Ecrit le 20 novembre 2013
Voici un outil qui peut contribuer ? la r ?flexion des ?quipes qui s’appr ?tent ? poser leur candidature aux municipales de 2014. Elabor ? par le Compas en partenariat avec la Gazette des Communes et l’Observatoire des In ?galit ?s, il utilise les donn ?es de l’Insee sur les revenus de l’ann ?e 2011, pour la France m ?tropolitaine et pour une unit ? de consommation (l’ ?quivalent d’une personne seule), hors imp ?ts et prestations sociales.
On y trouve :
- (1) « 10 % les plus pauvres », valeur maximale per ?ue par cette tranche,
- (2) Le revenu m ?dian, celui qui partage l’effectif en deux : autant gagnent moins et autant gagnent plus,
- (3) « 10 % les plus riches » les revenus minimum des personnes de cette tranche.
| Communes | Revenu maximum des 10% les plus pauvres | m ?diane | Revenu minimum des 10% les plus riches |
|---|---|---|---|
| Abbaretz | 1311 | ||
| La Chapelle Glain | 1268 | ||
| Ch ?teaubriant | 423 | 1368 | 2597 |
| Derval | 702 | 1385 | 2388 |
| Erbray | 771 | 1476 | 2583 |
| Ferc ? | 1305 | ||
| Grand Auvern ? | 1206 | ||
| Iss ? | 1332 | ||
| Jans | 1346 | ||
| Juign ? des M. | 1286 | ||
| Louisfert | 1405 | ||
| Lusanger | 1307 | ||
| Marsac sur Don | 1348 | ||
| La Meilleraye | 1331 | ||
| Moisdon la R. | 1294 | ||
| Mouais | 1180 | ||
| Noyal sur Brutz | 1522 | ||
| Nozay | 653 | 1452 | 2546 |
| Petit-Auvern ? | 1180 | ||
| Puceul | 1422 | ||
| Roug ? | 760 | 1414 | 2410 |
| Ruffign ? | 1285 | ||
| Saffr ? | 791 | 1479 | 2543 |
| St Aubin des Chtx | 1398 | ||
| St Julien de V. | 1327 | ||
| St Vincent des L. | 1309 | ||
| Sion les Mines | 1259 | ||
| Soudan | 770 | 1414 | 2313 |
| Soulvache | 1142 | ||
| Treffieux | 1352 | ||
| Vay | 1446 | ||
| Villep ?t | 1453 | ||
| La Grigonnais | 1485 | ||
| d ?partement | 734 | 1650 | 3071 |
| France | 577 | 1602 | 3247 |
Comment lire ce tableau : ? Ch ?teaubriant, les 10 % le splus pauvres gagnent au maximum 423 ?/mois. La m ?diane est de 1368 ? c’est ? dire que la moit ? des m ?nages gagnent moins de 1368 ?. Enfin les 10 % les plus riches ont plus de 2597 ? par mois.
Avec ces chiffres, nous avons r ?parti les 33 communes du Pays de Ch ?teaubriant, en quatre tranches de revenus, depuis le plus faible (1142 ? ? Soulvache) jusqu’au plus fort (1522 ? ? Noyal sur Brutz). Cela donne ceci :
- ?? Cat ?gorie I - 4 communes tr ?s pauvres : Grand Auvern ?, Petit Auvern ?, Mouais, Soulvache.
- ?? Cat ?gorie II - 11 communes moyennes-au dessous : Abbaretz, La Chapelle Glain, Ferc ?, Juign ?, Lusanger, La Meilleraye, Moisdon, Ruffign ?, St Julien, St Vincent et Sion-les-Mines.
- ?? Cat ?gorie III - 11 communes moyennes-au dessus : Ch ?teaubriant, Derval, Iss ?, Jans, Louisfert, Marsac sur Don, Puceul, Roug ?, St Aubin des Chtx, Soudan, Treffieux.
- ?? Cat ?gorie IV : 7 communes « riches » : Erbray, Noyal sur Brutz, Nozay, Safr ?, Vay, Villep ?t, La Grigonnais.
La m ?diane de la Loire-Atlantique est 1650 ? donc largement au dessus des communes les plus « riches » du Pays de Ch ?teaubriant.
En bas de l’ ?chelle des revenus, on s’aper ?oit que les plus pauvres des pauvres se trouvent ? Ch ?teaubriant avec des revenus maximum de 423 ? (loin derri ?re le chiffre d ?partemental qui est de 734 ?). Quand on sait les difficult ?s pour se loger et pour se d ?placer, et trouver du travail, on comprend que les plus d ?favoris ?s n’ont aucun int ?r ?t ? venir ? Ch ?teaubriant et pourtant .
Les chiffres donn ?s ci-contre sont une indication, parmi d’autres, et qu’il faut souvent relativiser. « Il faut toujours se rappeler qu’ ?tre pauvre ? Ch ?teaubriant ne signifie pas la m ?me chose qu’ ?tre pauvre ? Neuilly-sur-Seine. Quand on vit dans une situation de pauvret ? dans une ville elle-m ?me pauvre, on est plus facilement identifi ? comme ?tant en difficult ?, on a plus d’opportunit ?s pour avoir acc ?s ? un logement social (s’il en existe !). Ce n’est pas forc ?ment plus facile d’un c ?t ? ou de l’autre, c’est diff ?rent ».
Selon La Gazette des Communes, le revenu m ?dian est un indicateur ? interpr ?ter par rapport ? la composition des foyers de la ville. « Une ville qui compte de nombreuses familles vivant avec un seul revenu m ?dian et qui ambitionne de lutter contre les in ?galit ?s, devra ?tre tout particuli ?rement attentive, par exemple, aux effets de seuil des tarifs de ses services publics. Les familles modestes sont encore trop souvent otages de tarifs qui ne tiennent pas compte de la r ?alit ? de leur revenu ? ».
Pour b ?tir une politique sociale il faut savoir pr ?cis ?ment ? qui l’on s’adresse et aussi combien de personnes sont potentiellement concern ?es. James Kuperminc rel ?ve le cas de Montpellier, qui voit ses familles avec enfants s’ ?loigner en p ?riph ?rie en partie ? cause de tarifs non adapt ?s. Avec le Comparateur territorial, « il ne s’agit nullement de stigmatiser les communes pauvres », insiste Louis Maurin, fondateur de l’Observatoire des In ?galit ?s, « mais plut ?t de pr ?ciser l’ampleur des in ?galit ?s territoriales », en sachant qu’une petite commune rurale, avec un budget CCASS ridicule, ne peut rien faire.
L’ ?volution des revenus
Quittons la r ?gion de Ch ?teaubriant pour nous int ?resser ? la France. L’Observatoire des in ?galit ?s a ?tudi ? l’ ?volution des revenus moyens sur 10 ans .
Entre 2000 et 2010, le niveau de vie moyen annuel des 10 ?% les plus pauvres a progress ? de 5,3 ?% soit 400 euros, une fois l’inflation d ?duite.
Le niveau de vie moyen des 10 ?% les plus riches a augment ? de 18,9 ?% soit 8 950 euros.
L’ ?cart relatif entre ces deux cat ?gories a augment ?, passant de 39 700 ? en 2000 ? 48 250 ? en 2010.
Et pour les plus-plus riches, entre 2004 et 2010, les 0,01 ?% les plus riches ont vu leur revenu annuel s’accro ?tre de plus de 179 000 ?. Tout en haut de la pyramide des revenus, les revenus financiers repr ?sentent une part importante des ressources. Si ces revenus ont enregistr ? des performances moins bonnes en 2009 en raison de la crise financi ?re, il reste que ce sont les « ?super riches ? » qui ont connu les hausses les plus fortes sur la p ?riode ?tudi ?e (2004-2010). Les pertes de revenus pour les plus bas revenus, lourdement frapp ?s par la crise, auront des cons ?quences bien plus dramatiques que pour ceux qui vivent de leurs rentes.
Cancer de l’assistanat ? Non, de la pauvret ?
La pauvret ? continue de s’ ?tendre en France et concerne de plus en plus de couples avec enfants, souligne le Secours catholique dans son rapport annuel publi ? jeudi 7 novembre, en constatant aussi que les plus fragiles ont de moins en moins acc ?s ? l’emploi. En 2012, le Secours Catholique a rencontr ? 1,43 million de personnes, dont pr ?s de la moiti ? sont des enfants. Leur niveau de vie a baiss ? de 2,5 % par rapport ? 2011, ? 497 euros mensuels.
Pr ?s de 95 ?% vivent en dessous du seuil de pauvret ? (977 euros par mois en 2011), et 70 ?% sous le seuil de tr ?s grande pauvret ? (644 euros). Une personne sur six ne dispose d’aucune ressource, et 45 ?% ne vivent que d’aides sociales.
Les personnes font appel au Secours catholique en premier lieu pour l’aide alimentaire, mais aussi pour leurs probl ?mes d’impay ?s, li ?s aux d ?penses contraintes comme le loyer ou l’ ?nergie, qui touchent pr ?s de six personnes sur dix, pour un montant mensuel m ?dian d’impay ?s de 797 euros.

