Ecrit le 29 octobre 2008
Source : l’argent-dette, de Paul Grignon - vid ?o de 52 min
qu’est-ce que l’argent ?
On pense ? la fabrication des billets, on croit que c’est le gouvernement qui cr ?e l’argent. Eh bien non : tous les jours des monceaux d’argent sont cr ??s par des entreprises priv ?es : les banques.
On croit souvent que les banques pr ?tent l’argent que les d ?posants leur ont confi ?. En fait les banques cr ?ent l’argent qu’elles pr ?tent, pas ? partir de leurs b ?n ?fices, mais ? partir des promesses de remboursement faites par les emprunteurs. Elle cr ?ent l’argent et l’inscrivent au compte de l’emprunteur. Voyons un peu comment ce miracle bancaire se produit.
Le miracle bancaire
Il ?tait une fois un vieil orf ?vre qui, pour prot ?ger son or, a eu besoin d’une chambre forte. Un jour, les villageois sont venus frapper ? sa porte : ils voulaient louer un peu de place dans cette chambre forte pour garder leur or et leurs objets de valeur.
L’orf ?vre a fini par louer toute la place disponible. La location lui a rapport ? un petit b ?n ?fice. Les ann ?es ont pass ? et le vieil orf ?vre a constat ? que les d ?posants venaient rarement chercher leurs pi ?ces d’or et qu’ils ne venaient jamais tous en m ?me temps. Il faut dire que les re ?us faits par l’orf ?vre ?taient utilis ?s sur le march ? comme s’ils ?taient v ?ritablement l’or qu’ils repr ?sentaient. Cet argent-papier ?tait plus pratique que les lourdes pi ?ces de m ?tal.
Alors l’orf ?vre s’est mis ? pr ?ter son or en prenant des int ?r ?ts. Comme les re ?us-papier ?taient de plus en plus accept ?s en guise de paiement, les emprunteurs ont demand ? leur emprunt sous cette forme. Aussi longtemps que les emprunts seraient rembours ?s, l’orf ?vre ferait de gros b ?n ?fices.
Et l’or ?tait toujours en s ?curit ? dans la chambre forte.
Un jour les villageois ont demand ? ? partager un peu les b ?n ?fices. c’est ainsi que les banques sont n ?es : le banquier payait un pourcentage bas, sur les d ?p ?ts et pr ?levait un taux plus ?lev ? sur les pr ?ts. La diff ?rence payait les frais de fonctionnement.
A partir de rien
Mais les banques ne fonctionnent plus du tout comme ?a. Autrefois le banquier constatait que le cr ?dit ?tait limit ? par la quantit ? d’or qui ?tait dans la banque. Alors une id ?e g ?niale lui est venue ? l’esprit : il pourrait pr ?ter de l’argent garanti par de l’or qui n’existait m ?me pas. Aussi longtemps que les d ?posants ne viendraient pas tous en m ?me temps r ?clamer leur or, personne ne le saurait.
Ce nouvel arrangement fonctionnait ? merveille et le banquier est devenu immens ?ment riche avec des int ?r ?ts pay ?s sur de l’or inexistant. L’id ?e que le banquier puisse cr ?er de l’argent ? partir de rien ?tait trop outrageuse.
Crise
Pendant longtemps personne n’a rien soup ?onn ? mais le pouvoir de gagner tant d’argent est mont ? ? la t ?te du banquier. Bient ?t l’importance des pr ?ts et l’opulence du banquier ont suscit ? des soup ?ons. Certains emprunteurs ont demand ? de l’or v ?ritable plut ?t que des ch ?ques. Et les rumeurs se sont d ?velopp ?es. Plusieurs d ?posants fortun ?s sont venus r ?clamer leur or. La fin du jeu ?tait proche. Une foule de gens brandissant des ch ?ques se sont rassembl ?s devant la porte close de la banque. h ?las le banquier n’avait pas assez d’or pour couvrir tout l’argent-papier qu’il avait ?mis. Pour la premi ?re fois il y avait une ru ?e sur la banque, ce qui ruina quelques banques priv ?es et endommagea la confiance du public envers les banquiers.
Il aurait ?t ? simple alors d’interdire cette pratique de cr ?er de l’argent ? partir de z ?ro, mais les immenses cr ?dits, cr ??s par les banquiers, ?taient devenus n ?cessaires ? l’expansion du commerce europ ?en. La pratique a donc ?t ? l ?galis ?e et r ?glement ?e. Les banquiers ont accept ? de cr ?er des limites sur les montants d’argent fictif qu’ils pouvaient pr ?ter, mais ces montants restaient bien sup ?rieurs ? la valeur de l’or rest ? dans leurs chambres fortes. Souvent le taux ?tait de 9 dollars fictifs pour 1 dollar en or. (c’est ce qu’on appelle la r ?serve fractionnelle). Petit ? petit ce syst ?me est devenu la r ?f ?rence dans le monde et la fraction d’or qui garantissait le processus de dette est progressivement arriv ?e ? z ?ro.
Billets
La nature m ?me de l’argent a chang ?. Autrefois le billet de banque ?tait un re ?u avec lequel on pouvait r ?clamer un poids d’or. Actuellement un dollar-papier ou un dollar num ?rique peut uniquement ?tre ?chang ? pour un autre dollar-papier ou un autre dollar-num ?rique. De plus, le cr ?dit cr ?? par une banque priv ?e est convertible en devises fiduciaires ?mises par le gouvernement comme les dollars, les livres-sterling ou les euros. Les devises fiduciaires sont des devises cr ??es par un d ?cret gouvernemental. Des lois en font la monnaie que les citoyens doivent accepter pour paiement. Alors la question subsiste : si les gouvernements et les banques peuvent effectivement cr ?er de l’argent, combien y a-t-il d’argent dans le monde ? On ne le sait pas.
Actuellement l’argent est cr ?? ? partir de dettes. Chaque fois que quelqu’un fait un emprunt ? une banque, de l’argent est cr ??. Le montant n’a qu’une seule limite r ?elle : le montant total de la dette. Les gouvernements cr ?ent une limite l ?gale ? la cr ?ation d’argent fictif en imposant des r ?gles sur les obligations de r ?serve fractionnelle, mais ces obligations sont arbitraires, elles varient d’un pays ? un autre, d’une ?poque ? une autre. Longtemps il a ?t ? demand ? aux banques de poss ?der un dollar en or pour garantir 10 dollars d’argent-dette. Aujourd’hui ce ratio ne s’applique plus du tout. Les recettes d’une banque sont faites de deux choses : les devises, bien r ?elles, qu’elle a d ?pos ?es ? la Banque Centrale, et le montant total de son argent-dette.
Petite illustration : imaginons une nouvelle banque en train de d ?marrer. Ses investisseurs ont fait un d ?p ?t de r ?serve de 1111,12 ?. Avec le ratio de r ?serve de 9 pour 1, la banque peut pr ?ter 10 000 ? ? son premier client . Ces 10 000 ? n’existent nulle part, c’est de l’agent nouveau tout simplemen vers ? au compte de l’emprunteur en tant que cr ?dit. c’est de l’argent-dette. L’emprunteur peut faire un ch ?que pour se payer une voiture.
La vendeuse de la voiture vient d ?poser 10 000 ? ? sa banque. Chaque nouveau d ?p ?t peut donner lieu ? un nouveau pr ?t et cette s ?rie n’a pas de fin. Si l’argent du remboursement n’est pas d ?pos ? ? la banque, le processus s’arr ?te. Mais le plus probable est que cet argent sera d ?pos ? ? la banque et que le processus se r ?p ?tera bien des fois et finalement pr ?s de 100 000 ? d’argent nouveau sera cr ?? ? partir de la somme initiale de 1111,12 ?. Tout cet argent nouveau a ?t ? cr ?? ? partir du processus de dette uniquement.
Autre proc ?d ? ing ?nieux : les registres de la banque doivent montrer qu’elle a 10 % de plus en int ?r ?ts qu’en pr ?ts. c’est donc un incitatif tr ?s fort, pour une banque, de solliciter des d ?p ?ts afin de pouvoir pr ?ter davantage. Ceci cr ?e l’id ?e fausse que l’argent des pr ?ts vient des d ?p ?ts. En r ?alit ? la banque r ?colte des int ?r ?ts sur 100 000 ? qu’elle n’a jamais eus !
Pire encore : ? cause du lobbying des banques, les obligations de r ?serve ont quasiment disparu dans certains pays et les ratios de r ?serve peuvent ?tre bien plus ?lev ?s que « ?9 pour 1 ? ». Dans certains cas ce peut ?tre « ?20 pour 1 ? » et m ?me « ?30 pour 1 ? ». Plus r ?cemment les banques ont trouv ? le moyen de contourner les obligations de r ?serve en faisant payer des frais de dossiers en plus du capital pr ?t ? ! Finalement la r ?alit ? est toute simple : les banques peuvent cr ?er autant d’argent qu’on est capable d’en emprunter !
l’argent cr ?? par le gouvernement repr ?sente en g ?n ?ral moins de 5 % de l’argent en circulation. Plus de 95 % de l’argent a ?t ? cr ?? par quelqu’un qui a sign ? une reconnaissance de dette ? une banque. Ces cr ?dits bancaires apparaissent et disparaissent en quantit ?s ph ?nom ?nales, tous les jours, au fur et ? mesure que des pr ?ts sont accord ?s ou rembours ?s : le montant de l’emprunt (Principal) est cr ?? ? partir de la promesse de payer de l’emprunteur. Les remboursements du Principal « ?d ?font ? » ce pr ?t qui cesse d’exister en tant qu’argent.
« ?Je crains que le simple citoyen n’aime pas du tout se faire dire que les banques peuvent cr ?er de l’argent - et qu’elles le font. Et que ceux qui contr ?lent le cr ?dit d’une nation dirigent la politique des gouvernements et tiennent dans le creux de leurs mains la destin ?e des peuples ? » a dit Reginald MacKenna, ancien pr ?sident du Conseil d’administration de la Midlands Bank of England ?
Soutien des gouvernements
Les banques ne peuvent utiliser ce genre de syst ?me qu’avec la coop ?ration des gouvernements.
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- Les gouvernements passent des lois qui imposent l’utilisation de la devise nationale.
- Les gouvernements permettent que les cr ?dits cr ??s par les banques priv ?es soient payables dans leur devise nationale.
- Les cours de justice gouvernementale font respecter les obligations de paiement des dettes.
- Les gouvernements adoptent des r ?glements qui assurent le fonctionnement et la cr ?dibilit ? du syst ?me mon ?taire sans rien faire pour informer le public de l’origine v ?ritable de l’argent.
La simple v ?rit ? : quand on signe les papiers d’un emprunt ou d’une hypoth ?que, la seule chose r ?elle est notre reconnaissance de dette. Celle-ci est reconnue par nos actifs qui seront confisqu ?s si on ne peut pas rembourser.
Pour toute personne qui croit que nous allons honorer notre promesse, un accord de pr ?t ou une hypoth ?que est maintenant un papier ?changeable, portable, vendable. Ce papier repr ?sente une forme d’argent. L’emprunteur obtient de l’argent gr ?ce ? son soit-disant pr ?t bancaire.
Dans le monde r ?el, un pr ?t implique que le pr ?teur a quelque chose ? pr ?ter. Si vous avez besoin d’un marteau, ma promesse de vous pr ?ter un marteau que je n’ai pas, ne vous servira strictement ? rien. Mais dans le monde artificiel de l’argent, la simple promesse faite par une banque de vous pr ?ter de l’argent est consid ?r ?e comme de l’argent v ?ritable
Est-ce que vous vous ?tes d ?j ?? demand ? comment le gouvernement, les familles, les entreprises, peuvent ?tre endett ?s en m ?me temps et pour des sommes aussi colossales ? Vous ?tes-vous demand ? comment il peut y avoir autant d’argent ? emprunter ? Maintenant vous le savez, les banques ne pr ?tent pas l’argent : elles le cr ?ent. De l’argent dette. Comme la dette est potentiellement illimit ?e, la quantit ? d’argent cr ??e est illimit ?e aussi. Mais l’inverse est vrai ?galement : pas de dette, pas d’argent. Vous n’ ?tes pas ?tonn ? qu’en d ?pit de toutes nos ressources, toutes nos inventions et toute notre productivit ? nous soyons tous si lourdement endett ?s ? Aussi bien les gouvernements que les entreprises et les particuliers ? Comment est-ce possible que les gens qui produisent toute la richesse r ?elle soient endett ?s envers des gens qui ne font que pr ?ter de l’argent symbole de cette vraie richesse ?
Beaucoup de gens s’imaginent que si toutes les dettes ?taient pay ?es, la situation ?conomique serait meilleure. c’est vrai au niveau individuel. Mais si toutes les dettes ?taient rembours ?es, la soci ?t ? n’aurait plus d’argent ! Alors, vous voyez, nous d ?pendons totalement du renouvellement du cr ?dit bancaire. Lors de la crise de 1929, la quantit ? d’argent a fondu quand la quantit ? des pr ?ts a chut ?. « ?Si les banques cr ?ent amplement de l’argent synth ?tique nous prosp ?rons. Sinon c’est la famine. Nous sommes absolument sans syst ?me mon ?taire permanent. l’absurdit ? tragique de notre situation est presque incroyable ? » a dit Robert Hemphill, gestionnaire du Cr ?dit f ?d ?ral (Reserv Bank Atlanta, Georgia)
La dette perp ?tuelle
Les banquiers cr ?ent uniquement le montant du « ?Principal ? » (ce qu’on appelle encore : capital de la dette). Ils ne cr ?ent pas l’argent qui sert ? payer les int ?r ?ts. Alors d’o ? vient cet argent ? Le seul endroit o ? les emprunteurs peuvent obtenir de l’argent pour payer les int ?r ?ts est l’ensemble des fonds de l’ ?conomie g ?n ?rale, et tous ces fonds ont ?t ? cr ??s de la m ?me fa ?on : ? partir de cr ?dits bancaires. Partout il y a des emprunteurs qui cherchent d ?sesp ?r ?ment l’argent pour payer le principal et les int ?r ?ts. Il est impossible pour tout le monde de payer principal + int ?r ?ts car l’argent des int ?r ?ts n’existe pas. Les risques de saisie des biens, et donc les dangers pour l’ ?conomie sont tr ?s grands. Pour que la soci ?t ? continue de fonctionner, le taux des saisies doit rester bas. De plus en plus d’emprunts doivent ?tre faits pour cr ?er l’argent qui servira ? payer les dettes pr ?c ?dentes. Escalade exponentielle de l’endettement !
Pourquoi les taux d’int ?r ?t sont-ils si bas ? Pourquoi recevons-nous des cartes de cr ?dit que nous n’avons jamais demand ?es, et des propositions de pr ?ts que nous n’avons pas sollicit ?es ? Pourquoi le gouvernement d ?pense-t-il plus vite que jamais ? Est-ce que ce ne serait pas pour ?viter l’effondrement de tout le syst ?me mon ?taire ? Un effondfrement n’est-il pas in ?vitable ? Le syst ?me bancaire est un jeu de chaises musicales. Aussi longtemps que la musique continue il n’y a pas de perdant !
Quatre questions
Le temps est venu pour les gens de se poser quatre questions simples :
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- Les gouvernements ont le droit de cr ?er de l’argent. Pourquoi donc empruntent-ils aux banques priv ?es avec int ?r ?ts, quand ils pourraient cr ?er tout l’argent qui leur faut, sans int ?r ?t ?
Pourquoi cr ?er de l’argent ? partir du processus de dette ? -**Pourquoi pas cr ?er de l’agent circulant en permanence et qui ne doive pas sans cesse ?tre r ?-emprunt ? pour exister ? - Comment un syst ?me mon ?taire fond ? sur l’acc ?l ?ration perp ?tuelle de la croissance peut-il servir ? construire une ?conomie durable ?
- Que faut-il changer pour cr ?er une ?conomie durable ?
- Les gouvernements ont le droit de cr ?er de l’argent. Pourquoi donc empruntent-ils aux banques priv ?es avec int ?r ?ts, quand ils pourraient cr ?er tout l’argent qui leur faut, sans int ?r ?t ?
De nos jours, faire de l’agent avec de l’argent est consid ?r ? comme un id ?al ? poursuivre. Pourquoi travailler si on peut faire travailler son argent pour soi ? Faire payer des int ?r ?ts constitue un probl ?me d’ordre moral et d’ordre ?conomique. On pourrait imaginer des banques-service s publics qui travailleraient au service de la soci ?t ?, et pr ?teraient sans int ?r ?t du tout.
Inutile d’essayer de bricoler le syst ?me actuel : il faut le remplacer. Mais les int ?r ?ts puissants qui, actuellement, profitent du syst ?me, feront l’impossible pour bloquer tout autre fonctionnement mon ?taire !
On nous a tromp ?s : ce qu’on appelle d ?mocratie est en r ?alit ? une forme invisible de dictature ?conomique. Comme disait le pr ?sident Wilson aux USA : « ?Nous n’avons plus un gouvernement de libre opinion, ni un gouvernement de conviction avec vote de la majorit ?, nous sommes un gouvernement de contrainte par un petit groupe d’hommes dominants ? ». Laisserons-nous faire ?
Source : l’argent-dette, de Paul Grignon - vid ?o de 52 min - - http://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304
Vive le vent
Krachs visuels ? r ?p ?tition : la sale gueule des traders en peine
Les 100 000 emplois aid ?s promis par Sarkozy, c’est du vent
Ecrit le 5 novembre 2008 :
Banques ? suivre
Le Premier ministre a adress ? aux pr ?fets, le 23/10, une circulaire sur le suivi du financement de l’ ?conomie, pour identifier les difficult ?s de financement auxquelles les entreprises, notamment les PME, peuvent ?tre confront ?es. Des r ?unions mensuelles « ?permettront de s’assurer que, partout sur le territoire, les entreprises b ?n ?ficient des pr ?ts n ?cessaires ? leur fonctionnement et ? leur d ?veloppement ? » [Communiqu ? du premier ministre].
Notons que, une fois encore, on oublie de parler des probl ?mes de pouvoir d’achat et de financement des familles.
Et que, concr ?tement, l’Etat ne se donne aucun moyen d’assurer ce contr ?le !

