Page 2030
Encore des cadeaux aux gens ais ?s
Nicolas Sarkozy compte sur les m ?nages, et sur leur capacit ? ? s’endetter, pour relancer la machine ?conomique. Partant du constat que les m ?nages hexagonaux ne consomment pas assez et ?pargnent trop, le ministre a imagin ? plusieurs dispositions susceptibles de les inciter ? souscrire des cr ?dits.
La mesure la plus surprenante concerne l’abattement d’imp ?t consenti pour tous ceux qui vont souscrire un pr ?t ? la consommation. Premi ?rement, l’int ?r ?t de payer moins d’imp ?ts pour payer plus d’int ?r ?ts reste ? d ?montrer ... pour ceux qui ne paient pas d’imp ?t. Deuxi ?mement, si les sommes en jeu sont modestes (150 euros au maximum par an, sur deux ann ?es seulement), elles ne sont m ?me pas ? la port ?e des populations les moins ais ?es.
En effet, un emprunt de 7000 ? sur 2 ans, ? 4 % d’int ?r ?t, co ?te 295 ? d’int ?r ?ts mais entra ?ne une mensualit ? de 304 ?. Un salari ? au SMIC, qui gagne environ 1000 ? nets par mois, n’a pas les moyens de rembourser 304 ? par mois quand il a pay ? son loyer, sa nourriture, les frais li ?s aux enfants et ? la voiture ?! Cette r ?duction d’imp ?t de 150 ? ne va donc arranger, une fois de plus, que les contribuables ais ?s.
Pourquoi M ?. Sarkozy n’attribue-t-il pas 150 ?
_ ? tous les contribuables
en dessous d’un certain seuil de revenus ?
Il serait s ?rde relancer imm ?diatement la consommation ?!
Autre id ?e de M. Sarkozy ? : permettre aux parents et grands-parents ? donner ? chacun de leurs enfants ou de leurs petits-enfants ?g ?s d’au moins 18 ans une somme de 20 000 euros en franchise totale d’imp ?t. Cette possibilit ? ne sera ouverte que du 1er juin 2004 au 31 mai 2005. Aujourd’hui, les parents peuvent d ?j ?? donner (quand ils les ont !) 46 000 euros ? leurs enfants et les grands-parents 30 000 euros ? leurs petits enfants, sans payer de droits de succession, une fois tous les dix ans. On ne voit donc pas ce que la d ?cision de M. Sarkozy apporte de nouveau. On voit bien, en revanche, que ce « ?don ? » ne concernera que les familles ayant suffisamment de moyens.
Le ministre Sarkozy voudrait pousser les Fran ?ais ? ?pargner moins. C’est m ?conna ?tre une r ?alit ? ?conomique et psychologique ? : « ?Lorsque les m ?nages constatent des d ?ficits importants de l’Etat, ils anticipent des augmentations d’imp ?t futures, ils compensent ainsi l’accroissement du besoin de financement des administrations publiques par un accroissement de leur propre capacit ? de financement. Et la France est, avec l’Allemagne, l’un des pays o ? ces d ?ficits sont les plus ?lev ?s ? » dit Didier Davidoff, directeur de l’observatoire de l’ ?pargne europ ?enne.
Ecrit le 26 mai 2004 :
g ?n ?rosit ? : il sera possible pendant 2 ans, de d ?duire 25 % des int ?r ?ts li ?s ? un pr ?t ? la consommation. Maxi 150 ? par an.. Cela correspond ? un emprunt de 30 000 ? ? 4 % sur 2 ans, avec des mensualit ?s de 1300 ?. Seuls ceux qui gagnent 4000 ? /mois
Ecrit le 22 septembre 2004
Les gros cadeaux entretiennent l’amiti ?
Le Premier ministre annonce, dans une interview au Figaro publi ?e le 17.09.2004, que la r ?duction d’imp ?t pour emploi ? domicile sera augment ?e de 50 % d ?s l’an prochain. Le plafond des d ?penses donnant droit ? cet avantage fiscal passera donc de 10 000 ? 15 000 euros, (dont 50 % pourront ?tre soustraits ? l’imp ?t sur le revenu). C’est la deuxi ?me fois que le gouvernement Raffarin donne un coup de pouce ? ce dispositif, qui ?tait plafonn ? en 2002 ? 6 700 euros.
A ce niveau, la r ?duction d’imp ?t pour emploi ? domicile est avantageuse pour les m ?nages ais ?s. 15 000 ? par an, cela repr ?sente environ 26 heures par semaine, charges sociales comprises. Qui peut se permettre de payer du personnel ? hauteur de 1250 ? par mois ?? (en s’en faisant rembourser la moiti ? en fin d’ann ?e).
Il s’agit ainsi d’une baisse masqu ?e de l’imp ?t sur le revenu, alors que le pr ?sident de la R ?publique avait d ?cr ?t ? une pause le 14 juillet dernier.
Les riches pourraient ?tre doublement ? la f ?te. Nicolas Sarkozy, sur Europe n ?1 , le 16 septembre 2004, a promis d’ ?couter les parlementaires de sa majorit ? qui exigent que le bar ?me de l’imp ?t de solidarit ? sur la fortune (ISF) soit, au minimum, index ? sur l’inflation.
Le d ?bat sur l’ISF, qui aura lieu en octobre au Parlement, se d ?roulera au m ?me moment que la campagne de Sarkozy pour la pr ?sidence de l’UMP. Et le ministre-candidat a annonc ? la couleur ?(le 14 septembre ? Neuilly) ? : « ?Je veux parler pour la France moyenne, pour ceux qui sont trop riches pour ?tre pauvres et trop pauvres pour ?tre riches. »
Les vraiment pauvres ... pourront se serrer un peu plus la ceinture.

