Ecrit le 17 juin 2020
L’adverbe est destin ? ? pr ?ciser le sens d’un verbe, d’un adjectif, d’un autre adverbe ou d’une phrase tout enti ?re. Il est toujours invariable.
Les adverbes se caract ?risent par la disparit ? de leur mode de formation ; ils sont compos ?s d’ ?l ?ments dont les origines sont tr ?s diverses.
Le latin : une premi ?re s ?rie est faite d’adverbes issus directement u fonds latin, tels bien, mal, hier, loin, plus, pr ?s, tr ?s, pour ne citer qu’eux, ou d’anciennes formes compos ?es progressivement lexicalis ?es, comme par exemple beaucoup, aujourd’hui, bient ?t, longtemps, toujours etc.
L’emprunt ? : une deuxi ?me s ?rie est faite d’adverbes emprunt ?s ? l’arabe tels bezef, chouya, fissa, ? l’italien, comme pianissimo, fortissimo, allegretto, ou au latin, tels a posteriori, a fortiori, ad hoc, in extremis, ad libitum.
La d ?rivation ? : si on excepte le suffixe -ons dont il est rest ? des locutions adverbiales comme ? t ?tons, ? reculons, c’est la suffixation en -ment qui constitue le proc ?d ? de formation le plus massif ? partir de la forme f ?minine de ?l’adjectif ? : doux - doucement, fi ?re - fi ?rement, beau- bellement.
En d ?pit de leur apparence de mots d ?riv ?s, les adverbes en -ment sont ? l’origine des mots compos ?s r ?sultant dans le latin tardif de la combinaison d’un adjectif f ?minin et du latin mente ( issu de mens , mot f ?minin signifiant esprit) ? : devota mente = dans un esprit d ?vot. Peu ? peu, mente a perdu dans le fran ?ais tr ?s ancien sa signification d’esprit pour prendre celle de mani ?re, si bien qu’il ne fut plus qu’un simple suffixe capable de s’attacher ? toutes sortes d’adjectifs. Etant donn ? que ment ?tait issu d’un mot f ?minin, on comprend pourquoi c’est ? la forme f ?minine de l’adjectif qu’il s’est joint.
Notons que les adjectifs termin ?s par une voyelle comme ai, ?, i, u forment l’adverbe sur le masculin ? : vrai : vraiment ( autrefois vraiement) ? ; ais ? : ais ?ment (autrefois ais ?ement) ? ; poli -poliment (autrefois poliement) ? ; goulu : goul ?ment (autrefois gouluement), et que les adverbes form ?s sur des adjectifs termin ?s par -ent ou -ant, se terminent en : emment, -amment tels violent - violemment, constant : constamment. Quelques exceptions cependant (...pour confirmer la r ?gle ?! ) ? : lent : lentement, pr ?sent : pr ?sentement.
Le -e du f ?minin de l’adjectif reste ou est repr ?sent ? par un accent circonflexe dans des adverbes comme assid ?ment, ga ?ment (ou gaiement), cr ?ment, d ?ment (mais indument ! ) ; le l final de gentil dispara ?t dans gentiment ? ; le i final de impuni se transforme en ? , impun ?ment ? ; et, d’apr ?s des adjectifs comme assur ? qui donne l’adverbe assur ?ment, divers adjectifs termin ?s par un « ?e ? » muet forment des adverbes en - ?ment ? : ainsi commode - commod ?ment, ?norme - ?norm ?ment, pr ?cise : pr ?cis ?ment.
Enfin, beaucoup d’adjectifs n’ont pas donn ? naissance ? des adverbes ? : content, mobile, concis, vex ?, par exemple.
Verlaine a donn ? des adverbes comme titre ? deux de ses recueils ? : Parall ?lement (1889) et Jadis et nagu ?re (1884) ? ; c’est ici l’occasion de dire que les mots jadis et nagu ?re ne sont pas synonymes ? : jadis, contraction de ja a dis il y a d ?j ?? des jours (jam en latin= d ?j ??), renvoie ? l’ancien temps, alors que nagu ?re, contraction de n’a gu ?re = il n’y a gu ?re ( de temps), signifie r ?cemment.
Enfin, qui ne conna ?t la comptine associ ?e ? la marguerite dont on ?te les p ?tales un ? un et dans laquelle l’adverbe est roi : Je t’aime un peu, beaucoup, passionn ?ment, ? la folie, pas du tout ??
DEVINETTE ? : quel est l’adverbe le plus long de la langue fran ?aise ??
REPONSe ? la derni ?re DEVINETTE de La M ?e ?. L’expression en mener large fait r ?f ?rence, comme ne pas en mener large, au dressage ?questre ? : un cavalier tr ?s ? l’aise pouvait se permettre de mener sa monture « ?au large ? », loin du sentier trac ?.
Elisabeth Catala

