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Grappillages et Mée-Disances du 11 janvier 2017

Ecrit le 11 janvier 2017

 Cadeau caché

Le Canard enchaîné du 04/01 : parmi les propositions en matière d’éducation que Fillon a formulées, il y en a une qui est passée inaperçue. Élu président, l’ex premier ministre de Sarko promet d’instaurer la « scolarité obligatoire à 5 ans (au lieu de 6 ans) ». Dans le détail de ces mesures, il précise qu’ « il s’agit de faire débuter l’apprentissage de la lecture dès la grande section de maternelle ». Comme si ce n’était déjà pas le cas aujourd’hui…

En réalité, cette proposition cache un cadeau aux 8 800 établissements scolaires privés du pays. En effet, comme le précise la loi, « l’État prend en charge les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat » au prorata du nombre d’enfants scolarisés. Mais uniquement à partir de l’âge d’entrée à l’école obligatoire, soit 6 ans. En l’abaissant, Fillon gonflerait automatiquement les subsides accordés aux boîtes privées. Ses amis des Sens commun et de la cathosphère doivent être aux anges !

 75 $ pour 31 ans de prison

 
Le Monde du 22/12 : En 1977, Lawrence McKinney, 22 ans, est reconnu coupable et condamné avec un autre individu pour le viol d’une femme à Memphis, dans le Tennessee. Comme il ne reconnaissait pas les faits, il a reçu la peine maximale en 1978 : 115 ans de prison. En 2009, Lawrence McKinney est sorti de prison, blanchi, après que des tests ADN ont prouvé qu’il ne se trouvait pas sur la scène du crime au moment des faits. Pour 31 ans, 9 mois et 18 jours injustement passés en prison, l’Etat du Tennessee lui accordera une compensation de 75 dollars. Lawrence McKinney, aujourd’hui âgé de 61 ans, a été suivi et aidé juridiquement par l’Innocence Project, une ONG qui aide les personnes incarcérées potentiellement innocentes.
 
Depuis sa sortie de prison, il n’a rien reçu d’autre que ce chèque de 75 dollars pour recommencer sa vie. Ses avocats ont tenté récemment de faire valoir les droits de l’ancien prisonnier devant le comité de probation du Tennessee et obtenir une « absolution » de la part des pouvoirs publics, qui serait synonyme d’une compensation financière plus conséquente.
 
[…] L’« absolution » que demande Lawrence McKinney dépend désormais du gouverneur du Tennessee, qui peut ne pas tenir compte de l’avis consultatif du comité. Le Tennessee est un des 29 États américains qui prévoient une compensation financière pour les personnes incarcérées injustement. Vu la longueur de sa peine, il pourrait avoir droit à une somme d’un million de dollars ; rien à voir avec les 75 dollars qu’on lui a accordés.
 Le cas de Lawrence McKinney est rare dans le système carcéral bondé des États-Unis, où 1 943 personnes ont été innocentées du crime pour lequel elles avaient été condamnées depuis 1989. Il est choquant par le temps passé derrière les barreaux (ceux qui sont innocentés passent en moyenne 8,8 années en prison) et par l’ahurissante compensation à laquelle sont arrivés les pouvoirs publics.

 Évasion fiscale

 
La Tribune.fr du 04/01 : Jean-Claude Juncker a été à la tête du gouvernement du Luxembourg de 1995 à 2013. Le président de la Commission européenne, ex-Premier ministre du Luxembourg, aurait empêché l’UE de lutter contre l’évasion fiscale lorsqu’il était à la tête de son pays. Les pays européens sont supposés collaborer, depuis près de vingt ans (!), au sein du comité « Fiscalité des entreprises » crée par le Conseil européen en 1998. Cette enceinte discrète n’a guère fait parler d’elle dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale, et pour cause. Placé à l’origine sous la présidence de Mme Dawn Primarolo, trésorier-payeur général du Royaume-Uni, ce comité a élaboré des propositions peu contraignantes et n’a pas abouti sur les principaux dossiers.
 
Les efforts pour lutter contre les stratégies d’optimisation fiscale et de concurrence déloyale (les mêmes sont en cause dans le scandale LuxLeaks) auraient ainsi été « régulièrement retardés, dilués ou tronqués » par quelques-uns des plus petits pays de l’UE, « souvent conduits par le Luxembourg », selon les révélations du quotidien britannique The Guardian lundi 2 janvier. Les propositions qui ont été refusées par le Luxembourg concernaient notamment les rescrits fiscaux, ces accords entre États et multinationales qui permettent d’établir des niveaux d’imposition « ad hoc » et souvent très faibles. D’autres propositions concernaient une enquête sur les prêts hybrides, souvent utilisés par les maisons-mères pour dissimuler ou transférer des bénéfices. […] Le journal britannique souligne le double jeu du Luxembourg sur ce dossier, vantant officiellement les mérites de la transparence, tout en luttant contre en pratique.
 Depuis sa constitution, le groupe Primarolo a identifié près de 300 pratiques fiscales dommageables et a contribué à la révision ou au remplacement de 66 d’entre elles, selon un rapport du Sénat de 2007 de M. Philippe Marini. A l’époque, le rapport identifiait déjà de nouvelles formes de concurrence fiscale « déloyale », échappant aux dispositifs visés par l’actuel code de conduite. La fiscalité française sur les redevances des brevets et droits de propriété industrielle, très avantageuse depuis sa réforme dans la loi de finances rectificative pour 2004, pourrait être concernée. […]

 Crêpier, « un faux métier » ?

 
Marianne.fr du 01/01 : Gilbert Collard ne se doutait pas qu’en s’attaquant au lobby de la crêpe, il pouvait lui en cuire. […] Interviewé au sujet de la baisse du chômage, le député du Rassemblement bleu marine - Front national y voyait une « supercherie ». En cause, « la moitié de la baisse du chômage » qui serait le fait d’« entrées en stage ». […]
 
Les propos du député d’extrême droite « ont fait chauffer la ’crêposphère’ bretonne ». Selon le quotidien Le Télégramme la crêperie en Bretagne représente plus de 1.800 restaurants, et plus de 5.000 dans toute la France. Or, des crêpiers, « la profession en manque cruellement », explique au Télégramme le président de l’Umih restauration. Et ce, « malgré les centres qui en forment à tour de bras ».
 
« Les propos de Gilbert Collard sont ceux d’un homme politique qui ne connaît pas la réalité du terrain », ajoute François De Pena, en charge des crêperies à l’Union des métiers et des industries hôtelières.

 Scandale au presbytère

 
Libération.fr du 04/01 : Sex-toys, fouets, chaînes et autres objets masochistes, vidéos pornographiques amatrices classées selon des noms d’anciens papes… C’est la découverte faite par les policiers de Padoue, en Italie, en perquisitionnant le dernier étage du presbytère de la paroisse   San Lazzaro, dont le prêtre Andrea Contin avait la charge. Ce religieux de 48 ans est empêtré depuis un mois dans un scandale sexuel d’ampleur.
 
Une paroissienne de 49 ans explique avoir contacté le prêtre après son divorce dans l’espoir de trouver du réconfort. S’ensuivirent une relation amoureuse et des rapports sexuels qui, selon sa version, sont devenus de plus en plus extrêmes et violents. Elle précise avoir averti la Curie, les hautes instances de l’Église italienne – elle n’a jamais obtenu de réponse. Elle prévient alors la police. Contin est accusé d’avoir offert plusieurs de ses maîtresses à d’autres hommes contre rémunération et d’avoir organisé des orgies. […]

Il aurait également utilisé des sites de rencontre pour proposer des échanges libertins. Il a aussi voyagé avec ses maîtresses à Rome et au Cap-d’Agde, où se situe « la baie des cochons », le plus grand quartier libertin d’Europe.
 
Le prêtre était à la tête de la paroisse   de 1 500 fidèles depuis dix ans. Il aurait continué ses activités scabreuses jusqu’à fin novembre. La Curie était au courant, et le secrétariat de l’évêque a précisé qu’une enquête préliminaire avait été lancée. Selon le droit canonique, il s’agit d’une investigation sur la conduite morale lancée sans que la police n’en soit avertie.
 
Comble de l’histoire, l’ecclésiastique était arrivé dans cette paroisse   en remplacement d’un autre prêtre, exclu du Vatican après la découverte de sa paternité.