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Education et Fraternité

Ecrit le 17 janvier 2018

Chaque année, comme toutes les associations, l’Amicale Laïque de Châteaubriant tient son assemblée générale. Celle de décembre 2017 n’a pas failli à la tradition avec la présentation des activités de toutes les sections sportives et de la section randonnée « Au Long des Chemins ».

C’est aussi l’occasion d’entendre le rapport des associations auxquelles l’ALC ouvre généreusement son local, politique d’ouverture très appréciée.

Enfin le Président Roland Feuvrais fait toujours une déclaration plus générale, traçant les lignes de fond de l’association. Cette année sur deux thèmes :
- Education et Fraternité
- Contrats aidés.
Laissons-lui la parole.

Education et Fraternité

L’éducation serait en crise car elle n’arriverait pas à se plier au modèle néolibéral mondial, aux exigences du marché de l’emploi et de la rentabilité. Mais est-ce bien là l’objectif du grand service public de l’éducation nationale ? Bien sûr comme non ! Et comme le dit le philosophe Alain Badiou : « Comment accepter que les cinq piliers de la vie simple pour tous, que sont la santé, le logement, l’éducation, la communication, et le transport, soient livrés à la loi du marché ? Intolérable  ! »

Mais revenons à l’Education, de la maternelle à l’université elle est souvent décriée. Voire parfois considérée dépourvue d’utilité, ou ne nécessitant pas autant de moyens, matériels, financiers, humains, tant elle ne sert pas immédiatement à créer du profit.

Pourtant un pays qui néglige sa jeunesse est un pays qui régresse. Nos enfants en subissent déjà les conséquences. Gardons-nous que nos petits-enfants en soient aussi les victimes. Pour cela redonnons des couleurs à l’éducation et à la pédagogie.

L’éducation fait peur à cause de son inadaptabilité supposée au collège. L’éducation effraie parce qu’elle fabrique du sens, évoque la possibilité d’un monde meilleur au lycée. L’éducation affiche une vocation critique des gouvernements, des institutions, des conduites sociales ou psychologiques, à la Faculté, à l’université. Critiques en plus difficiles à accepter par la hiérarchie et nos gouvernants car elles portent l’idée qu’un autre monde est possible, qu’une société plus humaine est envisageable et que des sphères non marchandes se développent.

L’éducation en particulier les sciences-humaines éduque à l’acquisition de la réflexion contre l’emprise des autres. Nous ne sommes pas des moutons ! L’éducation en particulier la littérature, le cinéma, l’histoire, la philosophie, permet d’accéder à l’humanité en faisant acquérir une culture des émotions. Et comme l’écrit Jean-Paul Demoule, archéologue, membre de l’Institut universitaire de France, « la prise en compte de ce grand service d’éducation devrait permettre de construire une Europe fondée sur la culture et la fraternité, avec un sentiment d’appartenance, il devrait aider à contrer les actuelles manipulations identitaires et remédier aussi au sentiment d’incompréhension que suggère aujourd’hui l’état de notre société  ».

Fabienne Brugère, professeur de philo à Paris VIII, nous suggère de revisiter Charles Dickens ou Emile Zola. «  Lire Dickens ou Zola donne les moyens de se mettre à la place des autres, des pauvres en l’occurrence, d’agir pour eux ou de défendre un intérêt commun, de sentir et d’imaginer les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ».

Au Long des Chemins en rando