Ecrit le 27 novembre 2019
Selon le rapport 2019 de l’observatoire r ?gional (Pays de Loire) sur les violences faites aux femmes il y a eu en 2017 ? : 10970 contacts de femmes victimes de violences de couple
« ? En 2018 15031 contacts de femmes » ? En 2019 17162 situations ont ?t ? trait ?es
" ? Les violences de couple sont toujours les plus importantes.
L’ ?tude a concern ? plus particuli ?rement les jeunes femmes en comportant trois volets :
– Une enqu ?te r ?alis ?e aupr ?s de jeunes des Pays de Loire sur leurs relations amoureuses et sur leur perception de la violence dans les relations de couple.
– Un recueil des statistiques concernant les jeunes femmes dans les structures partenaires de l’observatoire r ?gional sur les violences faites aux femmes.
– Rencontre de diff ?rents organismes en lien avec la jeunesse afin de conna ?tre leur perception des violences de couple envers les jeunes femmes et envisager des pistes de travail.
Aupr ?s des jeunes
L’enqu ?te en ligne a re ?u 2500 r ?ponses, avec sur-repr ?sentation des jeunes en ?tude ou formation, via les universit ?s ou les ?coles, les autres jeunes, plus dispers ?s, ont ?t ? plus difficiles ? informer.
Vie sentimentale : 46 % des gar ?ons et 46 % des filles ont un ou une petit-e ami-e et ne vivent pas ensemble, 18 % des jeunes femmes et 10 % des jeunes hommes vivent en couple. 40 % ont eu au moins trois relations amoureuses, ces relations sont relativement courtes.
Ils ont tous le souhait que leur partenaire soit une personne qui les accompagne dans leur projet. Le comportement attendu de l’homme est bien loin du caract ?re « viril », « machiste » qu’on lui attribue depuis des g ?n ?rations. L’un et l’autre privil ?gient la communication, la confiance, le respect et une relation ?galitaire.
Quand on leur demande les motifs de rupture de leur pr ?c ?dente relation, les principales r ?ponses des filles comme des gar ?ons concernent la perte du sentiment amoureux, un changement de partenaire, une relation qui devenait insatisfaisante.
Si nous examinons plus sp ?cialement les
indicateurs correspondant ? un contr ?le de la part du partenaire nous observons qu’ils sont davantage cit ?s par les jeunes femmes.
MOTIFS DE RUPTURE ? :
– Surveillance de mon smartphone
– Choix de ce que je devais faire de mon temps libre, refus que je voie ma famille, mes amis
– Nous nous disputions violemment.
La moiti ? des jeunes ont indiqu ? avoir des probl ?mes avec leur partenaire actuel, les probl ?mes les plus importants, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, sont li ?s ? la jalousie : « veut savoir qui je fr ?quente, avec qui je sors », la surveillance des conversations t ?l ?phoniques, des r ?seaux sociaux. A premi ?re vue il n’y a pas de diff ?rence notable entre les r ?ponses des jeunes femmes et des jeunes hommes. La relation exclusive est recherch ?e par les deux partenaires, dans le contexte d’une relation r ?cente. Les situations de contr ?le qui pourraient ?tre l’amorce de comportements violents ne sont pas visibles dans ces r ?ponses. Une ?tude plus fouill ?e avec des entretiens serait n ?cessaire pour approfondir et pr ?ciser ce que les uns et les autres mettent sous leurs mots.
61% des jeunes consid ?rent que la repr ?sentation du couple qui leur a ?t ? expos ?e lors de leur enfance a ?t ? plut ?t positive, 18% disent que leurs parents leur ont donn ? une mauvaise image de la vie de couple.
Quand on leur demande quelles sont d’apr ?s eux les violences les plus exerc ?es par les femmes puis par les hommes, les jeunes enqu ?t ?s r ?pondent que le harc ?lement moral, les violences psychologiques et verbales sont davantage exerc ?es par les femmes et que les violences physiques sont les plus exerc ?es par les hommes. Le harc ?lement sexuel est cit ? uniquement comme violence exerc ?e par les hommes. L’enqu ?te montre que la repr ?sentation des r ?pondants correspond ? une opinion tr ?s r ?pandue, fortement v ?hicul ?e par les m ?dias avec l’exposition de nombreux faits divers et l’expression couramment utilis ?e de « femmes battues » renvoyant aux violences physiques.
Les r ?pondants ? l’enqu ?te ne sont pas totalement repr ?sentatifs de leur g ?n ?ration, ils sont tr ?s majoritairement ?tudiants et issus de cat ?gories socio-professionnelles plus ais ?es que la moyenne de la population du m ?me ?ge. Cependant, comme la plupart des jeunes, ils ne sont pas dans une situation stable, ils ne sont pas autonomes financi ?rement, ce qui a des r ?percussions sur leur vie amoureuse. Les relations sont d’une dur ?e assez courte, les modifications intervenant dans leur vie am ?nent les jeunes ? changer assez souvent de partenaires. Ils ne sont pas confront ?s ? la r ?alit ? d’une vie conjugale, seulement 16 % des r ?pondants vivent ensemble et 2 % sont parents.
Les r ?pondants se sentent peu concern ?s personnellement par la notion de violences de couple ; m ?me si parfois il y a de la domination, elle n’est pas identifi ?e comme telle. Leur vie amoureuse est v ?cue dans une certaine l ?g ?ret ?.
Aupr ?s des jeunes femmes victimes de violences
Parmi les moins de 25 ans seule une minorit ? vit en couple, cependant les jeunes femmes victimes de violence sollicitent les associations autant que leurs a ?n ?es.
Le contr ?le sur l’autre s’effectue avec de nouveaux moyens ? travers les SMS, r ?seaux sociaux. L’influence de la pornographie, des m ?dias, le manque d’ ?changes dans la sph ?re priv ?e pour certains jeunes, font que l’image qu’ils ont du sexe oppos ? est biais ?e.
Les violences chez les jeunes semblent ?tre per ?ues comme « monnaie courante », les violences amoureuses se retrouvent noy ?es, voire minimis ?es par rapport aux autres formes de violences. c’est donc difficile pour un jeune d’identifier qu’il ou elle est victime de violences dans sa relation amoureuse.
Les associations accueillant des femmes victimes de violences soulignent la n ?cessit ? de pr ?venir et d ?tecter les violences dans les relations amoureuses chez les jeunes. La plupart interviennent aupr ?s de groupes de jeunes au moyen d’outils de pr ?vention.
Une exp ?rimentation soutenue par le Conseil R ?gional a ?t ? men ?e en commun par les associations SOS Femmes et Solidarit ? Femmes, les CIDFF et les Planning dans 5 lyc ?es de la r ?gion afin de sensibiliser les jeunes aux violences sexuelles et sexistes ; ce projet se poursuit aupr ?s des Maisons Familiales Rurales.
La probl ?matique des violences de couple est rarement ?voqu ?e lorsque ce n’est pas la porte d’entr ?e principale pour la structure ; les autres violences sont plus pr ?gnantes et les professionnels ne se sentent pas l ?gitimes pour aborder des questions intimes hors de leur champ d’action principal. Lorsqu’ils le font c’est souvent que la violence de couple est grave et qu’il y a urgence ; nous avons vu que si le sujet est abord ? en dehors d’une situation d’urgence et que la confiance est install ?e, cela permet au professionnel de d ?couvrir de nouvelles pistes d’intervention.
Conclusion
Les associations accueillant des femmes victimes de violences de couple ne sont pas assez visibles et connues, pour informer les jeunes il faudrait d ?velopper les outils num ?riques des associations.
Dans les structures accueillant des jeunes, les violences de couple sont plus difficiles ? rep ?rer car elles ont lieu dans l’intimit ? ; elles prennent des formes diff ?rentes : insultes, harc ?lement, domination, elles paraissant moins perturbantes que les violences physiques entre gar ?ons.

