Ecrit le 22 d ?cembre 2010
Max Ploquin et les 38 000 b ?b ?s
Mardi 14 d ?cembre 2010 ? Ch ?teaubriant : Max Ploquin est accueilli ? la Halle de B ?r ?. L’homme est ?g ?, pr ?s de 81 ans, il marche difficilement, mais il exprime une extraordinaire joie de vivre et de faire vivre. Dans la salle une cinquantaine de femmes et quatre hommes, seulement. La naissance est sans doute une affaire de femmes ?
Pas de long discours : Max Ploquin projette des films qu’il a r ?alis ?s, des accouchements en direct en quelque sorte, un premier enfant, des jumeaux, la pr ?sence de l’ ?poux, et m ?me des fr ?res et soeurs du b ?b ? attendu. Des cris ? Non, simplement les contractions de la maman, la petite boule de cheveux qui appara ?t, puis un bras, deux bras, et la joie des parents, l’explosion de joie de la maman.
Il ?voque l’accouchement sans douleur, n ? au d ?but des ann ?es 50, ? l’ ?poque o ? « ?il ?tait anormal que la femme trouve du plaisir ? l’acte conjugal, et normal que la femme accouche dans la souffrance ? ». l’accouchement sans douleur d ?buta la bataille des femmes pour leur libert ?, puis le planning familial, la naissance sans violence, l’haptonomie.
« ?Beaucoup de femmes souhaiteraient accoucher ? la maison, comme autrefois. Mais la n ?cessit ? de limiter les d ?c ?s a conduit ? faire de l’accouchement un acte m ?dicalis ?. Et nous sommes all ?s vers l’exc ?s de m ?dicalisation ? ». Maintenant la mortalit ? ? la naissance s’est beaucoup r ?duite, « ?elle a m ?me tendance ? r ?-augmenter, mais cette fois chez la maman, car les c ?sariennes trop syst ?matiques font courir un risque, li ? ? l’anesth ?sie ou de possibles infections ? ». Alors, si le « ?travail ? » se d ?roule vite et bien, pourquoi ne pas accoucher selon l’instinct de la femme ? « ?Il n’y a plus de bassins rachitiques come on le voyait autrefois quand les petites filles allaient travailler ? l’usine d ?s 10-12 ans, maintenant, l’alimentation aidant, les femmes ont un beau bassin , adapt ? ? la naissance d’un enfant ? »
La salle « ?nature ? » de l’h ?pital de Ch ?teaubriant (la seule dans le d ?partement de Loire-Atlantique) permet tout : des lianes pour soutenir le ventre et lib ?rer le dos, une baignoire pour d ?tendre les muscles, de la musique ou une coupe de champagne, un accouchement en position assise, ou accroupie, ou ? quatre-pattes, avec un minimum de pr ?sence m ?dicale, « ?pour un d ?part grandiose ? ». « ?Vous savez, la s ?curit ? psychologique compte autant que la s ?curit ? physique ? ».
Max Ploquin parle de ce qui se faisait dans la clinique de Ch ?teauroux. « ?L’ ?quipe, de la sage-femme ? l’agent de service, ?tait form ?e pour accueillir la femme, manifester de l’attention, de la tendresse, ? cette femme qui n’est pas une malade, qui n’a pas besoin de soins, qui a seulement besoin d’ ?tre accompagn ?e. Notre objectif : rendre la femme heureuse. Et nous ?tions heureux aussi ? ». Et dans la glace en face d’elle, la maman assistait ? la venue du b ?b ?. Emotion.
Mais une clinique comme ?a, c’est pour les bourgeoises ! « ?Oui, nous en avions. Mais la clinique de Ch ?teauroux se trouvait dans un quartier tr ?s pauvre de la ville. Nous avions aussi des femmes noires ou musulmanes. Et nous avions pour elles les m ?mes attentions ? ».
Au tout d ?but de sa carri ?re, Max Ploquin accouchait des femmes qui n’avaient pas suivi de pr ?paration particuli ?re. Et puis peu ? peu, avec son ?quipe, il a mis en place des p ?riodes de pr ?paration. « ?Le soir, le samedi, et m ?me le dimanche apr ?s la messe, avec les femmes, mais aussi les maris, voire les enfants quand la femme, n’ayant personne pour les garder, les emmenait avec elle ? ». Le docteur Ploquin a accompagn ? 38 000 naissances
Alors, et l’Haptonomie ? Selon Max Ploqui, Frans Veldman est un m ?decin hollandais, qui, d ?port ? en 1943, se trouvait dans un wagon plomb ? avec 86 personnes. Beaucoup de promiscuit ?, impossible de s’ ?tendre pour dormir, un petit coin dans le wagon pour les besoins humains, deux ou trois morts pendant le voyage. « ?Frans Veldman a demand ? aux gens de s’accepter, d’accepter le corps de l’autre qui vous touche de trop pr ?s, de comprendre comment on peut vivre ensemble ? ». L’haptonomie est une science de l’affectif, du toucher affectif. « ?On peut communiquer en touchant l’autre, s’il l’accepte. Le toucher assure la transmission de l’influx nerveux, il peut aider ? la r ?paration des os et des muscles. Le toucher peut valoriser une personne, l’apaiser en la reconnaissant comme une personne ? »
Appliqu ?e ? la grossesse, l’haptonomie est une science du toucher, qui permet ? l’homme et ? la femme de « ?vivre une relation de tendresse lorsque l’enfant est encore dans le giron de sa m ?re. Dans ce petit nid, l’enfant se sent attendu, aim ?. Tr ?s t ?t il acquiert une s ?curit ? de base qui l’invite ? l’autonomie, ? la communication et ? la confiance ? ». Il ne s’agit pas d’une technique favorisant l’accouchement sans douleur, pas d’apprentissage de la respiration, pas de yoga, pas de sophrologie, et, bien s ?r, pas de formation en groupe : la pr ?paration haptonomique est une pr ?paration dans l’intimit ? du coupe et de l’accompagnant. Il s’agit de favoriser l’accueil de l’enfant. « ?Les parents d ?couvrent comment ?changer avec leur enfant en mettant en œuvre le contact psychotactile plein de tendresse et d’amour. Cet ?change sollicite un engagement affectif de la part des deux parents, il est ensuite renouvel ? et d ?velopp ? ? la maison ? ». (1)
A cette r ?union on a entendu une femme, r ?sidente ? St Nazaire, venue spontan ?ment dire qu’elle a ?t ? accouch ?e par le docteur Ploquin pour son premier enfant. « ?Et la pr ?paration que vous m’avez faite a servi pour mes trois autres enfants ? ». On a aussi entendu parler du CIANE : (collectif interassociatif autour de la naissance)
Ecrit le 22 d ?cembre 2010
Le CIANE
« ?Notre syst ?me d’accompagnement ? la naissance doit ?voluer pour r ?pondre aux attentes de la population : la naissance d’un enfant n’est pas qu’un acte technique, c’est un ?v ?nement unique et fondateur, avant tout humain, affectif et social. La grossesse et la naissance ne sont pas des maladies, ce sont des temps forts de la vie d’une grande richesse humaine, des occasions privil ?gi ?es pour construire le lien entre parent et enfant, agissant ainsi pr ?ventivement ? l’ ?gard de nombreux probl ?mes ? ».
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Le CIANE est un collectif d’associations nationales et europ ?ennes. Sans aucune appartenance politique, syndicale, philosophique, sectaire ou religieuse, son action, fond ?e sur des valeurs citoyennes et sur le respect des lois, s’applique ? promouvoir les responsabilit ?s et les droits des personnes, usag ?res du syst ?me p ?rinatal. « ?Le mod ?le que nous d ?fendons focalise sur la m ?re, le b ?b ? et la famille et se pr ?occupe avant tout de leur bien- ?tre et de la qualit ? des soins ? ». La situation actuelle est largement pr ?occupante et des perspectives qui pourraient l’aggraver sont annonc ?es. Aussi, les usagers ont d ?cid ? de s’organiser en force de proposition, pour faire entendre leur point de vue partout o ? il est question de naissance : dans les maternit ?s, dans les r ?seaux p ?rinataux, dans les commissions r ?gionales de la naissance, au Minist ?re de la sant ? et aupr ?s des parents et futurs parents eux-m ?mes.
Contact :
– Marie-Christine Eustache-Nauleau
- 02 28 04 06 17
– http://lejardindesparents.voila.net

