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Soudure, la femme est l’avenir de l’homme

Ecrit le 13 mars

Cette année, le GRETA   du Castelbriantais a pu proposer une formation de soudeur semi-automatique. Un quarantaine de personnes étaient venues se renseigner, 15 d’entre elles ont été retenues, dont 5 femmes. La soudure, un métier de femmes ? La Mée est allée rencontrer trois de ces étudiantes motivées.

Rachel, Vanessa, Bérengère, … elles ne sont pas du genre « Fort des halles » : elles sont féminines, sveltes, cheveux longs pour les unes, vernis à ongles. L’une d’elles est même de petit gabarit !

Rachel et Vanessa Rachel Daniel – Vanessa Hunot

Faire un « métier d’hommes » (ou réputé tel), ne les effraie pas : elles savent qu’elles n’ont pas la force de porter de lourdes charges (mais dans les usines il y a souvent des palans, heureusement pour le dos des hommes) mais qu’elles ont la minutie, le goût du travail bien fait, le désir de travailler de leurs mains. Deux d’entre elles viennent de la vente (secteur saturé, s’il en est), l’autre a déjà l’expérience du travail dans une usine de métallurgie (Focast et ACIMM). Et puis, quand le travail manque, il est nécessaire d’élargir ses choix. Et puis, comme dit l’une d’entre elles : « moi je préfère travailler avec des hommes, ils sont plus francs et plus directs que les femmes ».

Les voilà donc embarquées pour une formation gratuite et rémunérée (par le Conseil Régional) de 4 mois et demi, pilotée par le GRETA   avec l’aide du Lycée Professionnel Etienne Lenoir.

Une formation très polyvalente : lecture de plan, technologie de la soudure, techniques d’usinage, chaudronnerie, utilisation de machines à commandes numériques. Une partie de formation théorique, une partie de travail en atelier de chaudronnerie et six semaines de stage en entreprise. Les enseignants (Céline Barnola, Guillaume Bellay, Florent Astié) sont jugés « super », les stages en entreprise se passent bien « Nous avons été bien reçues, bien conseillées, les salariés-hommes se sont montrés très respectueux ». Ce temps en entreprise est une réelle période de formation, elle permet aussi aux étudiants de se faire connaître et apprécier.

Photo : Bérengère Paquereau Bérengère

Les conditions physiques ? Ce n’est pas trop un problème, disaient-elles : « nous avons des gants pour éviter de se brûler avec la chaleur de la pièce et avec les étincelles ». La seule chose un peu gênante, c’est le port du casque avec visière : les cheveux n’aiment pas trop !

Ce n’est pas facile de trouver un stage de ce genre pour une femme. Il y a eu une réelle évolution des mentalités, chez les chefs d’entreprise et chez les salariés, mais les usines, même récentes, ne comportent pas de sanitaires et vestiaires adaptés aux femmes. Il faudra bien que les choses s’arrangent un jour.

Ces jeunes femmes vont maintenant passer leur licence, en se limitant pour l’instant au degré 2. C’est très sérieux cette histoire de licence ! Pour exercer, le soudeur doit posséder des licences (aussi appelées habilitations, homologations, agréments), en cours de validité, délivrés par des organismes agréés auprès du ministère de l’industrie. L’obtention d’une licence peut coûter cher. S’il la finance lui-même, la licence lui appartient. Si elle est financée par l’entreprise ou l’agence d’intérim qui l’emploie, la licence reste la propriété de l’entreprise. Lorsqu’il part de l’entreprise, il perd la licence.

D’autre part, s’il possède une licence et ne travaille pas pendant 6 mois, il la perd aussi. Enfin, la licence est régulièrement vérifiée pour tenir à jour sa validité.

Mais ces jeunes femmes ont bien l’intention de trouver du travail et, dans deux ans, de passer une nouvelle licence à un degré supérieur « quand nous aurons plus d’expérience et d’assurance ». Souhaitons-leur le plein emploi !

(NDLR : par le biais de l’ACPM  , Ateliers et Chantiers du Pays de la Mée, une autre jeune fille a pu renouveler ses licences)

(Note du 2 avril : les trois jeunes femmes ont obtenu leur licence)