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L’ACNUSA et le bruit des avions

Ecrit le 29 mars 2017

Le CéDpa, collectif d’élu.e.s opposé.e.s au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes, a lu le rapport 2016 de l’ACNUSA (Autorité de Contrôle des Nuisances Aériennes).

Une lecture très instructive et nous la recommandons aux partisans du transfert de Nantes-Atlantique 

L’ACNUSA consacre en effet un long développement aux progrès réalisés par l’industrie aéronautique en matière de bruit : « Depuis la fin des années 1990, le bruit des avions a été divisé par deux.

Et on estime que l’empreinte sonore de chaque nouvelle génération d’appareils est inférieure d’au moins 15 % à celle qu’elle remplace. En outre, presque partout, en dépit de l’augmentation du trafic, les territoires couverts par les PGS pourraient diminuer. » (PGS : Plan de Gêne Sonore)

Elle conclut : « La première leçon à tirer est que la situation des riverains s’améliore et continuera de s’améliorer même si le trafic doit encore augmenter ».

Le rapport dit encore : « Dépenser plusieurs milliards pour déplacer un aéroport (ou ses pistes !) dans le seul but de mettre fin à un niveau de nuisance qui n’existera plus dans vingt ou trente ans ne peut pas être regardé comme raisonnable. » (page 33).

Si cette phrase se réfère explicitement au projet de déplacement des pistes à Orly, projet jugé illusoire par l’Autorité, on ne peut évidemment s’empêcher de penser aussi à Notre-Dame-des-Landes ...

« N’est-ce pas ce que nous avons dit et écrit depuis plusieurs années ? » dit Françoise Verchère.

Le deuxième point intéressant concerne la révision des Plans de Gêne Sonore, en général. Précisément parce que la réalité du bruit se modifie, l’ACNUSA demande « que soit examinée au moins tous les deux ans la pertinence des prévisions (trafic, procédures de navigation aérienne, infrastructures...) ayant servi à l’établissement du PGS. »

Pour l’aéroport de Nantes-Atlantique, elle réitère pour la 3e année consécutive sa demande de révision du PGS : « L’ACNUSA demande à l’Autorité préfectorale compétente de mettre en révision le plan de gêne sonore de l’aéroport de Nantes-Atlantique dans les délais les plus brefs. » (page 14)

L’ACNUSA rappelle en effet que les procédures et les trajectoires ayant été modifiées, le PGS nantais n’est plus en adéquation avec la réalité des nuisances subies. Elle regrette explicitement que le refus des autorités préfectorales soit lié au projet de transfert : « Depuis 2014, l’Autorité, constatant que les trajectoires réalisées ne sont plus en adéquation avec celles qui prévalaient lors de l’élaboration du plan de gêne sonore de l’aéroport, demande la mise en révision de ce dernier.

Le préfet s’y est toujours refusé, au motif que la décision concernant le transfert de la plateforme vers Notre-Dame-des-Landes était toujours en attente et qu’il ne fallait pas préjuger de l’avenir.(…).

L’ACNUSA persiste dans sa position car il n’est pas normal de maintenir des personnes dans des conditions de bruit qui pourraient leur être épargnées en attendant une hypothétique décision de transfert. » (page 83)

« N’est-ce pas ce que nous disons aussi depuis plusieurs années ? » dit Françoise Verchère

« Car nous ne le rappellerons jamais assez, nous ne nions pas les nuisances aériennes mais nous pensons qu’elles ne peuvent justifier le transfert ; nous affirmons en même temps que tout doit être fait pour que les habitants vivent au mieux avec l’aéroport actuel (révision du PGS, prise en charge à 100 % de l’insonorisation des logements, révision des procédures d’approche, diminution des vols de nuit). Sur cette volonté d’améliorer la vie des riverains dès maintenant, les partisans du transfert devraient au moins être d’accord, non ? »

Signé pour le CéDpa, Françoise Verchère