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Mée-disances du 29 mars 2017

Ecrit le 29 mars 2017

 La laverie russe

LeMonde.fr du 23/03 : Derrière le nom de code – « The Russian Laundromat »– se cache l’un des schémas de blanchiment les plus importants de l’histoire. Entre 2011 et 2014, il a permis à des dizaines de personnalités russes de sortir de leur pays plus de 19 milliards d’euros d’argent sale et de les mettre à l’abri en Europe, avec la complicité de responsables des services de renseignement russes.

Son existence était connue : la justice moldave, notamment, mène une enquête sur le sujet depuis 2014, avec la collaboration toute théorique de son homologue russe. La « laverie » a aussi fait l’objet de plusieurs publications de l’OCCRP, un collectif de journalistes d’investigation est-européen soutenu notamment par le département d’Etat américain.

L’OCCRP et le journal russe Novaïa Gazeta ont eu accès à des documents dévoilant près de 70 000 transactions bancaires et impliquant 120 comptes bancaires et structures offshore. [...].

Le schéma utilisé était assez simple : une société écran accordait à une autre un prêt fictif, que celle-ci se disait incapable de rembourser avant de se mettre en faillite. Grâce à la complicité de juges en Moldavie, la justice autorisait le remboursement, par des sociétés russes, de cette dette fictive à des créanciers prête-noms.

L’argent – désormais bien réel – transitait par des banques lettones, bien à l’abri au sein de l’Union européenne, avant d’arriver dans des banques ayant pignon sur rue au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Suisse, en Estonie ou aux États-Unis… La Société générale et BNP Paribas sont également citées pour des opérations plus modestes. Les juges moldaves accusent Moscou d’entraver leurs recherches.

Les bénéficiaires de la fraude appartiennent à l’élite des affaires moscovites. La majorité d’entre eux ont fait fortune grâce à leurs relations avec le pouvoir. Des membres du FSB sont au sein des 19 banques russes ayant organisé le blanchiment. L’une d’elles comptait, dans son conseil d’administration, Igor Poutine, le cousin de Vladimir. […]

 Vinci ne fera pas le mur

Lexpress.fr du 21/03 : Vinci préfère « ne pas toucher » au fameux mur anti-clandestins promis par le président américain à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Le géant français du BTP ne veut pas « choquer » ses salariés dans le monde, a expliqué son PDG, précisant que ce n’était pas un « jugement de valeur à l’égard des Etats-Unis ». 

Vinci ne sera donc pas candidat à l’appel d’offres lancé par le président Trump. « A un moment, il y a des projets qui sont trop exposés, qui représentent plus qu’un simple mur, qu’une infrastructure ou un bâtiment de génie civil », a développé le PDG de Vinci. 

La participation de groupes français au projet faisait l’objet de spéculations depuis la publication des appels à projets il y a plus de 15 jours. De son côté, le groupe franco-suisse LafargeHolcim s’est dit prêt à vendre son ciment pour le mur. 

Une annonce qui a fait réagir François Hollande. Le président français a mis en garde le groupe, premier cimentier aux États-Unis, et a appelé les entreprises françaises à la « prudence ». Le projet de mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique est évalué entre 7 et 38 milliards d’euros. 
Premier “grand débat” télévisé pour les
présidentielles.

 Haro sur le bœuf brésilien

LaCroix.com du 21/03 : « Des fonctionnaires recevaient des pots-de-vin pour faciliter la production d’aliments avariés, en émettant des certificats sanitaires sans avoir effectué d’inspections », a indiqué la police fédérale brésilienne en dévoilant un important réseau de commercialisation de viande impropre à la consommation. […]

Résultat : les importations brésiliennes sont suspendues en Chine – deuxième acheteur de viande brésilienne au monde – et au Chili – 6e importateur de viande rouge brésilienne – et l’Union Europénne a imposé des restrictions à ces importations. « Nous nous attendons à ce que plus de 30 pays remettent en question le pays en raison de cette affaire », a déclaré le ministre de l’agriculture de Brasilia.

Il a reconnu que si tous fermaient leurs portes à la viande brésilienne, « ce serait un désastre », alors que la première économie d’Amérique latine est déjà plongée dans une récession historique. En 2016, le Brésil a exporté pour plus de 859 millions de dollars de viande de poulet vers la Chine et pour 702,7 millions de viande bovine, selon le ministère du Commerce.

« Le secteur de la viande emploie plus de 7 millions de personnes et représente 15 % des exportations brésiliennes », a rappelé l’Association brésilienne des exportateurs de viande. Le scandale, qui implique deux multinationales brésiliennes de l’agroalimentaire, « pourrait faire dérailler la reprise économique du pays ».
Le principal syndicat européen d’agriculteurs Copa-Cogeca a saisi l’occasion pour appeler de nouveau à la prudence dans les négociations en cours entre l’UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) autour d’un accord de libre-échange.

 Le camionneur gelé

HuffingtonPost du 22/03 : Nommé par Donald Trump à la Cour suprême américaine, le juge conservateur Neil Gorsuch enchaîne depuis le 20 mars les auditions devant les sénateurs dans l’espoir d’être confirmé à son poste.

Le grand oral de cet homme de 49 ans -qui pourra siéger à vie au sein la plus haute institution judiciaire du pays s’il obtient sa confirmation- est très mal vécu par les démocrates. Interrogé à plusieurs reprises sur ses positions personnelles quant au droit à l’avortement ou l’ouverture du mariage aux couples de même sexe que Trump veut renverser, ce partisan de la peine de mort est calmement resté aussi évasif que possible.

Un épisode a semblé cependant le mettre en difficulté quand plusieurs sénateurs se sont interrogés sur « l’absurdité » d’une ancienne affaire sur laquelle il avait travaillé : « the frozen truck driver », en français, « le chauffeur routier gelé ». Ce camionneur, A.Maddin, s’était retrouvé en janvier 2009 coincé au bord d’une route par -25°C, les freins de sa remorque bloqués par le gel et le chauffage inopérant dans sa cabine. Il avait appelé un dépanneur. Son employeur lui avait ordonné de soit rester sur place, soit repartir avec la remorque. Après plusieurs heures d’attente, les membres engourdis par le froid et craignant pour sa vie, Maddin avait détaché la remorque et était parti au volant de son véhicule pour se mettre à l’abri. Il avait alors été renvoyé par son patron. Le chauffeur avait contesté ce licenciement en justice. La cour d’appel de Denver, à la majorité de deux juges contre un, lui avait donné raison en estimant qu’il avait bien fait de donner la priorité à sa sécurité. Neil Gorsuch était le juge en désaccord, soutenant que Maddin avait violé la loi en refusant d’obéir à son employeur. « Cela me fait remettre en cause votre capacité de jugement », a asséné le sénateur démocrate Al Franken. Neil Gorsuch a répondu « compatir » avec le sort du camionneur bloqué dans le froid, mais a défendu sa lecture à la lettre des textes juridiques.

 L’envers du décor

Ouest-France du 24/03 : Les riches de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres… C’est le constat d’un rapport du ministère allemand du Travail et des Affaires sociales. Dans la première économie d’Europe, sur la période 1995-2015, les Allemands dont les rémunérations figurent parmi les 40 % plus basses ont vu leur salaire brut horaire reculer de 4 à 7 %. À l’inverse, les 60 % restants ont connu des augmentations de 1 à 10 %.