée tous les jours, en fonction de mes commandes. Je ne prends que ce que je peux vendre, 3 bottes de radis, 2 concombres, etc ». C’est cette gestion au plus près qui explique pourquoi, chez Carole, les fruits et légumes sont toujours en très bon état. Et bons ! Carole réussit à avoir des fruits de très bon goût, mûrs à point pour la consommation. « C’est vrai que je ne prends que de la qualité extra » dit-elle. Performance : il arrive souvent qu’ils soient moins chers qu’ailleurs.

Peu connu : Carole réalise des paniers de fruits à offrir pour anniversaires, départs en retraite et autres occasions de cadeaux

Pour les légumes, Carole Hamon fait confiance à un agriculteur de Châteaubriant, M. René Degré. « Mes parents travaillaient déjà avec son père ». Tomates de plein champ, haricots verts, salades, pommes de terre. Du frais, rien que du frais. En ce moment, en avance sur la saison, le magasin propose des choux verts, en feuilles : « Je peux en vendre un millier dans la journée » dit Carole. En fin de saison elle les vendra en cœurs.

M. Degré sème aussi du blé noir, le bat à la main et le fait moudre au Moulin du Pont à Sion-les-Mines.

Pour le pain, qui lui est livré le matin, Carole Hamon fait confiance à la boulangerie Aubinais. Le miel vient de M. Duchêne à La Guerche. Les pâtés de lapin sont faits par M. Pouessel à Ruffigné. Les pommes poussent au verger Hervé à Ruffigné. Les confitures sont confectionnées dans un verger de Vallet. « Ces produits ne sont pas étiquetés « bio » mais ils sont produits dans des conditions analogues ».

Et puis il y a le « coup de main » professionnel, comme d’aider au mûrissement des avocats en les plaçant sous le compresseur du congélateur.

 Bourru

Carole Hamon vend aussi des produits « épicerie fine » comme le vinaigre à l’ancienne « Martin Pouret » qui vient d’Orléans. A la saison (bientôt !) elle vendra du « vin bourru » qu’on appelle Bernache par ici : elle s’en procure environ 150 bouteilles en Vendée.

Pour le reste, ce sont des produits « Casino » : « j’ai abandonné progressivement les marques de yaourts vendues par mes parents, après avoir fait goûter les produits à mes clients. Ils sont satisfaits de la qualité et d’un prix moindre, souvent équivalent à celui des grandes surfaces, sauf en ce qui concerne les promos ».

 Service

Lait Ribot, ailes de poulet, sucettes géantes, lait solaire, croquettes moelleuses, jambon de Bayonne, lingettes sols, yaourts de soja, piles, brochettes de bois, farine de blé noir, tiramisu ... on trouve de tout dans ce magasin Vival qui a le mérite d’être rangé de façon rationnelle ... et astucieuse parfois, comme en témoigne cette étagère-balançoire accrochée à une poutre du plafond. Au bout de l’arrière-cour qu’elle partage avec la boucherie voisine, Carole a acheté un garage qu’elle a aménagé en chambre froide.

L’avantage d’un petit magasin de ce type, c’est la qualité du service ... et le sourire de l’épicière.

La qualité du service, on la voit en particulier lors des livraisons à domicile. « J’ai ainsi une trentaine de clients réguliers ».- mais aussi dans le tri rigoureux des fruits et légumes, dans le respect absolu des dates de fraîcheur, mais encore dans les conseils donnés pour l’achat des vins. « Je suis chaque semaine des cours en œnologie, avec La Cave » dit-elle.

Le sourire de l’épicière : c’est naturel chez Carole, et chez son frère Christophe (quand il vient donner un coup de main) et chez Anne son employée.

« Cela s’accompagne souvent de l’écoute des clients. Ce n’est pas toujours facile quand, nous aussi, nous avons des difficultés, mais c’est répondre à un besoin des gens qui ne viennent pas ici rencontrer une caisse enregistreuse ».

Jeunes ou vieux, clients de semaine ou du dimanche, clochards, médecins, ouvriers et Sous-Préfet : le magasin VIVAL n’est pas un magasin de dépannage. Il a ses clients fidèles (et aussi des clients occasionnels surtout le dimanche), de tous milieux et ... de toutes opinions politiques, ce qui est normal ! Carole Hamon a ses opinions mais ne fait pas de différence entre ses clients.

 Indépendance ?

Le rêve de Carole Hamon : l’indépendance, est-il bien réalisé ? « Oui, en ce sens que j’organise le magasin comme je l’entends, en fonction des attentes des clients » - mais c’est aussi un emploi du temps très chargé : le magasin est ouvert de 8 h à 13 h et de 15 h à 20 h, avec seulement deux demi-journées de pause, le dimanche après-midi et le lundi après-midi : 60 heures d’ouverture par semaine !

Et ensuite, il reste à faire la gestion des commandes et la comptabilité.
Ce n’est certes pas un métier de tout repos. Mais Carole aime ce métier, c’est une évidence que ressentent fort bien ses clients !

Il y a donc encore une place pour le « petit commerce » et c’est tant mieux.
B.Poiraud

Vival : 02 40 81 05 68


Ecrit le 6 septembre 2006 :

  Grandes surfaces}

De plus en plus nombreuses dans le paysage commercial français, les grandes surfaces (plus de 400 m2) prédominent, en France, dans l’alimentation générale, l’équipement du foyer et l’aménagement de l’habitat, tout en s’affichant de façon croissante dans l’habillement, la culture, les loisirs et le sport, selon une étude de l’INSEE publiée mercredi 2 août 2006.

Mais les petits magasins se défendent bien, surtout dans l’alimentation spécialisée, l’artisanat commercial et d’autres domaines (optique, bijouterie)

Entre 1992 et 2004, la surface moyenne des points de vente a doublé de moitié, passant de 140 à 210 m2, en raison de l’augmentation du nombre des grandes surfaces. Aujourd’hui, ces magasins représentent 10 % du parc commercial (contre 6 % en 1992), couvrent 65 % de la surface totale de vente et réalisent 63 % du chiffre d’affaires du commerce de détail

En 2004, tous secteurs confondus, les commerces de moins de 60 m2 représentaient encore 44 % des points de vente (contre 51 % en 1992).

Dans la région de Châteaubriant il y a des magasins VIVAL à St Vincent des Landes, La Meilleraye, Noyal sur Brutz, St Julien de Vouvantes, Grand Auverné, etc et Rougé (que vient de reprendre Nicolas Trévier).


Ecrit le 6 septembre 2006 :

 Souvenirs ... souvenirs

Jean Gauchet, dont la mère tenait une épicerie rue Max Veper, se souvient très bien des épiceries de Châteaubriant, ces 70 dernières années :

Trois épiceries « fines » :
	Lethu-Ménard, rue Aristide Briand
	Buronfosse, rue Aristide Briand
	Epicerie Saint Jean, rue de Couëré (au Pont St Jean)

Et de nombreuses autres « petites » épiceries, sûrement pas rentables. Elles étaient souvent tenues par les femmes (les maris travaillant à l’extérieur). « Elles avaient un rôle social. J’ai vu de nombreuses fois des femmes venir chercher une bricole et rester une heure à discuter. Et en fin de mois, quand les familles ne pouvaient plus joindre les deux bouts, qui faisait crédit ? » se souvient Jean Gauchet.

Docks de l’Ouest, rue Aristide Briand
Mme Péniguel, rue Michel Grimaud
Mme Bailly, rue de la Libération
Mme Gauthier, rue de la Libération
Mme Gauchet, rue Max Veper
Mlle Bourgine, rue de la Barre
Mme Cruaud, rue de la Barre
Mme Guibert, rue de la Barre
Mme Genêt, place de la Motte
Docks de l’Ouest, place de la Motte
Mme Sassier, rue Pasteur
Mme Rabu, Grande rue
Mme Peslerbe, rue de Couëré
Mme Saunier, rue Denieul et Gatineau
Mme Segaud, rue des Déportés Résistants.
Mme Gatichel, route de Fercé
Mme Pinon, rue Annie Grosdoy
Mme Peauvert, au Chêne Chollet
Mme Beauland rue du Fbg de Béré
M. René Cloteau, rue du Fbg de Béré
Mme Montoire, rue Amand Franco
Mme Sinenberg, Route de Juigné
M. Gautier, bd de la République
Mme Besnier, bd de la République
Mme Brizard, bd de la République
Mme Viaud, La Grenouillère
Mme Caris, place St Nicolas
Tessier, Petit Bazar, rue du 11 novembre
Maganis, Grand bazar, place St Nicolas
M. Provost, rue du 11 novembre
Mme Brochec, rue du 11 novembre
Le Caiffa, le long de l’église St Nicolas

Et d’autres dont Jean Gauchet ne sait plus le nom : rue Aristide Briand, rue de Couëré, rue du 11 novembre, rue Tournebride, Fbg de Chécheux.

Pour la petite histoire, Jean Gauchet rappelle qu’Ernest Bréant (ancien maire et député de Châteaubriant) tenait une épicerie avant Mme Buronfosse, rue Aristide Briand.


Ecrit le 7 décembre 2011

 Adieu Carole, bonjour Corinne

Carole Hamon a quitté le magasin « Vival », la petite épicerie qu’elle tenait, à côté de l’église de Châteaubriant. Contente de ce qu’elle a fait, contente aussi de partir.

Ses clients appréciaient son sourire, son attention aux autres, son désir de bien les servir, la qualité de ses produits. Carole était aussi un rayon de soleil pour les personnes âgées qu’elle livrait à domicile.

Soucieuse du développement local, elle s’approvisionnait chez les producteurs régionaux, autant que possible. Il y avait donc toujours des produits frais, fréquemment renouvelés, et de très bonne qualité, sans pour autant être plus chers.

Mais le métier est difficile pour une femme seule : faire les commandes, transporter les marchandises (le magasin est petit, 48 m2, et il faut être bien ordonnée pour ne pas perdre de place), assurer une présence de 10 heures par jour avec seulement deux demi-journées de congé par semaine. Il faut avoir un moral d’acier ! Et quand le magasin Carrefour se met à ouvrir le dimanche, il faut pouvoir faire face à une baisse de chiffre d’affaires qui l’a conduite à licencier son employée, en août dernier. Carole Hamon a donc cherché à vendre. Elle a des projets ...

Au revoir Carole et que l’avenir vous apporte plein de satisfactions.

Maintenant c’est Corinne Rossignol, 27 ans, qui reprend le magasin. Venant du Nord, son implantation dans l’Ouest va la changer. Habituée des marchés, qu’elle faisait avec son mari, elle n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Elle va aussi reprendre les tournées de livraison. Elle sera aidée par son mari pour la réception des livraisons.

Et, qui sait ? peut-être lancera-t-elle un autre magasin ?

Bonjour Corinne