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Epidémie de grippe infectieuse à Châteaubriant

Ecrit le 20 décembre 2017

La grippe est une maladie infectieuse saisonnière, d’origine virale, dont les manifestations peuvent associer douleurs musculaires, frissons, maux de tête, fatigue, perte d’appétit et fièvre. Cette affection frappe tous les âges et peut conduire au décès du sujet. C’est une maladie grave. C’est pourquoi une école de Châteaubriant a été licenciée : elle comptait 39 élèves malades et toutes les institutrices. Un rapport a été adressé à la sous-préfecture. L’avis du licenciement, pour cause d’épidémie, est même paru dans un journal de Nantes. La ville a été signalée comme contaminée. Tous les militaires des 9e, 10e et 11e Corps d’armée, en permission à Châteaubriant ont eu ordre d’y rester jusqu’à nouvel ordre et ne peuvent donc rejoindre leur corps. De plus, tous les chefs de corps ont reçu l’ordre de n’accorder aucune permission pour Châteaubriant à l’occasion du 1er janvier. La situation est très grave.

«  Ce licenciement a eu des conséquences aussi fâcheuses qu’inattendues. En effet, beaucoup de parents peu aisés sont bienheureux d’avoir leurs enfants en permission pendant quelques jours mais ne peuvent les nourrir sans qu’ils travaillent pendant 10 ou 15 jours alors qu’ils ont à peine le nécessaire pour eux-mêmes. D’autre part ces jeunes gens ne peuvent, surtout dans cette saison, trouver du travail pour un séjour aussi court  » dit le maire….

La situation est plus grave qu’on ne croit puisque le maire de Châteaubriant a écrit au général du 11e corps d’armée en lui disant : «  il n’y a pas … et il n’y a jamais eu d’épidémie à Châteaubriant. Je proteste contre l’inconcevable légèreté de l’inspecteur primaire à Châteaubriant qui atteint désagréablement un grand nombre de familles de notre localité. Une enquête a été ordonnée et son résultat prouve qu’il y avait au moment du licenciement quatre élèves sur 175 atteintes de grippe très bénigne. Aucun cas de maladie épidémique n’a été signalé dans les trois autres écoles communales, ni dans les écoles libres, ni dans la population. J’ai l’honneur de vous prier, Monsieur le Général, de rapporter votre décision, le motif qui vous l’a fait prendre n’existant pas  ».

Quelle histoire ! Mais quelle histoire ! Une ‘fake news’ à Châteaubriant ! Les faits rapportés ci-dessus figurent dans les courriers du maire de Châteaubriant en décembre 1897. Celui-ci met en cause l’inspecteur primaire qui a ordonné ce licenciement (comme on disait à cette époque), c’est-à-dire la fermeture de l’école « dans le but unique de prolonger frauduleusement les vacances des institutrices ».
Et voilà, vous savez tout !


Il est toujours joli le temps passé …

Avant, tout était mieux. Voilà ce qu’on peut glaner dans les courriers du maire de Châteaubriant en décembre 1897 :

- le maire demande l’admission à l’Hôtel Dieu à Nantes de la nommé Angélique F, 28 ans, atteinte d’une endométrite. Son mari, garçon marchand de vins et cabaretier, n’a pour subvenir à ses besoins personnels et à ceux de sa femme et de son enfant que son salaire qui est de 80 frs/mois. Son cabaret ne lui rapporte même pas de quoi payer son loyer et ses contributions. Il est en outre obligé de venir en aide à ses père et mère, le premier âgé de 70 ans et la seconde de 61 ans et à son beau-père de 77 ans.

- le maire transmet la demande de la veuve B. du Moulin Neuf qui demande à avoir en garde un deuxième petit garçon des enfants assistés. « L’enfant qui lui a été confié salit du linge toutes les nuits et il lui serait impossible de le conserver si elle n’avait que lui. La rétribution qu’elle toucherait pour un deuxième enfant la dédommagerait de ce qu’elle perd pour le premier  ».

Des revenus très bas, pas de sécurité sociale, pas de retraite, pas de machine à laver… C’était le bon temps.