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Like ou la gratification instantanée

Ecrit le 22 novembre 2017

Gratification : le mot a plusieurs sens :
- Cela peut être une somme d’argent donnée à quelqu’un en plus de ce qui lui est dû, un pourboire.
- Cela peut être un supplément de salaire versé de manière régulière ou non, en vertu d’un usage ou d’un engagement de l’employeur ou prévu dans un accord ou une convention collective, une prime.
- Cela peut être aussi une récompense quelle qu’en soit la forme.

La gratification génère un plaisir. La gratification, la récompense, est souvent le but recherché lorsque nous nous lançons dans une entreprise. Nous avons besoin de cette dernière pour justifier nos efforts et avoir le courage de faire des changements dans notre vie. Ce sont les retours, les commentaires et la reconnaissance que nous tirons de nos actions qui définissent la gratification. Beaucoup de nos décisions, de nos réflexes dépendent en effet du regard des autres. Sachons aussi que ce qui est gratifiant pour les uns ne l’est pas forcément pour d’autres.

il y a des gratifications différées, et des gratifications instantanées.

La gratification différée est celle d’un individu capable de résister à une récompense immédiate dans le but d’obtenir une récompense plus importante par la suite. La gratification différée est liée à de nombreux points positifs dont le succès dans les études, la santé physique et psychologique et la compétence sociale. C’est le contraire du proverbe populaire selon lequel : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » (qui apparaît dans Le Petit Poisson et le Pêcheur de Jean de La Fontaine).

La gratification instantanée c’est le désir d’expérimenter une sensation de plaisir sans délai. Vous voulez quelque chose et vous la voulez maintenant. Dans notre société moderne, tout nous pousse à agir selon le principe de recherche du plaisir. Cette recherche du plaisir c’est la force inconsciente qui commande nos actions.

Un piratage du cerveau

C’est là qu’on peut rejoindre une critique concernant Facebook, exprimée par Sean Parker. Peu connu du grand public, Sean Parker est le cofondateur de Napster, et l’un des premiers investisseurs de Facebook : il a pris, en 2004, 7 % du capital de l’entreprise. Lors d’une conférence organisée par Axios (une revue américaine qui s’intéresse aux médias et à la technologie), Sean Parker n’y est pas allé de main morte.

En effet, pour le milliardaire, Facebook se nourrit des failles de la psychologie humaine, rien que ça. Pour lui, Facebook est un « monstre » qui s’alimente de la gratification instantanée.

La critique de Sean Parker n’est pas nouvelle mais le fait qu’il soit l’un des pionniers du réseau social qui a largement contribué à son explosion fait toute la différence. Il a déclaré à Axios que lui et les autres fondateurs, dont Mark Zuckerberg, savaient pertinemment que ce qu’ils allaient créer allait rendre les gens totalement dépendants.

« C’est exactement le genre de choses qu’un hacker comme moi peut penser parce que cela exploite une faille dans la psychologie humaine ». Les hackers utilisent en effet des techniques d’ingénierie sociale pour, par exemple, se faire passer pour un PDG ou encore voler des données personnelles. L’ingénierie sociale est à la base de toutes les arnaques d’hameçonnage bien que certaines soient bien plus efficaces que d’autres. Facebook serait donc un piratage de cerveau en bonne et due forme.

Plus de posts, plus de likes, plus de commentaires

Sur Facebook, Twitter et d’autres, on place des posts messages, et si un message plaît à quelqu’un, cette personne envoie un like j’aime.

Ce qui est à la base de Facebook, tout le monde le sait, c’est l’effet gratifiant de voir une publication avoir des « like » ou des commentaires. Tous les réseaux sociaux fonctionnent ainsi, Facebook n’est que le plus développé de tous. Recevoir des « like » est traité, par le cerveau, comme une récompense ce qui fait qu’il va en vouloir toujours plus. L’utilisateur va donc publier à outrance car il sait que plus il publiera, plus il recevra de likes, et ainsi de suite.

Sean Parker s’inquiète du monstre qu’il a aidé à créer, selon ses propres termes : «  Dieu seul sait ce que [Facebook] est en train de faire au cerveau de nos enfants ».

Il a confié que, lors de la création de Facebook, les fondateurs se sont demandé comment faire pour que les utilisateurs passent le plus de temps possible sur le site. Et maintenant, il semble voir les implications de ce système : «  La conséquence inattendue d’un réseau quand il se développe auprès d’un ou deux milliards de personnes... c’est qu’il change littéralement la relation que l’on a avec la société, avec les autres  ».

Autrefois on désirait la sympathie, l’amitié, l’amour des autres. Maintenant on désire des likes ! Au point qu’il existe des systèmes pour obtenir des likes ! Le principe est simple, tout d’abord vous enregistrez une ou plusieurs de vos pages facebook. Ensuite vous attribuez des likes aux pages facebook d’autres membres et cela vous fait gagner des likes. Vous pouvez ensuite placer ces points (likes) sur vos propres pages facebook et ce sont les autres membres qui viendront liker votre page pour eux aussi gagner des likes sur leurs pages. Cela est totalement gratuit et les fans sont bien réels. Qu’importe la qualité de ces likes, ce qui compte c’est leur quantité. C’est-y pas sympa, ça ? Au point que certains se demandent : « À quoi ressemblerait un monde sans Like ? Difficile à imaginer ».

Il n’est sans doute plus possible de se passer de Facebook et autres réseaux « sociaux » : les jeunes y sont très accrochés ! Il importe cependant d’être conscient des dangers, de cette société du plaisir immédiat que nous construisons, de la disparition du plaisir lié à l’effort, au dépassement de soi-même, à la solidarité, aux relations avec les autres.

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BP  
Source :voir le site axios