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Fleurs et mythologie

Ecrit le 11 janvier 2017

En ce début d’année, je vous offre un bouquet d’un genre particulier : chaque fleur qui le compose tient son nom de la mythologie.

Le NARCISSE porte le nom de Narcisse, qui était le fils d’une nymphe et d’un fleuve, un héros dont la légende varie selon les auteurs qui la rapportent ; la version la plus connue est celle du poète Ovide, selon laquelle Narcisse est tombé amoureux de sa propre image un jour où il se mirait dans l’eau d’une source. N’ayant plus d’autre intérêt au monde que lui-même, il se laissa mourir en contemplant son reflet et à l’endroit où il mourut poussa la fleur à laquelle on donna son nom. Le narcissisme désigne un amour excessif de l’image de soi.
Le mot narcisse appartient à la famille du verbe grec qui signifie assoupir (cf narcotique) en raison du parfum entêtant que dégage cette fleur.

Le DAPHNE tient son nom d’une légende rapportée elle aussi par Ovide. Daphné, une nymphe d’une très grande beauté, était la fille du dieu-fleuve Pénée. Un jour qu’Apollon, séduit par sa beauté , la poursuivait, elle demanda de l’aide à son père afin de lui échapper ; celui-ci la transforma alors en laurier-rose (en grec rhododaphnè*). Apollon, toujours amoureux d’elle, en fit alors « son » arbre, qu’il consacra aux triomphes, aux chants et
aux poèmes : ne dit-on pas d’un poète, d’un chanteur, d’un acteur, d’un bon élève qu’il est couvert de lauriers ? Et ne recommande-t-on pas à tout un chacun de ne pas « s’endormir sur ses lauriers » ?

IRIS dans la mythologie était la messagère des dieux, en particulier de Héra (Junon en latin). Certains poètes prétendaient que l’arc-en-ciel était la trace laissée par le pied d’Iris descendant de l’Olympe pour porter un message vers la terre. D’autres poètes donnent à l’arc-en-ciel le nom d’écharpe d’Iris. La fleur, qui fait partie de la famille des iridacées, porterait ce nom en raison de la coloration de ses pétales aux reflets irisés.

* Le mot rhododendron est lui aussi composé de deux mots grecs ; rhodos (rose) et dendron (arbre).

Devinette : dans quelle pièce célèbre trouve-t-on les vers suivants :

N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

Réponse dans le prochain numéro de La Mée.
Elisabeth Blondel


Ecrit le 18 janvier 2017

L’ANEMONE, dont le nom vient du mot grec anemon qui signifie vent (cf. anémomètre, appareil qui mesure la force du vent), est née, selon le poète Ovide, des larmes que Vénus a versées à la mort de son bien-aimé Adonis. Dans une autre légende, rapportée elle aussi par Ovide, Vénus aurait éprouvé de l’amour pour Adonis après qu’Eros, son fils, avait frôlé son sein d’une de ses flèches... sans le faire exprès ! Au cours d’une partie de chasse, Adonis avait été mortellement blessé par un sanglier et de son sang serait née l’anémone.

LA ROSE, symbole de l’amour quand elle est de couleur rouge, est consacrée à Vénus. Une légende mythologique rapporte qu’au moment de la naissance de la déesse ( anadyomène =sortant de l’eau), l’écume de la mer comportait un buisson qui, arrosé du nectar des dieux, s’est couvert de roses blanches.

LE BLEUET appartient à la famille des cantaurées (centaurea, en latin). Le centaure Chiron était l’éducateur d’Hercule ; un jour, Hercule blessa malencontreusement le centaure à une patte avec une flèche qui avait été trempée dans le sang empoisonné de l’Hydre de Lerne. Chiron soigna sa blessure avec un remède à base de bleuets. Depuis, le bleuet est considéré comme un excellent antidote contre les morsures de serpents.

LA JACINTHE. Selon le poète Ovide, la jacinthe, antonomase* de Hyacinthe, est née du sang d’Ajax, un héros de la guerre de Troie, qui s’est tué parce qu’il n’avait pas réussi à obtenir les armes d’Achille disputées à Ulysse. Dans une autre légende, rapportée elle aussi par Ovide, Hyacinthe est le nom d’un jeune garçon de qui Apollon s’était épris ; un jour, le dieu et l’enfant jouaient à lancer un disque qui, lancé malencontreusement trop fort par Apollon, rebondit et blessa mortellement Hyacinthe ; Apollon métamorphosa alors le sang de la blessure de son jeune ami en une fleur qui porte son nom.

DEVINETTE : de qui TULIPE était-elle la fille dans la mythologie grecque ? Réponse dans le prochain numéro ! (1)


NOTES:

(1) REPONSE A LA DEVINETTE de la semaine dernière : qui ne connaît le premier vers de cette tirade extraite de la scène 4 de l’acte I du Cid de Corneille ?
O rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

REPONSE A LA DEVINETTE de la semaine dernière : TULIPE était la fille de PROTEE, dieu de la mer.