Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Texte seul |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > La Mée ? > Février 2011, courrier des lecteurs

Février 2011, courrier des lecteurs

Ecrit le 9 mars 2011

 19 février 2011

J’ai envie de partager avec vous, ce midi, ma colère et ma honte. Les soulèvements dans la rue en Tunisie puis en Égypte qui ont permis de renverser des gouvernants usés et corrompus m’ont bouleversée et remplie de joie sur la force d’un peuple uni. Image d’un monde possible plus libre, plus juste... Espoir d’un futur pour des populations humiliées, appauvries.

L’allégresse de nos médias n’aura duré qu’un temps... Voilà que les infos font la une sur le parcage de ces Tunisiens pleins d’espoir débarquant en Europe, qu’il n’y a rien de plus urgent que de les renvoyer derechef chez eux, que le gouvernement français (combien ça me donne honte !) s’inquiète pour une centaine de Tunisiens qui pourraient « envahir » notre territoire... Alors on va sortir les grands moyens pour les pister, les pourchasser... On nous les présente comme dangereux et on traite sans respect ni ménagement les hommes pris dans les mailles du filet. C’est à pleurer sur cette mentalité d’occidentaux frileux, peureux. Ces jeunes arrivent chez nous avec le désir de rebondir dans la vie, de nous offrir leur courage et leur force de travail, tout simplement, et nos gouvernants auraient peur de cette jeunesse pleine de promesse ? Quel aveu de faiblesse, de petitesse…

Le décalage d’une semaine à l’autre entre l’enthousiasme des médias pour les révolutions et leur manière de couvrir sans recul la chasse au Tunisien me sidère. La Lepenisation des esprits est bien en marche...

 27 février 2011

Côté politique en France... Bouh ! c’est à pleurer sur ce gouvernement qui nous met la honte (à la limite ça ne serait pas trop grave) mais surtout qui fait n’importe quoi, aux ordres d’un ambitieux qui n’a qu’un projet : être réélu, rester le chef ! Le locataire de l’Élysée se prend les pieds dans le tapis sans arrêt et a complètement détourné la fonction présidentielle pour son profit personnel ! Hélas, son pouvoir de nuisance est immense et il lui reste encore une bonne année pour fragiliser, voire démanteler, le maximum de services publics et les offrir au privé. Tiens ! Deux exemples. Deux de mes enfants, jeunes adultes, ont reçu un courrier publicitaire de Médéric (Sarko frère) leur vantant l’intérêt de l’assurance privée pour la retraite...

L’autre exemple m’est donné par le directeur d’une association qui propose plusieurs services pour les personnes âgées et dépendantes (portage de repas, maison de retraite, accueil de jour, de nuit, séjour temporaire...). Jusqu’ici, une structure comme celle-ci pouvait prendre l’initiative   selon les besoins ressentis sur le terrain. Eh bien, avec la nouvelle ARS   (Agence Régionale de Santé) c’est ter-mi-né. L’interlocuteur n’est plus la DDASS mais l’ARS   qui dépend directement du ministère. Objectif : économies d’échelle !

Depuis que l’ARS   existe (avril 2010), on ne peut plus lancer aucun projet local sans son aval. Il faut lui soumettre un « appel à projet » et elle décide si elle l’accorde ou non... Sauf que cette nouvelle structure est déconnectée de la réalité du terrain. Le directeur de l’association me disait qu’il faut souvent expliquer aux cadres de l’ARS   qui prennent les décisions comment les choses fonctionnent, ce qui existe déjà sur le territoire et qui apporte un réel service... Voilà... voilà... La recentralisation voulue par R. Bachelot aboutit à compliquer la tâche des acteurs locaux et contribue probablement, par un effet d’aubaine, à favoriser des entreprises privées, dotées d’un bon service de communication. Qu’elles obtiennent l’autorisation de l’ARS   pour s’installer en rural, soit. Mais, si l’on prend l’exemple du portage de repas, le risque n’est-il pas grand que ces boîtes privées, pour un meilleur rendement, privilégient les zones plus denses et délaissent les hameaux reculés ?