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Les giboulées de mars

Ecrit le 27 mars 2019

Au sens propre, une giboulée est une averse soudaine, parfois violente qui est accompagnée de vent, de grêle voire de neige fondue et qui survient en mars au début du printemps. L’origine de ce mot est inconnue : selon certains, c’est un mot qui vient du Berry, selon d’autres il viendrait d’Occitanie. Il faut en tous cas la rapprocher de verbes exprimant un mouvement, tels gibler (s’agiter) de même qu’on rapproche les termes dialectaux crolée (=averse) et secouée des verbes crôler et secouer.

Au figuré, dans la langue littéraire, le terme est appliqué à une humeur changeante et capricieuse :

« Et son caractère, depuis quelque temps ? Elle chante, elle boude, elle rougit, elle pâlit, elle rit, elle pleure ! - Giboulées d’avril, c’est la fleur qui vient. Elle s’ennuie, cette enfant ! »

peut-on lire dans un dialogue entre deux duchesses sous la plume de Pailleron dans Monde où l’on s’ennuie (1869).

Au figuré toujours, une giboulée peut désigner une volée de coups dans la langue familière et, dans une langue plus soutenue, le mot peut être associé à une succession de malheurs ou à une grande quantité , de pluie par exemple ou de notes de musique : « Le piano laisse retomber des giboulées de croches ». (Morand, Rococo, 1933).

Dans le Journal des Goncourt figure le verbe gibouler qu’on ne trouve nulle part ailleurs, pas même dans le dictionnaire : « Il giboule au dehors ».

A l’époque romaine, mars était le premier mois de l’année, ce qui explique le nom des quatre derniers mois (septembre, octobre, novembre et décembre). C’était le mois qui marquait le retour des beaux jours et avec lui le retour de la période de la guerre : il tient en effet son nom de celui du dieu de la guerre.

C’est le 15 mars 44 avant J.-C. le jour des « ides de mars »que César a été assassiné ; par extension cette date a pris le sens d’époque dangereuse à passer.

Le mot mars figure dans de nombreuses expressions : bière de mars (plus alcoolisée que de coutume), blé de mars, appelé aussi blé de printemps par opposition au blé d’hiver qui est semé en automne. Il figure aussi dans la locution proverbiale «  arriver comme mars en carême  » qui signifie arriver réguliè-rement, inévitablement.

Le Lièvre de mars » est un des personnages d’Alice au pays des merveilles, qui tient son nom d’un proverbe anglais qu’on peut traduire par « fou comme un lièvre en mars » et qui fait allusion au fait que mars est la saison des amours.

Le champ de Mars, à Paris tient son nom du « champ de mars » romain : les chefs principaux de la nation franque tenaient au mois de mars une assemblée pour régler les affaires militaires. Selon une autre théorie, c’est le nouveau nom que les Romains donnèrent à la place Garanella (Grenelle) où ils avaient battu les Gaulois, en l’honneur de leur victoire.

Enfin, le mois de mars est poétiquement décrit par Théophile Gautier dans Premier sourire du printemps :

Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les homme courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse les collerettes
Et cisèle des boutons d’or.

DEVINETTE : quel est l’auteur du film Le promeneur du Champ de mars ?

REPONSE à la dernière DEVINETTE :
le dieu grec du Temps et de la Destinée était Chronos, qu’il ne faut pas confondre avec Cronos, le titan qui mangeait ses enfants à peine nés, de peur d’être détrôné par eux.

Elisabeth Catala