Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Enfance, jeunesse > Jeunesse : faire avec

Jeunesse : faire avec

Ecrit le 24 juin 2015

Cécile Ensellem, sociologue, a étudié les différents types d’actions d’une municipalité vis-à-vis des jeunes. Sa réflexion peut aussi concerner les moins jeunes.

Deux logiques d’intervention publique en direction des jeunes existent :

fl5 : -­*‐ Une logique d’intervention publique, verticale, descendante : « faire pour » les jeunes
Cette logique s’appuie sur la notion de besoins définis par le haut, on présuppose ce qui est bon pour les jeunes. Elle se traduit par une politique d’offre d’activités et d’équipements qui a longtemps prévalu dans l’animation socio-culturelle et l’éducation populaire.
Dans cette logique, on « encadre » les jeunes
Cette logique relève d’une forme de démocratie qui valorise une pratique du faire « pour ». Il est naturellement louable de faire pour les individus (et non contre eux !), mais cela n’oblige pas à se soucier de qui ils sont. Faire « pour » revient donc à faire « malgré » eux, ce qui entraîne bien souvent une désaffection des équipements, en dépit des efforts des municipalités pour les rendre, à leurs yeux, les plus attractifs possibles.

fl5 :-­*‐ Une logique plus horizontale, participative d’action publique : « faire avec » les jeunes
Dans une logique plus horizontale, il s’agit d’élaborer un mode d’intervention dans laquelle les attentes des jeunes sont prises en compte.
Dans cette logique, on « accompagne » les jeunes

Accompagner les jeunes, c’est accompagner leur processus d’autonomisation et créer les conditions pour qu’ils s’émancipent. Mais privilégier une démarche qui prend en compte les attentes des jeunes, revêt un risque : celui de se contenter des attentes exprimées ou supposées.

Un projet municipal ne saurait se réduire aux seules attentes des jeunes. Prenons l’exemple de la culture. Une ville peut mettre au rang de ses priorités la réduction des inégalités d’accès à la culture. Une ville doit choisir tout autant d’amener les jeunes vers des lieux de culture qui leur sont étrangers et d’amener la culture et le sport, dans le formes les plus diversifiées possibles, dans les quartiers. Ouvrir les possibles aux jeunes, c’est leur offrir le luxe d’avoir le choix.

Cela suppose d’accepter de se confronter à une tension : ne pas dévaloriser la culture ’’urbaine’’ et ne pas les y assigner. De la même manière, se contente-­t-­on d’adhérer à leur envie de rester entre soi dans leur quartier ou encourage-­t-­on la découverte du centre-­‐ville, de Paris, de régions de France, de pays étranger ? Une ville peut donc vouloir faire avec ce que les jeunes sont mais aussi avec ce qu’ils pourraient advenir si tant est qu’on les encourage...

Etude de C. Ensellem