Ecrit le 20 f ?vrier 2019
Les homophones sont des mots qui se prononcent de la m ?me fa ?on , mais qui n’ont ni le m ?me sens, ni la m ?me orthographe, tels auspices et hospice par exemple. Ils se distinguent des homographes qui, eux, s’ ?crivent de la m ?me fa ?on sans se prononcer de la m ?me mani ?re et ont un sens diff ?rent, comme on le voit dans l’exemple suivant ? : les poules du couvent couvent.
Notons que certains mots sont ? la fois homophones et homographes tels cousin, mousse ou verre.
Le mot auspices -employ ? uniquement au pluriel- signifie pr ?sage tir ? du vol des oiseaux (du latin avis= oiseau et spicere= examiner) : dans l’antiquit ? ce sont des pr ?tres appel ?s augures qui examinaient le vol des oiseaux pour en tirer des pr ?sages. Par la suite, le mot auspices a pris le sens de pr ?sage ; ainsi sont n ?es les expressions « na ?tre sous d’heureux, ou au contraire de f ?cheux auspices » ainsi que « c’est de bon ou de mauvais augure ».
Le mot hospice est issu, comme h ?pital, hospitalit ? et hospitalier, du mot h ?te : il d ?signait au XIIe si ?cle une maison o ? des religieux offraient l’hospitalit ? aux p ?le-rins et aux voyageurs ; au XVIIIe si ?cle, il a pris le sens d’ ?tablissement public ou priv ? qui accueillait des orphelins, des enfants abandonn ?s, des vieillards, des infirmes. Au XXe si ?cle, on y accueillait des personnes ?g ?es d ?munies, il ?tait dans l’esprit des gens synonyme de mouroir. Le mot n’est gu ?re usit ? de nos jours.Il est « l’anc ?tre » des maisons de retraite aujourd’hui appel ?es EHPAD.
Les Hospices de Beaune ? l’architecture gothique remarquable, ? la toiture de tuiles verniss ?es, sont devenus le Mus ?e de la Bourgogne et de la m ?decine m ?di ?vale dans l’Occident chr ?tien.
Hui n’a rien ? voir avec huis : la deuxi ?me partie du mot aujourd’hui (1) vient du latin hodie (= en ce jour) qu’on n’emploie plus seul actuellement, alors que huis vient du gallo-roman ustiu, issu du latin ostium qui signifie porte. L’expression ? huis clos date du XVIe si ?cle. A l’ ?poque des Croisades, un huissier ?tait un navire de transport dont la coque, perc ?e d’une large porte (ou huis), permettait de d ?barquer directement les combattants.
Guillaume Apollinaire a chant ?? :
Dans la plaine les baladins.
S’ ?loignent au long des jardins.
Devant l’huis des auberges grises.
Par les villages sans ?glise .
Et les enfants s’en vont devant.
Les autres suivent en r ?vant .
Il serait trop long de donner la liste de tous les homophones de la langue fran ?aise, nous n’en retiendrons ici que quelques-uns :
P ?re, pair et paire,
M ?re, mer et maire,
Encre et ancre,
Pain et pin,
Balle et bal,
Voix et voie,
Tente et tante,
M ?tre, ma ?tre et mettre,
Compte, conte et comte,
Cha ?ne et ch ?ne,
Foi, foie et fois,
Port et porc,
Faim et fin,
qu’en, camp, quand, quant
Sceau, sot et seau,
et tant d’autres ? : ?a, sa ; plut ?t, plus t ?t ? ;
son,sont, etc.
(1) aujourd’hui s’est d’abord ?crit en trois mots ? : au jour d’hui.
DEVINETTE : pourquoi qualifie-t-on certains pr ?sages de sinistres ?
REPONSe ? la DEVINETTE du dernier num ?ro de La MEE :
« Porter plein » est une expression tir ?e du langage maritime qui signifie gouverner de fa ?on que les voiles soient suffisamment gonfl ?es par le vent pour ne pas fas(s)eyer.
Elisabeth Catala

