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Des transports illisibles

Ecrit le 4 avril 2018

Viviane LOPEZ, conseillère régionale, est intervenue le 22 Mars 2018, abordant trois points dans son intervention :
- la fausse simplification annoncée de la gamme tarifaire,
- les conséquences de la nouvelle tarification pour habitants des zones rurales,
- et le manque d’approche globale de la politique transports.

 Simplification ?

Vous affirmez que votre nouvelle gamme tarifaire doit faire face à plusieurs enjeux dont la lisibilité, la simplicité et l’efficacité. Qu’en est-il en réalité ? Prenons l’exemple des Jeunes et Seniors de la SNCF.

Le tarif « découverte » est supprimé. Ce tarif permettait de prendre des billets à -25% sur les périodes blanches, c’est-à-dire les périodes creuses. Il était très utile, notamment pour les seniors qui subissent moins de contraintes horaires. Vous allez dire qu’ils pourront désormais prendre un billet Ecco, ce billet achetable uniquement en ligne jusqu’à la veille du départ. Permettez-moi deux objections :
1) le mode de calcul de ce nouveau billet ne semble pas simple et lisible : le rapport nous parle de prix par pallier de 2€ et de réduction d’environ 25%... Admettez que c’est assez flou.
2) 2e objection et c’est le plus important : tout le monde n’a pas accès à internet, notamment les seniors ! Je doute que ces derniers trouvent la suppression du tarif découverte plus simple, plus lisible et plus efficace…

Autre spécificité pour les jeunes et seniors : les cartes SNCF relatives à ces publics sont dévalorisées ! En clair plus de possibilité de se procurer un billet TER à -50% en périodes blanches avec les cartes « jeune » et « senior » de la SNCF.
Bilan de l’opération, les jeunes et les seniors devront acheter en plus la carte régionale pour pouvoir bénéficier à nouveau de ces tarifs. Cela va donc leur coûter plus cher et on a vu mieux en termes de simplification.

Bref, ce n’est ni plus simple, ni plus lisible, ni plus solidaire mais j’admets que cela ne faisait pas partie des enjeux identifiés par votre majorité.

 Zones rurales

Permettez-moi tout d’abord de vous faire part de deux inquiétudes concernant un territoire que je connais bien : celui de Châteaubriant. Ma première inquiétude est liée à la ligne Châteaubriant-Nantes. Comme vous le savez, cette dernière connaît d’importants dysfonctionnements et des résultats de fréquentation bien en dessous des attentes. Je pense que des choses sont à faire pour rabattre les habitants vers cette ligne, notamment ceux de la commune de Saffré. En revanche, je ne vois pas comment la hausse des tarifs que vous prévoyez permettra de ramener vers le rail des usagers quotidiens qui se laissent de plus en plus tenter par le covoiturage. C’est une décision dangereuse et incompréhensible pour ma part.

Deuxième inquiétude – et je sors ici des problématiques liées à la gamme tarifaire
-  : la ligne Châteaubriant Rennes.

Alors que cette ligne est viable et importante pour la ville de Châteaubriant et toutes les communes qu’elle irrigue, la SNCF et l’État s’apprêtent à fermer la section jusqu’à Retiers. Nous savons que le montant des travaux se monterait à 41 millions d’euros. Il manquerait 5 millions pour boucler le budget et il serait impératif de les trouver d’ici le courant d’avril.

Mais d’une part, SNCF Réseau indique que sa contribution est plafonnée et d’autre part l’État ne bouge pas sur ce dossier. Pouvez-vous nous dire quelles sont vos informations sur cette question et nous indiquer vos intentions d’actions pour maintenir ce service ?

Ces problématiques castelbriantaises illustrent les difficultés des zones rurales.

Dans ce contexte, il est incompréhensible que votre choix ait été d’augmenter le plus les abonnements dans les zones rurales et périurbaines. Pour que chacun comprenne bien : vous avez choisi d’augmenter chaque année de 7€ l’abonnement mensuel, quel que soit le montant de l’abonnement. Bilan : ce sont les petites lignes qui trinquent.

Quelques exemples : alors que la hausse moyenne des abonnements sera de 15% sur 3 ans – il s’agit du chiffre indiqué dans le rapport – cette hausse sera pour Nantes-Clisson de 34% et pour Le Mans-La Suze de 42% !! Dans ce dernier cas, même si l’abonné mensuel change de forfait et passe à un forfait tutti illimité, la hausse sera quand même d’un quart en 2020 ! [NDLR : plus 45 % sur la ligne Nantes-Châteaubriant et dès 2018].

Vous auriez pu faire autrement. Vous auriez pu, par exemple, choisir d’augmenter proportionnellement chaque abonnement. Vous avez fait le choix d’attaquer en priorité deux types d’usagers :
- les bénéficiaires du trajet 1€ (ndlr : relire La Mée de la semaine dernière)
- et les usagers quotidiens des petites lignes, c’est-à-dire les habitants des territoires ruraux et périurbains souvent de classe moyenne et populaire, contraints de prendre le train pour aller travailler.
Madame la Présidente, il me semble que nous sommes loin des ambitions du début de mandat, en particulier celles du plan pour la ruralité   !

Vous vous devez de donner aux usagers, où qu’ils habitent, une accessibilité renforcée aux transports en commun, ce n’est pas le sens de ce rapport.

 La politique transports

J’ai l’impression de radoter sur ce sujet pourtant essentiel. Lors de la dernière session, je n’ai eu pour réponse qu’une chanson de Dalida « paroles, paroles »… un peu court ! Nous n’avons toujours pas de données sur ce sujet en dehors de l’étude mobilité annoncée depuis un an déjà et prévue en 2018. C’est trop lent.

En parallèle, les tarifs augmentent dans les trains, ils augmentent également dans les transports scolaires (c’est notamment le cas pour la presqu’île de Guérande-Atlantique) sans aucune rationalité régionale.

Le plan de bataille pour l’emploi évoque la mobilité comme un enjeu majeur mais il n’apporte que des réponses partielles sans aucune cohérence avec la nouvelle gamme tarifaire.

Quid de l’intermodalité ? Quid de l’idée d’une carte de transports régionale unique défendue dans votre programme électoral ?

Lors du rassemblement pour la défense de la ligne Caen-Alençon-Le Mans-Tours, le 1er mars, Fabienne Labrette-Ménager, Maire LR de Fresnay-sur-Sarthe, Membre de notre CESER, s’est exprimée clairement sur le sujet.

Elle a rappelé que, depuis la loi Notre, la Région est l’autorité organisatrice unique pour tous les transports, scolaires, péri-urbains, TER et que cela doit être vu comme une opportunité. Elle a raison.

Nous devons attirer un nombre suffisant et croissant d’usagers pour garantir le fonctionnement de nos dessertes TER. Il faut donc réfléchir à la manière de réorganiser les dessertes et trouver des moyens de rabattre les usagers avec les cars, à chaque fois que c’est possible, sur les lignes de TER structurantes existantes.

L’organisation des transports doit être pensée globalement et il est impératif que notre région se mettre au travail sur ce sujet. En conclusion, Madame la Présidente, vous dirigez la Région en gestionnaire.

Mais les usagers ont aussi un budget quotidien à gérer et par vos décisions d’augmenter les tarifs, vous augmentez le montant de leur colonne dépenses en fragilisant de fait l’équilibre de leurs finances.

Nous vous demandons d’agir en visionnaire et de repenser globalement la politique de transports en Pays de la Loire. Ce n’est malheureusement pas le cas.