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Secours populaire

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Ecrit en octobre 2003

 Secours Populaire   : la face cachée

L’assemblée générale du comité du Secours Populaire   Français (SPF) de Châteaubriant s’est tenue jeudi 23 octobre 2003 autour de sa responsable locale, Annie Anberrée.

Dans son rapport d’activité le SPF distingue les actions qui rapportent des fonds des actions qui utilisent ces mêmes fonds.

Beaucoup d’efforts

Les bénévoles du Secours Populaire   se démènent sans bruit mais avec opiniâtreté, et pas toujours avec un résultat à la hauteur de leurs efforts.

La foire de Béré : pas de bons résultats malgré la bonne participation des bénévoles. Le projet était peut-être trop ambitieux. (Vente de crêpes).

La braderie du marché couvert   rapporte de moins en moins, il est suggéré d’y ajouter une vente de crêpes et de café.

Les Pères Noëls Verts : Chaque année de fidèles et généreux donateurs envoient un chèque pour cette période difficile. Cela permet d’améliorer la distribution de cette période de Noël et de financer les actions qui concernent les enfants.

Le concert de décembre 2002 organisé pour le S.P.F par des élèves de terminale du Lycée Guy Môquet, a moins rapporté qu’en 2001 malgré une excellente préparation. La représentation qui avait lieu en même temps à Rougé pour le Téléthon a peut-être partagé le public en deux...

La Brocante de Béré en Janvier 2003 a obtenu de bons résultats.

Le Karaoké de février : Entrée gratuite, horaires larges, animation sérieuse ... rien n’y a fait. Pas de succès pour cette action qui se voulait chaleureuse et joyeuse ! Le SPF a frôlé le déficit, heureusement que tous les animateurs de cette soirée étaient bénévoles !

Les vide-greniers ne sont pas très rentables : les bénévoles utilisent leur véhicule personnel et ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts ... pour 40 à 100 euros.

Le vestiaire ne fonctionne pas. La concurrence des magasins à petits prix est forte et les « clients » potentiels préfèrent acheter « du neuf » plutôt que « du deuxième main » même de marques bien connues.

Le jardin grâce au C.R.F.A. a rapporté des haricots et de courgettes..., ramassés par les bénévoles, et qui ont été distribués.

Tout ceci montre une forte activité bénévole, souvent décevante en matière de rentrées financières.

Collecte tous les jeudis au matin

Chaque semaine trois bénévoles font le tour des grandes surfaces de Châteaubriant le jeudi matin pour récolter les dons en produits frais. Il s’agit de produits dont la date de péremption approche et qu’il vaut mieux consommer rapidement pour garder leurs qualités. Ils sont distribués le jour même à une quinzaine de familles. La distribution est complétée par des produits que le SPF va chercher à Nantes chaque mois à la centrale de collectage du S.P.F.Ce sont des produits offerts par la C.E.E. et des produits de grande nécessité dont la centrale a négocié les tarifs auprès des producteurs ou qui lui ont été offerts par les grandes surfaces et les usines de Nantes et sa périphérie. Pour ces produits le SPF paie le stockage et le prix négocié.

Les personnes aidées versent une petite participation. Le SPF a pu aider financièrement cette année trois personnes en très grande difficulté. Et dépanner quelques familles en mobilier, vaisselle, linge de maison, à très petite participation et parfois gratuitement.

Une famille a pu partir trois semaines en vacances. Cinq enfants ont été accueillis par quatre familles bénévoles du secteur. Dix enfants ont pu aller voir Harry Potter au cinéma.

Tout cela peut se faire grâce à de généreux donateurs.

Projets

Pour l’année 2004, la section va reconduire le karaoké, participer au forum des associations, continuer les collectes de jouets (en espérant n’avoir pas trop de peluches), récolter des pommes de terre dans le jardin du cœur et solliciter pour « Le Père Noêl Vert » en envoyant les appels aux dons dans les entreprises locales

Le SPF continuera à récupérer les meubles et les objets donnés par les familles afin soit de les distribuer soit de les utiliser dans les vide-greniers.

En terminant la section locale s’est inquiétée pour ses locaux qui se situent dans le périmètre de rénovation du site de l’église de Béré. Elle attend à ce sujet des précisions de la part de la municipalité.


Ecrit le 29 septembre 2004 :

 Un risque d’émeute de la faim

Secours Populaire  , 17 heures, dans un local vétuste* au 27 rue du Faubourg de Béré à Châteaubriant. Une dizaine de militantes sont présentes (eh oui, rien que des femmes). La journée a été dure : dès le matin elles sont allées, avec leur voiture personnelle, à la collecte des surplus des magasins Hyper U, Le Mutant, Leclerc, Intermarché. Produits frais à la date limite, produits d’hygiène, conserves : tout ce qui ne peut plus être vendu est ainsi donné aux associations caritatives de la ville qui en assurent la redistribution.

« Nous avons reçu 15 familles aujour-d’hui » explique la nouvelle Présidente Danielle ANDRE qui succède à Annie ANBERRE. « Les familles bénéficiaires ont un revenu voisin du RMI. Nous les ravitaillons sur justificatif des ressources, notre barème, fixé au niveau national, est le plus bas à Châteaubriant » commente Brigitte. « Mais, indépendamment des tarifs, il nous arrive de faire du cas par cas, de donner un colis de dépannage à une famille qui, malgré le retour à l’emploi, ne parvient pas à joindre les deux bouts. Nous sommes là pour écouter les gens, pour les aiguiller vers l’ANPE ou d’autres organismes. Il nous arrive souvent de réconforter des personnes, d’organiser la solidarité : une famille bénéficiaire peut aider une autre à transporter ses conserves ». dit Jacqueline

Dans la société actuelle où tout est basé sur le fric, le Secours Populaire   montre que des personnes s’investissent bénévolement dans une action de solidarité.

Ni la couleur,
ni les opinions

Au Secours Populaire   l’accueil est chaleureux (c’est d’ailleurs pourquoi l’équipe de bénévoles a pu s’étoffer), on ne regarde ni la couleur ni les opinions des personnes dans le besoin. D’après Marie-Jo : « Il nous arrive de recevoir des SDF, sans domicile fixe, et des gens du voyage qui sont parfois rejetés ailleurs ».

Pour le ravitaillement le Secours Populaire   dispose de deux congélateurs et d’un réfrigérateur. « Il nous manque un camion réfrigéré car nous n’avons pas le droit de rompre la chaîne du froid. Nous utilisons nos glacières de camping mais ce n’est pas une solution durable » dit Jacqueline

Fermeture des frigos

L’association distribue aussi des produits de l’Union Européenne. Récemment, a été annoncée une éventuelle fermeture des frigos européens (eh oui, en économie de marché il n’est pas question de donner). Julien Lauprêtre secrétaire national du Secours Populaire  , commente : « Il y a quatre associations en France - les banques alimentaires, la Croix-Rouge française, les Restos du cœur et le Secours populaire   - qui ont accès aux réfrigérateurs européens. L’Europe dit que les frigos seront fermés à partir de 2005. Nous refusons cette idée. Quand nous demandons aux gens qui viennent nous voir : si vous n’avez plus d’aide alimentaire, qu’allez-vous devenir ? Certains répondent qu’ils sont prêts à attaquer des supermarchés pour ne pas mourir de faim. Nous allons droit à une catastrophe majeure avec cette décision. S’il n’y a plus rien à manger, nous connaîtrons les émeutes alimentaires. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de manger ! L’argent non dépensé pour la nourriture sert à toute cette population pour payer le loyer, les habits. »

Le Secours Populaire   vend aussi, à prix très modique, des vêtements, du linge, des meubles. A des femmes seules qui emménagent dans un HLM avec des enfants. A des jeunes en rupture familiale qui démarrent dans la vie avec ... rien. « Si nous avions davantage de place nous pourrions aider davantage de gens » disent Christiane, Françoise et Jeannette.

Militantes du Secours Popul
De gauche à droite
Premier rang : Brigitte, Françoise, Danielle
Deuxième rang : Jacqueline, Christiane, Marie Jo, Jeannette

Semeurs d’espoir

« Nous sommes des semeurs d’espoir » dit Julien Lauprêtre, secrétaire général du Secours Populaire  .

L’année prochaine, le Secours populaire   français fêtera ses cinquante ans. Depuis un demi-siècle, l’association lutte contre la pauvreté et l’exclusion, en France et dans le monde.

Selon Julien Lauprêtre « Il y a eu trois étapes dans l’histoire de la solidarité populaire dans notre pays. D’abord, la constitution du Secours rouge, émanation du Secours rouge international, qui a existé de 1924 à 1936. Avec la victoire du Front populaire, naît le « Secours populaire   de France et des colonies ». Ce fut un trait de génie des dirigeants du Secours rouge qui ont considéré que la solidarité populaire ne pouvait être l’émanation d’un seul parti politique, d’une seule idéologie, mais qu’elle devait être l’expression d’une grande idée partagée. »

C’est à cette époque que le slogan « tout ce qui est humain est nôtre » devient le mot d’ordre de l’organisation. Sa première initiative   a été d’apporter une aide aux enfants espagnols, et aux victimes du franquisme. C’est à cette époque que naissent les grandes initiatives sociales telles que les colonies de vacances.

Dissous en 1939, le Secours s’est maintenu dans la clandestinité, réussissant à diffuser 72 éditions de la Défense, son journal. Mais la moitié des cadres de l’association ont été fusillés ou déportés.

À la Libération, l’organisation s’appelle « le Secours populaire   français ». Sa première action : organiser des vacances pour les enfants de Déportés et de Fusillés. Par la suite, dans les années 60, le Secours Populaire   prend son indépendance et la défend jalousement depuis cette époque.

Le Secours Populaire   aide les victimes de tous les drames, quelle que soit l’opinion de ses militants sur la cause de ces drames. « Si on ouvrait un débat au Secours sur les responsabilités du chômage dans notre pays, les réponses seraient multiples. S’il fallait attendre de se mettre d’accord pour apporter de l’aide, les enfants de chômeurs ne seraient pas prêts de partir en vacances ou d’avoir des cadeaux à Noël. C’est sur cette base-là qu’on a pu créer l’idée d’un large rassemblement de gens de toutes opinions qui sont d’accord pour œuvrer sur les conséquences ».

Julien Lauprêtre continue « Nous tenons particulièrement au caractère populaire de notre activité. Tous nos dirigeants sont issus de milieu modeste. Notre façon de pratiquer fonde aussi notre originalité. Nous ne développons pas l’assistanat, nous avons à cœur de développer le partenariat. À un couple dans les difficultés, dont le mari est au chômage, nous disons : nous pouvons vous aider, mais demain, nous avons un camion à décharger, venez nous donner un coup de main. À une mère seule avec trois enfants, nous demandons des dessins qui nous serviront dans les pays étrangers, dans des centres de personnes handicapées. J’aime dire qu’au Secours populaire   l’entrée est gratuite, la sortie est payante.

Nous faisons systématiquement appel à la dignité des gens. Nous veillons à développer toujours plus les activités populaires de la solidarité avec la participation des gens, en respectant leur dignité. »

Espoir

Julien Lauprêtre ajoute : « Face à cette société d’exclusion et de précarisation, si j’étais un citoyen ordinaire, je serais, sans doute, désespéré. Chaque heure, chaque jour apporte son lot de souffrance, de désespérance et l’idée s’impose qu’on n’en verra jamais le bout »

« C’est pourquoi je n’ai de cesse de dire à mes amis bénévoles : surtout, ne sous-estimez pas ce que vous faites ! Vous n’êtes pas le petit comité de telle ville ou de tel quartier, vous êtes le grand Secours Populaire  . L’année dernière, nous avons aidé près d’un million de personnes à qui nous avons apporté un peu de solidarité. Forcément, nous avons évité que des personnes désespérées se suicident. Forcément, nous avons permis à des familles de ne pas sombrer dans le drame. Nous sommes des semeurs d’espoir. »

Le gamin qui part en vacances avec le Secours Populaire   (5 familles d’accueil cet été dans la région castelbriantaise), le môme qui reçoit un cadeau des mains d’un Père Noël Vert, y trouvent une source d’espoir dans une société plus heureuse. « C’est parce que nous oeuvrons contre les injustices de cette société, parce que nous aidons des gens à s’en sortir, que nous restons optimistes » disent les militantes du Secours Populaire  .

Malheureusement la situation ne s’arrange pas. « Nous sommes très inquiets . La misère, la pauvreté continuent à gagner du terrain. Des gens nouveaux s’adressent à nous. Par exemple, des travailleurs pauvres que leurs voisins voient partir au boulot le matin en se disant, ils ont de la chance eux, mais que nous retrouvons chez nous dès le douze du mois. Une chose est particulièrement angoissante : sur le million de personnes que nous avons aidées l’an dernier, 30 % d’entre elles ont moins de trente ans ».

D’après un article de Pascal Rives


(*) Le local du Secours Populaire   est vétuste. Planchers hors d’âge, plâtres qui se détachent des murs au moindre coup de balai. Surtout, le local est placé en bordure de la route de Rennes : très dangereux de s’y garer le jeudi matin pour décharger le produit de la collecte.
La mairie s’est déclarée attentive aux besoins


Secours Populaire  
27 rue du Faubourg de Béré
Tél 02 40 81 83 48
Permanences
- le lundi (vêtements) 14h30-17h
- et le jeudi (alimentation), 14h30-17h